Un héritage du sang

    • Un héritage du sang

      *Après quelques semaines au sein de l'archipel de Tau, Suldrun sortit de la ville du Haidion, nom donné en hommage au lieu de sa naissance. Avant d'en partir, elle s'était recouverte d'une houppelande courte noire ornée de quelques perles dont la capuche lui recouvrait entièrement la tête lui dissimulant ainsi son visage lorsque celui-ci était baissé.

      Restant sur ses gardes les yeux rivés au sol, mettant un de ses sens plus en éveil, elle suivit un petit chemin sinueux qui l'amena sur une plage. Observant
      autour d'elle, ne voyant pas une âme vivante aux alentours, Suldrun se retourna face à la mer, elle huma profondément l'air relevant son minois, laissant l'étoffe glisser en arrière sur ses cheveux. Elle dénoua la cordelette qui maintenait sa cape autour de son cou, l'étala sur le sable et s'asseya. Pour la première fois depuis son arrivée sur Gidios, sans se soucier de ses marques apparaissant lors de certaines circonstances. Au bout de quelques instants, son esprit divaguant au rythme des lames, elle plongea dans son anamnèse. Elle se mit à marmotter quelques mots.*


      Il est temps pour moi, de dire ce que certains dirigeants se doutent depuis qu'ils m'ont croisée sur leur chemin, je suis, sans aucune arrogance de ma part, très curieuse au sens propre ou figuré. Mes différentes facettes peuvent paraître déroutantes.


      *Suldrun s'arrêta un instant dans son monologue se demandant si elle devait ou non répondre à certaines de leur interrogation, si laisser un voile de mystère
      voler au dessus d'elle n’était pas plus raisonnable. Puis elle esquissa un léger sourire*


      Le Château du Haidion, où j'ai vu le jour une cuillère en or dans la bouche, se situe sur une île à des milles d'ici. Mon titre m'a valu bien des déconvenues, j'y ai renoncé le jour où je me suis évadée d'une plage, un peu différente à celles qui bordent les terres d'Ikariam, où j'ai été emprisonnée pour m'être opposée.

      Le Roi Casmir, sanglant aveuglé par la soif du pouvoir, celui donc je suis la descendante, avait ordonné de m'unir en échange d'un pacte militaire comme on négocie un contrat contre une marchandise. N'étant pas de caractère à me laisser manipuler de la sorte, une nuit sombre sans lune, je me recueillis auprès du tilleul qui me servait de confident, trouvant comme solution que celle de fuir. Un parricide aurait été aussi l’achèvement à mon désarroi et à ma colère mais je n'avais aucune connaissance dans l'art du maniement de l'épée à l'époque. J'avais donc entrepris d'escalader la falaise qui se dressait comme une frontière vers un monde bien différent. Une fois au sommet, réfugiée chez ma nurse, elle m’aida en me montrant comment me maquiller le visage et m'affubler de vêtements de paysan.

      Avant le levé du soleil, j'ai repris la route suivant mon instinct ainsi travesti. Au décours d'une sente, un mage, m'attaqua au moment où il rendit compte que je n'étais un brigand de bas chemin, il s'arrêta net. Me voyant dépourvue de défense et moyennant finance, Winog m'enseigna quelques bases de son art. Lors d'un combat, les sorts appris ne répondirent pas de façon escomptée alors que je trouvais un genou à terre. Face à moi, se tenait un guerrier dont la pointe de son épée sur la base de mon cou, je ramassais alors pour la première fois le pommeau d'une arme dans une main, celle de l'un de ses compagnons qui gisait au sol, la lui planta sans aucune hésitation. Regardant le corps tombé sans sourciller, aucun trouble d'horreur ne s’immisça comme si cela était inné. Ce fût ce soir là, racontant à mon maître mon ressenti lors de cette charge, que je pris conscience que la magie m'avait abandonnée car au fond j'étais une guerrière en devenir, nos chemins prirent des directions opposées après quelques verres.

      Continuant mon périple, je suis installée sur des terres, où j'ai mis de côté le maquillage et où j'y ai fait mes armes. Aux alentours de ce village, le maniement des épées, et bien d'autres armes blanches était devenu mon quotidien. Mes explorations me firent passer par des campagnes, des marécages et des montagnes pour combattre le mal qui tentait de plonger toutes ces terres sous le joug de l'Ombre. Je fis la connaissance d'individus étranges notamment d'une sorcière, Aramesu, qui avait lu des manuscrits sur le royaume de mes origines. Elle me proposa de lui rendre visite au Château des Ménestrels.

      Après une journée de chasse, je regagnais ma chaumière ayant toujours en tête invitation, je m'habillais d'une tenue plus saillante qu'une armure. Puis je me rendis aux portes, Aramesu m'y accueillit et m'invita à la suivre dans le jardin sous un kiosque. Assise l'une en face de l'autre, elle nous fit servir un calice rempli d'une boisson locale à la couleur douteuse, verdâtre dont elle seule à la recette et pour faire passer cette mixture, elle demanda qu'on nous apporte une tarte aux plitchis avec un coulis de grumuge fondu. Au fur et à mesure des discussions, je lui confiais, mon évasion ainsi que mes découvertes et mes rencontres depuis ma venue sur ce territoire. L'heure se faisant tardive, elle convia à me reposer dans l'une des chambres. Le lendemain matin, je rencontrais le reste des habitants de cette surprenante demeure. A ma grande surprise, Winog en faisait partie, les retrouvailles et les présentations se firent dans la bonne humeur. A la fin de ce petit déjeuner un peu particulier, ils avaient deviné mes travers malgré cela avec ses pairs, elle me proposa de quitter mon habitation et de venir poser mes bagages chez eux, ce que j’acceptais sans aucune hésitation. Au fil du temps, ils sont devenus ma famille de cœur.

      Au début, les morts que je semais, avaient tous un point en commun, soit ils avaient eu un comportement, vis à vis de mes proches, peu ou non respectueux, soit ils avaient rejoints les armées de l'Ombre. Il n'était pas de me retrouver derrière les barreaux de la prison de la ville après avoir été jugée coupable d’assassinats.

      Mes pulsions me rongèrent de l'intérieur, me poussant à toujours plus de liquide rouge répandu, je rentrais dans ma chambre la nuit pour ne point être vue tellement mon armure et les parties de mon corps visibles étaient souillées. Après m'être faite surprendre plusieurs fois dans cet état, Winog décida de me faire une salle de torture près de l'office de Gladys, la cuisinière, comme cadeau. Il y avait fait mettre une table et y disposa des instruments, un coffre avec mes armes de combats. Cela suffit durant un temps à me contrôler, concentrée à peaufiner des sévices barbares, de plus en plus élaborés, plus délicat dans leur pratique.

      De crainte de ne perdre pied dans ce qui peut être décrit comme une folie, je me suis éloignée d'eux durant des mois pour vivre d'autres expériences plus enclin à ce que je devenais. Un être dont la fascination pour la mort, qui à la fois la torturait mais surtout la nourrissait en produisant une certaine jouissance à chaque cadavre.

      Le manque de ces personnes qui m'étaient chers, a fait que je suis retournée auprès des Ménestrels, cherchant un équilibre entre ces deux mondes très fragile. Mettant en place des barrières entre moi et d'autres habitants pour ne pas basculer. Les choses se sont compliquées quand la mort, toujours présente à mes côtés, est devenue bien fade alors j'ai entrepris de faire des recherches dans des grimoires et autres parchemins sur une espèce, qui avait envahi la demeure royale de ces terres où je vivais. J'y appris que dans mes veines pouvaient couler un sang mixte permettant ainsi de combiner tout ce qui m'attirait.

      Sans dire un mot, un soir, je fis donc cet acte, le plus encensé, sans savoir si j'en sortirais en vie du moins en partie ou si j'allais avec la mort faire une dernière danse. Je l'avais vu faire des pas avec mes victimes, je me sentais prête pour cette valse macabre. Par chance ou malchance, mes savoirs avaient été exacts ...

      *Suldrun se tût sur ce passage de son histoire, une larme coulant le long de sa joue. Puis reprit par ces mots*

      Certains vendent leur âme au diable, pour ma part, j'ai décidé de garder un fragment d'humanité tout en devenant une autre. Je ne regrette en rien de ce choix, même si je le paie chaque jour ...

      *Suldrun arbora un petit sourire, à la fois surprise de s'être un peu dévoilée, et en même temps se demandant si elle avait bien fait*


      Nous pouvons renier un rang, un titre par choix mais pas notre héritage plus profond.
    • un petit entracte avant la suite:

      Malgré son gout prononcer pour le sang,( qui résulte a mon sens de sa vie passé) cette femme d'audace n'en est pas moi attachante
      elle se confie et c'est ce je pense qui fera qu'au fond d'elle il restera cette part d'humanité qu'elle cherche a tout pris a renflouer.

      ou peut-être j'ai tout compris a l'envers :D entout cas bien écrit :thumbup:
    • Quand je dis qu'il ne faut pas se fier aux apparences, tu as très bien entendu. Le sang n'est qu'un masque pâle, je l'ôte de temps à autre.

      (Un entracte avant la suite ? Comment cela ?

      Chacun peut avoir accès à la plage, selon elle sera sur la réserve ou non ... la suite peut être faite à 2 ou à plus ;)


      ... Les Apparences peuvent être la suite, bon posté dans le désordre, Un héritage du sang c'est pour répondre à ceux qui se posent des questions sur les Origines de Suldrun. Son enfance est déjà dans la plume imaginaire.

      A ce rythme là, je ferais peut-être une sorte de journal où je les mettrais dans l'ordre car là il y en a un peu partout et cela rend les choses dures à suivre.

      Merci pour le bien écrit :))

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    • Un héritage du sang suite ...



      *Suldrun, du revers de la main, essuya l'eau salée qui avait fini sa course sur sa joue, ses stigmates lui rappelant ce qu'elle était devenue. Il était temps pour elle de retourner au sein de la ville. Contemplant la mer, elle soupira en se levant, la main posée sur son cou, récupéra de l'autre sa houppelande sur laquelle elle était assise. Sans prendre le temps de la revêtir, elle huma l'air, en décomposa différents éléments celui de l'iode provenant de la mer, celui puissant de résine provenant de la forêt de cyprès derrière elle, rien de bien inquiétant en soi. Elle entreprit de faire le retour sans se cacher, malgré ses marques qui étaient bien visibles sur ses épaules et sur son visage, plus préoccupée par ses réflexions.*


      Comme on entend dire parfois dans de sombres histoires, le passé est le passé, on ne peut rien y changer ... J'assume chacune de mes décisions. A ce jour, je porte en moi ce curieux mélange, qui peut faire de moi un être sans aucune âme et sans aucun ressentiment vêtu d'une armure invisible et à d'autres moments une jeune femme a fort tempérament avec une certaine dose de légèreté, de futilité et d'autres traits qui me semblent être des défauts que je me cache bien de dévoiler.

      *Son attention était portée bien ailleurs que sur les chemins empruntés, mais toujours la main posée sur le pommeau de son épée et son odorat éveillé. Elle vit l'enceinte de la ville, elle y pénétra sans adresser un mot aux gardes, ni même un geste de salutation.

      La brûlure ressentie au niveau de sa jugulaire était une vieille compagne dont elle se passerait bien par moment. Lors de ses recherches sur les buveurs de sang, Suldrun avait lu des récits qui en parlait vaguement, elle s'était mise en tête que cela ne serait que passager et que le temps ferait qu'elle s'en accommoderait. Ce ne fût pas le cas, elle se réveillait dés que son organisme avait besoin de sang. Elle avait alors recours à diverses proies selon ses humeurs, ses envies.

      La sensation de feu s'accentua à la proche de la crypte qu'elle avait demandé de faire ériger. Elle y faisait mettre les dépouilles des soldats qui s'étaient aventurés dans la ville. N'ayant nulle envie de chasser, ces confessions, l'ayant rendue moins enclin à se chercher une victime animale ou humaine pour assouvir sa soif. Il lui était plus aisé de descendre dans ce lieu qui pour certains peut paraître lugubre, écœurant. Elle se servit directement à la source d'un guerrier laissé pour mort, sans prêter attention, par des gestes automatiques, trop troublée pour s'offrir un instant de repos et de plaisir. Sa faim apaisée, elle se recroquevilla à côté du cadavre, attendant que le liquide fasse son action, les paupières closes, elle se remit à marmotter*

      Que de discours ... pour dire que l'avenir n'est tracé pour personne ... que l'on fait tous des choix correspondant à ce qu'on est véritablement au plus profond de soi ... Les miens sont peut-être plus singuliers que ceux de d'autres personnes ...

      *Suldrun ouvra brusquement les yeux puis se releva d'un coup la tête comme pour chasser tout ce qui se bousculait dans sa tête. Elle remonta à la surface, se rendit dans ses appartements, le regard vide et la peau plus marmoréenne sous l'effet du sang bu. Les habitants croisés sur la place ne la remarquèrent pas, sans doute avaient-ils pris l'habitude de la voir ainsi. Tel une automate, elle passa le seuil de sa chambre et s'installa à son écritoire où des missives de dirigeants l'attendaient. Elle se mit à les lire certaines la firent sourire par leur questionnement et leur méprise à son sujet. Elle répondit à certaines avec politesse et courtoisie, d'autres restèrent lettres mortes.*


      Salutations,

      Je ne cherche ni le pouvoir et ni les honneurs qui vont avec, comme vous semblez le croire. Il s'agit de deux mots qui sont loin de moi à présent. L'appétence de domination, de souveraineté ne peut mener qu'à perdre la tête au sens propre comme au sens figuré. Elle entraîne une folie qui peut mener à la mort, et la gloire associée, ne sont en aucun point attractives à mes yeux. Ils me renvoient des images que je hais au plus haut point pour avoir vu et subi leurs excès. C'est la raison pour laquelle, je les fuis et que je m'en protège.

      Certes mes goûts pour le sang et la mort peuvent être confondus avec ces deux notions. Ils sont encrés en moi comme des marques indélébiles. Je les satisfais comme d'autres jouent avec la vie, je me divertis avec la grande faucheuse et je frissonne quand elle entre en scène. Même si cela peut être difficile à comprendre elle me préserve.

      L'enceinte de la ville du Haidion reste ouverte pour vos messagers, si vous avez le courage, la témérité de les envoyer avec le risque de ne point les revoir. Malgré tout je vous enverrais en retour l'un des miens dont l'apparence physique pourrait être encore plus étrange que la mienne.

      Cordialement.

      Signée : Suldrun L.



      *Effleurant du bout des doigts ses deux petites cicatrices à la base de son cou, Suldrun relut le parchemin qu'elle avait écrit en plusieurs exemplaires. Elle les roula, fit couler quelques gouttes de cire pour les sceller. Elle alla à la
      rencontre de l'un de ses émissaires, les lui remit pour qu'il les porte en main propre aux personnes établies sur une liste. De retour dans sa turne, le sommeil la gagnant, elle se déshabilla pour se vêtir d'une tenue plus adéquate avant de s'allonger sur son lit espérant ne pas avoir trop réveillé le passé, et que les cauchemars ne hantent pas plus ses nuits.*

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    • Rare sont les fois ou je lis quelque chose dépassant les 5 lignes... là pour le coup mon attention était portée a son paroxysme du début à la fin!
      J'ai bien aimé les ptites références dont je pense, que rare sont ceux qui les comprendrons... :P

      Un véritable futur best seller :thumbup:
      Vivement la suite !



      :nrj: Etre Bourguignon c'est un peu comme être Dieu mais en mieux... :nrj:
      ==>La Triche sur Ika <== ;(
    • "Une course poursuite s'était lancée dans le rues de Haidion, les gardes poursuivait une silhouette plutôt grande,avec une telle agilité qu'elle parvenait petit à petit à les semer dans le ruelles sinueuse de la ville mais le souffle court elle décida de grimper sur un arbre et sauta par une fenêtre rester ouverte elle atterrit dans ce qui semblait être une chambre.

      Pendant ce temps les gardes s'agitait en bas et l'un d'eux dit <>

      tout en reprenant son souffle elle gardait sur les lèvres un petit rictus ou plutôt il...."


      Que ce bien être, d'avoir vu la mort sur le visage d'une personne, empli mon cœur de bonheur. C'est le plus beau spectacle qu'il m'ai été donné de voir, Cet instant fatidique ou le souffle de la vie quitte l'enveloppe charnel ne me lasse jamais .Mais a l'avenir je devrais me faire plus discret avant de céder de nouveau a mes tentations obscures, car il serait de très mauvais pour mes affaires d’être connu de tous et de finir pendu!Ces gades parlaient d'une buveuse de sang il me hâte de faire sa connaissance.

      "Tout en léchant délicatement ses doigts immaculés du sang de ces victimes,il fit alors le tour de la pièce juste éclairée par la lumière de la lune, sur sa droite, se trouvait un écritoire dont l'encrier était presque vide et plusieurs ébauches de lettres remplis de ratures à coté de l’écritoire était disposé une épée dont il reconnu la bonne qualité de la lame car il fut fils de forgeron,non loin de la, il trouva disposé sur la table de nuit une Houppelande et il respira son parfum car il avait pris comme habitude de connaitre l'odeur de ses victimes.
      Le faisceau lunaire éclairait surtout le lit qui se trouvait au milieu de la chambre sur lequel se trouvait allongé cette femme il s'approcha pour mieux la distinguée elle avait un teint très pale elle semblait presque morte,il pouvait néanmoins sentir son souffle saccadé comme dérangé, ses sourcils était un froncés et elle suait un peu,surement tourmenté par des cauchemars , elle avait aussi sur son visage quelque cicatrices,puis il écarta doucement sa chevelure sombre et laissa apparaître d'autres cicatrices que sans doutes elles voulait cacher, il se demanda quelles épreuves elle eu dut subir pour être aussi marqué"

      Cette femme a du souffrir longuement au cour de sa vie , même si mon envie serait à cet instant de faire ce dont j'ai coutume,quelque chose m'en empêche, je n'apporte que la souffrance au paisibles mais à son air elle la connait déjà je n'ai nul besoin d'en ajouté et de lui enlevé la vie.

      "En s'adressant directement à elle, toujours plonger dans un profond sommeil"

      Aurais- je la chance de te revoir Suldrun, cela est bien ton nom car il est apposer à la fin de chacune des lettres que j'ai entrevu.

      "Regardant maintenant vers la fenêtre"

      Les gardes doivent maintenant être loin, il est temps que je m'en aille et pourquoi ne pas essayer de trouver cette buveuse de sang dont ils ont parler.


      "il regarda encore une fois son visage qui semblait s’être apaiser et se dirigeât vers la fenêtre en avançant d'un pas lent mais sur, il avait fait ce soir une étrange rencontre, il avait lu la souffrance dans son visage et se dit qu'il y aurait peut-être dans ce monde une personne capable de ressentir un mal égal au sien. il était maintenant arriver a la fenêtre et s’appétait a sauter..."

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    • Entre cauchemar et réalité ...

      *Cette nuit-là avait pris une teinte particulière, le cauchemar qui se mettait en place dans son inconscient, renvoyant Suldrun au jour où elle avait troqué une partie de son âme contre celle d’un sang-froid.

      Elle se revit dans une salle de ce château dont les murs étaient recouverts de tapisserie, des épées les ornaient. En son centre, une table immense était dressée de verres en cristal comme si un dîner un peu particulier devait avoir lieu sans assiettes ou autres couverts et que des convives spéciaux étaient attendus. Dans un coin se trouvait une bibliothèque, prise de curiosité, elle s’en approcha, le titre d’un des opuscules capta son attention. Elle le prit, puis s’installa dans un fauteuil. Elle en commença la lecture, il s’agissait des mémoires d’un vicomte reconnu comme un ancêtre de cette espèce. Au bout de quelques pages, un grincement la fit sursauter, son cœur se mit à battre à une cadence infernale, Suldrun sut à cet instant précis que c’était la dernière fois qu’elle le ressentait comme cela dans sa poitrine. Le moment qu’elle attendait avec hâte et qui pourtant lui faisait peur, venait de sonner. Elle inspira profondément faisant intérieurement ses adieux à une fraction de son humanité.*

      Après cette expérience, je ne serais plus la même et c’est en toute lucidité que j’accepte ce que je deviendrais si j’y survis.

      *La porte de la pièce s’ouvra comme poussée par le vent, un homme pénétra avec une démarche légère donnant l’impression de glisser sur le parquet. Sans attendre et sans un mot, elle lâcha l’ouvrage qui tomba au sol, l’individu ne lui prêta pas attention, comme si il avait déjà senti sa présence. Elle se jeta sur lui, celui-ci n’eut qu’à tendre le bras, sa main froide l’arrêta la saisissant sous le menton. Sous la pression, sa tête se pencha en arrière, ses genoux se plièrent. Agenouillée, les pointes des crocs transpercèrent sa peau, comme une plume traversant un parchemin, pour finir leur course dans sa jugulaire pour y déverser leur venin. Elle sentit son sang se glacer, sa pompe à essence de la vie se ralentir. Une petite voix se réveilla en elle à cette seconde-là, il était temps pour elle d’agir pour ne pas tout perdre. La jeune femme s’empara d’une petite dague dissimulée dans sa botte et la planta dans la cuisse de celui qui serait peut-être son bourreau, elle perdit connaissance de suite.

      Quand elle reprit conscience, allongée sur un lit, la douleur dans ses veines la fit hurler. Sa perception de la souffrance ne s’était pas éteinte, ce qui d’un côté la rassura sur son état et d’un autre la fît regretter de ne pas être entièrement comme eux, celle-ci aurait été peut-être plus supportable. De plus une sensation de feu envahit sa gorge, ses muscles se réanimèrent un à un.

      Dans son sommeil, Suldrun revécut chacun instant de sa transformation comme si elle venait de se faire mordre pour la première fois, éprouvant l’horreur de la géhenne lui provoquant des sueurs froides. Un étrange sentiment s’immisça en elle, sans pouvoir comprendre si cela était lié à son cauchemar ou bien réel, semblable à celui que l'on ressent lorsque l'on a l'impression d'être observer. Sans aucun effort, apaisée, elle replongea dans cet autre monde.

      Ce mauvais rêve se modifia à la vue d’un calice posé sur une table de chevet. Elle sauta de la couche pour l’attraper sans réfléchir, dirigée par son nouvel instinct. Elle s’interrompit dans son élan stupéfaite par son bond cassant au passage une psyché, empoigna la coupe remplie de sang. Les premières gorgées furent pour apaiser l’irritation, celles qui suivirent, Suldrun les apprécia à leur juste valeur arborant un sourire comme une personne buvant une boisson exquise. Elle ramassa un morceau de miroir brisé parterre, y regarda son reflet, se reconnaissant à peine, son teint était devenu marmoréen, ses yeux avaient pris une teinte peu commune violette, mélange entre le bleu de ses origines et le rouge des nourrissons.

      Une odeur de ferrique combinée à une autre qu’elle n’arrivait pas à définir la tira du pays des songes, cette fois le doute s’était évanoui, elle n’était pas seule dans la pièce. Elle ouvrit les paupières d’un coup, cherchant autour d’elle une personne. Suldrun perçut dans la pénombre une silhouette proche de l’embrasure prête à sauter. Sans faire le moindre bruit avec rapidité et aisance, elle se releva pour se trouver un genou sur le couvre-lit et son autre pied en appui. Elle bondit entre l’inconnu et la fenêtre, refermant celle-ci en la claquant, le fixa du regard les lèvres légèrement retroussées en sifflant. Ses traits et son parfum de sang la surprirent, elle se retint de le mordre. En elle-même, Suldrun se fit plusieurs réflexions*

      Comment était-il entré en ce lieu, tout en échappant aux gardes ?

      Pourquoi ne m’a-t-il pas attaqué pendant que je dormais alors qu’il en avait la possibilité et sans nulle illusion l’envie ? La fragrance âcre de la mort qu’il porte sur lui, en est une preuve.

      S’il l’avait vraiment voulu, il aurait eu tout le temps de le faire …

      *Elle se recula d’un pas continuant de le dévisager. Elle lâcha un peu sa protection s'autorisant le saluer et de parler.*

      Il peut être dangereux de pénétrer ainsi chez des étrangers … Mais à ce que je peux remarquer, si je peux me permettre, cela doit être un divertissement le danger pour vous. Vous cherchez quelque chose dans cette ville ou quelqu’un ?

      Je n’ai pas pour habitude de recevoir de la visite au milieu de la nuit dans cette tenue.

      *Elle l’invita à la suivre pour le faire patienter dans une pièce voisine tout en pensant avoir la réponse à sa question. Puis elle retourna dans sa turne pour se vêtir d’une robe et remit sa ferronnière pour tenir ses cheveux face à une glace. Suldrun effleura quelques instants ses deux petites cicatrices à la base de son cou qu’elle s’empressa de camoufler sous une mèche. Une sorte de quiétude régna dans la demeure, la rassura faisant disparaître les marques sur son visage, elle souffla comme pour se donner du courage.*

      Il est grandement temps que j’aille voir ce que me veut cet inconnu.

      *Elle revint dans la pièce adjacente avec deux verres dans les mains. A peine dans le boudoir, elle s'enquit d'une voix douce et posée.*

      Qui êtes- vous ? Qu’est-ce qui vous amène au Haidion ou du moins dans mes appartements plus précisément ?

      *lui tendit une coupe*

      Si mes sens ne me trompent pas, vous prendrez bien un peu de cette boisson au goût de fer …

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    • Il se nommait Armaggedon...

      "je pris le verre dans les mains de Suldrun,elles étaient chaude d'une chaleur surprenante par cette fraîche nuit, j'approchas le verre de m'a bouche et y pris une gorgée"

      Il est vrai que je me délecte souvent ce genre de boisson et il n'est pas commun d'en trouver des adeptes.Mon identité n'est point importante mais je répond au nom d'Armaggedon.Quand au faite que je sois dans vos appartements n'est du qu'a une fenêtre ouverte du moins c'est ce que je pensais, a l'avenir évitez de les laisser ouverte si vous ne souhaitez plus de visites nocturne mais à être aussi insouciante vous sembler tout à fait capable de vous défendre seule.

      "elle se tenait la devant moi un regard ténébreux et profond que d'autres ne supporterait pas tellement il était persan ,cependant l'on se regardait sans sourciller ni l'un ni l'autre un long regard comme si elle cherchait a en sa voir plus sur moi a sondé mon âme bien que cela ne soit un très beau spectacle.


      Elle me renouvela encore une fois la question de ma venu dans cette ville"

      Si je suis ici ce n'est que part pur étape dans mon voyage et je ne pensait pas y rester plus de quelque jours mais après que j'eus semer les gardes je les ai entendu dire qu'il me mèneraient à "la buveuse de sang" pour me punir. mais vu l’accueil surprenant qu'il ma été fait ici je pense que je vous est trouvé ou plutôt c'est vous qui m'avez découvert au bon moment.Serait-ce le voeux du destin de nous avoir fait nous rencontrer en cette instant.
      Fait du destin ou pas vous et moi avons le même appétit pour ce que la plupart du monde ne saurais croire,et je pu constater par vos marques et vos troubles pendant votre sommeil que vous etes âme bien tourmenter et c'est pour cela que la vie vous est encore sauve!

      "elle plaça immédiatement ses mains au niveau de ces cicatrices camoufler par sa longue chevelure ce demandant peut-être comment était-t-ai-je au courant elle semblait un peu gêner de cette atteinte a sa vie privée son armure de guerrière assoiffée s’effritait devant moi"


      Vous avez susciter mon intérêt car les gens d'ici ne vous craignent et même on une confiance étonnante en vous. Et des lors je me pose des question sur nos réelles ressemblance,leurs avez vous promis paix et sûreté en exterminant les vermines en échanges de faveurs? ou avez vous perdu votre instinct de chasse au point de vous faire livrer vos victuailles? tout cela m'intrigue et je ne supporterait que votre supériorité soit assouvit ainsi par de simple mécréants.
      Peut-être que sous ce voile des sang ne se cache qu'une rose blanche...

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    • Veuillez me pardonner de vous avoir fait attendre, je trouvais plus convenable de vous servir une coupe de cette boisson fraîchement récoltée.

      *Suldrun effleura la commissure de ses lèvres avec le revers de son index tout en s'excusant. La froideur des mains d'Armaggedon ne fit que confirmer ce que Suldrun avait deviné. Elle esquissa un léger sourire quant à sa réaction au contact des siennes.*

      - La température de ma peau est plus élevée que la vôtre, dois-je en conclure que vous êtes ce que je suis qu'en partie ?

      Il est plutôt rare que l'on les trouve chaudes. Le seul, qui ait pu faire ce constat, est l'être qui m'a éduqué dont le sang n'est que du venin glacé. Je me doutais que ce verre ne vous laisserait pas de marbre, si je peux me permettre ce jeu de mot. Il y a fort longtemps que je n'ai pas eu l'occasion de boire ce genre de breuvage en compagnie de personne qui l'apprécie à juste valeur.

      Pour vous répondre sur mon insouciance de dormir la fenêtre ouverte, il s'agit plus d'un confort que je m’octroie, et je ne compte point changer cela.
      Pour ce qui concerne les visites nocturnes, vous êtes bien le premier à vous y être risqué pour semer les gardes du Haidion. A choisir entre eux et moi, qui est le pire ?

      *Même si cela était inconvenant, s'interrogeant sur son hôte, elle plongea son regard dans le sien. Celui semblait plus obscur malgré la couleur pâle de ses yeux, ce qui le rendait encore plus mystérieux, plus ambigu à la fois inquiétant et intrigant. Suldrun s'étonna de se trouver face à un individu qui restait stoïque et qui ne cherchait pas à le détourner.

      Prenant place sur un fauteuil en face de lui, elle l'écouta avec attention, restant sur ses gardes, prête à bondir au moindre geste. Même si au plus profond d'elle, son instinct lui dictait qu'elle ne craignait rien.*


      - Une buveuse de sang est un surnom dont on m'affuble entre autre mais il existe bien d'autre. Celui-ci me convient même si je le trouve un peu réducteur sans vouloir passer pour une arrogante ou autre.

      Mon accueil vous a surpris, quel aurait été le vôtre si je m'étais introduite dans votre chambre alors que vous sommeillez ?

      Sachez tout de même que si vous m'avez épargnée de votre lame, je ne peux vous dire si j'en aurais fait de même dans le cas inverse.

      *En même temps qu'elle lui faisait cette réflexion, elle savait très bien qu'elle n'en aurait rien fait. Il émanait quelque chose d'Armaggedon qui lui parlait sans comprendre pourquoi.

      Lorsque Suldrun l'entendit prononcer le mot "marques", elle détourna le regard pour chercher un objet quelconque qui pouvait lui renvoyer son reflet. Elle se leva et se rendit près de la fenêtre feignant de regarder à travers alors qu'elle observait son visage adamantin sans la moindre insigne. Elle posa la paume de sa main sur son cou en retournant lentement vers lui. Elle s'enquit :*


      Qu'avez-vous dit mes marques ? Si vous faites référence à celles ...

      *se tût un instant et se dirigea sans la moindre hésitation à sa hauteur. Elle lui marmotta*

      A ce que je distingue, je ne suis pas la seule à les porter. Dites- le-moi si je me trompe ?

      *Elle se revient face à lui. Embarrassée, elle l'interrogea afin de mieux comprendre de quels stigmates il était question*

      Si vous parlez de mes insignes, il faudra tout d'abord que vous me dites comment vous avez pu les voir ou entrapercevoir. Elles n'apparaissent que lorsque je suis aux aguets près d'une proie potentielle ou lorsque je suis attaquée. Je ne vous donnerai une réponse concernant leur signification dès que vous vous serez expliqué.

      *Les paupières closes un instant, elle balbutia : *

      Que ... savez-vous de mes ... tourments ? Tous les êtres vivants ou non-morts y sont voués à un moment ou un autre de leur existence. Les miens sont peut-être dus à ce que je suis devenue, ce curieux mélange, qui parfois peut rendre mal à l'aise.

      *Elle les ouvra avant de reprendre d'un ton plus léger*

      Les habitants de cette ville ne sont pas à mon service à proprement dit, ils sont libres de leurs mouvements. Je n'ai aucun goût pour la supériorité ou l'autorité, je hais au plus au point l'asservissement. Par le passé, j'ai vu et subi les ravages de la soif du pouvoir. Les gardes au Haidion ont une vie, même si le terme n'est pas très approprié, bien éphémère. Vous n'avez peut-être pas eu le temps de le voir. Ils sont un peu particuliers.

      *Arborant un léger rictus, Suldrun passa derrière en quelques secondes le fauteuil où était assis Armaggedon. Les dents sorties prêtes à mordre pour lui montrer qu'elle n'avait nul besoin de chasseur. Elle se ravisa, une chose étrange, une sensation sur laquelle elle n'arrivait pas à mettre de mot, l'empêcha de passer à l'action. En souriant, elle lui répondit en regagnant sa place : *

      Je n'ai rien perdu de mon instinct de chasse même si il est vrai qu'il m'arrive de céder à la facilité. Ma petite armée de "mignons" ramène parfois des proies encore chaudes. C'est ainsi que je nomme les créatures qui reprennent vie dans la crypte. Mes canines dans ce cas peuvent effectivement ressembler à des épines de roses qui transpercent la peau donnant plus de reliefs à une simple rose blanche tâchée de sang comme vous le dites si bien ...

      *Elle s'interrompit, le fixant*

      Assez parlé de moi, à ce que j'ai pu comprendre vous m'avez épargné pour des raisons qui me semblent bien mystérieuses et vous semblez être vous aussi un ami de la grande faucheuse. Je peux vous paraître indiscrète ou même impolie, comment êtes-vous devenu aussi proche d'elle ? ...

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    • * Quelque part dans un autre monde, dans autre temps, sur une prairie du Troicinet qui dominait la mer, Aillas se réveilla en sursaut. il s'essuya les yeux, encore en proie à des images plus perturbantes les unes que les autres.*

      - Père, on vous attends. Tout va bien?

      *Aillas jeta un coup d’œil au jeune homme qui approchait tranquillement et soupira.*

      - Je faisais juste une sieste... Je n'aurais jamais du dire à Shimrod que j'avais des regrets... Il m'a fait faire un bien étrange rêve.

      *Aillas se releva et esquissa un sourire mélancolique.*

      - Souvent, on déplore la perte des personnes que l'on aime. Mais si on pouvait réécrire l'histoire... La nouvelle version serait-elle vraiment plus heureuse? ou serait-elle marqué par encore plus de souffrances? Qui peut savoir...

      - Je ne comprends pas.

      - Il n'y a rien a comprendre, Dhrun. Je t'ai. J'ai Madouc. Ce monde me suffit, je ne désire rien d'autre.

      - Allons-y alors. Ou bien avez-vous oublié qu'il vous faut préparer votre mariage?

      - J'arrive.

      *Une dernière fois, pourtant, Aillais se retourna vers la mer, vers les lointaines côtes de Lyonesse.*

      Et si...?
    • D'un passé inavoué à un présent à écrire ...

      * Un bruit sec fît sursauter Suldrun, elle se leva et se dirigea vers la fenêtre. Elle vit une corneille perchée sur le garde-fou, elle esquissa un léger sourire. L'animal venait de taper contre la vitre. Elle se rappelait de ce que Ehrime, sa nurse lui avait enseignée concernant la signification et les présages de la nature. Elle était le symbole de l'arrivée d'un changement, d'un bouleversement. Suldrun ferma les yeux un instant, son esprit vagabonda durant de longues minutes sans même s'en rendre compte.


      Tout se bouscula en elle par le fait que la journée passée n'avait été que confidences et remises en question d'elle-même, ou par un fait qu'elle ne s'autorisait pas à imaginer. Différentes silhouettes de son passé encore inavoué, lui apparurent, Aillas, Madouc et Drhum ne discernant peu le lieu où ils se trouvaient réunis.

      Sous son armure, son cœur se fissura. Une profonde blessure enfouie, bien plus importante que son rang oublié, se mit à saigner laissant l'être devenue fondre. Son visage se ferma, comme pour les retenir ainsi prisonniers de ses pensées faute d'être à leurs côtés à cet instant.


      Ils sont bien les maîtres de mes tourments les plus profonds, ils sont ceux que j'ai abandonné dans ma fuite. C'est pour eux que j'ai gardé cette partie de moi alors qu'il aurait été aisé de la faire disparaître m'enlevant ainsi tous sentiments et toutes culpabilités. Elle ouvrit les yeux, ils se posèrent sur l'oiseau. Suldrun murmura :*


      Un jour peut-être, je les retrouverais ... Me pardonneront-ils de m'être enfuie ? D'avoir autant changée ? Comment Aillas réagira face à moi ?

      *Elle imagina un instant les retrouvailles. Une voix plus déterminée, elle prononça ces quelques mots : *


      Je ne céderai pas à mes démons de peur ...


      *Elle retint ses larmes de couler. Suldrun inspira profondément pour ne rien faire paraître malgré ses craintes et son envie de les revoir.*


      Et si ce jour était plus proche …

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    • Troicinet.

      - tout est prêt
      - Père, vous ne pouvez pas. Votre mariage...
      - aura lieu à mon retour.
      - Mais...
      - Dhrun.

      * Aillas se détourna du bateau, un trois mâts qui avait en son temps eut des dizaines de matelots pour le diriger, mais qui à présent ne comptait plus pour membre d'équipage qu'un seul magicien. Ils se trouvaient sur une crique déserte, loin de tout agitation, sans témoins. *


      - Père, on dirait que vous fuyez comme un voleur.
      - Dhrun. C'est un voyage que je dois faire. Je ne peux pas me tourner vers l'avenir si je ne résous pas mon passé.
      - Glyneth...
      - C'est quelque chose qu'elle a compris. Elle sait que je reviendrais.
      - Je... Alors au moins laissez-moi vous accompagner !
      - Non. Dhrun. Tu es le seul à qui je puisse confier mes pouvoirs. L'unification des Isles Anciennes est encore trop fragile. Veille sur mon royaume. Je reviendrais, sois en sûr.

      **********


      Voiles abattues, porté par la magie des sandestins, le navire s'éloigna rapidement de la crique. Un long moment, Aillas contempla les côtes du Troicinet qui s'éloignaient, puis, sentant sa résolution faiblir, rejoignit Shmirod a la proue.


      - Es-tu sûr de toi, Aillas ?
      - Vas-tu toi aussi essayer de me faire changer d'avis ?
      - Tu le devrais. Le voyage ne sera pas facile. Les Bairh Muhd ne sont pas connues par relâcher leurs proies. Et à la moindre erreur, nous serons condamnés à errer pour l'éternité entre les univers possible.
      - Mais tu en es capable ?
      - Ne me sous-estime pas. Je ne suis pas le fils de Murgen pour rien. Nous nous relaierons tout les trois au gouvernails et je devrais pouvoir nous ramener ici. Toutefois... Aillas, tu es le seul qui pourra nous mener à destination.
      - Je le sais.

      * Aillas s'abîma dans la vue de l'océan. Faisait-il une erreur ? N'était-il pas juste en train de poursuivre des chimères et, comme lui avait dit Dhrun, ne faisait-il pas que fuir sa nouvelle vie ? Puis, lentement, les dernières paroles de Shimrod se frayèrent un chemin jusqu'à sa conscience. *


      - Tous les trois ?
      - M'aurais tu oublié, mon oncle ?

      *Aillas se retourna vers la jeune fille souriante qui sortait de la cabine, l'air très satisfaite, une éternelle lumière espiègle dans le regard, comme un témoignage du sang de fée qui coulait dans ses veines. *


      - Shimrod, demi-tour.
      - Mon oncle, il est trop tard. La magie est déjà à l’œuvre.
      - Madouc, je n'ai pas l'intention de m'encombrer d'une gamine inconstante. Ta place n'est pas ici.
      - Je me demande qui est le plus inconstant, entre un roi qui abandonne son empire pour un rêve, ou une apprentie magicienne qui part en voyage initiatique avec son père.
      - En voyage... Shimrod ?

      *Le magicien, le visage fendue d'un grand sourire, se força à reprendre son sérieux.*


      - C'est moi qui lui ait dit de venir. Je ne peux pas interrompre sa formation en ce moment.
      - Shimrod, c'est dangereux. Je sais que c'est ta fille, qu'elle connaît la magie, mais...
      - Tout ira bien. Nous sommes là pour livrer un colis, et le reprendre quand il en aura fini avec ses affaires. Elle restera sur le navire avec moi. Il n'y aura aucun danger.

      * Madouc afficha une moue sceptique qui, étrangement, faisait écho aux pensées de son oncle. Elle n'était pas de celles que l'on raisonne avec les mots. Elle avait passé son enfance à se battre contre les prisons qu'on voulait lui imposer, et ça n'allait pas changer à présent, quelque soit l'amour qu'elle portait à son père et à son oncle. Elle s'approcha d'Aillas et prit son bras.*


      - J'ai perfectionné le sort de l'orteil papillonant, et j'ai appris celui de la Digestion Accélérée. Je me demande combien de jours Glyneth tiendra avant de me jeter à la mer.
      - La Digestion Accélérée?
      - La Digestion Accélérée. Quoi qu'un autre nom lui conviendrait mieux.
      - Dhrun...
      - Tu ne vas quand même pas lui demander de choisir entre sa belle-mère et sa fiancée !

      * Aillas leva les bras au ciel. *


      -Soit. Mais si tu utilises la magie sur ce bateau, c'est moi qui te jette à l'eau.

      * Madouc lui pointa un bisou sur la joue, puis fila s'accouder au bastingage, visage au vent. Shimrod la regarda d'un air étonnamment sérieux. *


      - Elle veut elle-aussi rencontrer Suldrun.

      * Aillas ouvrit la bouche pour répondre, puis se ravisa. Oui, plus jeune, Madouc avait partagé le même destin que Suldrun, grandissant dans le même château, croyant pendant des années être sa fille. Quel étrange ironie avait amené le roi Casmir a élever deux enfants aussi différentes, qui pourtant toutes deux lui avaient échappées.
      Le roi Casmir.
      Les poings d'Aillas se serrèrent comme l'ancienne haine se réveillait.
      Même après tant d'années, ce souvenir était toujours douloureux. Aillas n'oublierait jamais le temps qu'il avait passé au Haidion. Le jardin où il avait rencontré Suldrun. Le maigre bonheur qu'ils y avaient glané. Leur mariage païen. L'enfant qu'il n'avait retrouvé que de longues années plus tard.
      Le puits. Le puits au fond duquel Casmir l'avait jeté, le laissant moisir pendant des mois dans l'obscurité, jusqu'à ce que la folie menace de le gagner.
      La mort de Suldrun.

      Aillas secoua la tête. Non. Elle n'était pas morte. Il l'avait vu, même si ce n'était qu'un rêve, même si ce n'était qu'une silhouette diaphane. Elle n'était pas morte. Mais, étrangement, il n'avait pas eut l'impression qu'elle était vivante. Un frisson le parcourut et une poigne glaciale enserra son cœur.

      Suldrun.
      Que s'est-il passé ?


      **********



      Tau, deux mois plus tard.


      Le long de la côte, à quelques milles de la ville du haidion, un vieux pêcheur courait sur la plage, pressé de regagner sa cambuse avant que l'ouragan qui approchait ne s'abatte sur lui. Il se figea à la vue d'une silhouette étendue sur le sable.
      Plissant les yeux, il aperçut, perdu dans les flots, battu par des rouleaux de plus en plus gros, l'épave éventrée d'un bateau. Le vent redoubla, frénétiquement, il tira la naufragée en sécurité et, tant bien que mal, la jucha sur son dos. Même si ce n'était qu'une frêle jeune fille, elle parut peser des tonnes à ses jambes fatigués.
      Il eut un instant d'hésitation en regardant le navire, quand une vague heurta celui-ci de plein fouet et le fit se retourner dans un craquement qui, un instant, couvrit le bruit du tonnerre.


      S'il y avait des survivants, il est trop tard pour eux.


      Laborieusement, il équilibra son chargement et se mit en marche vers son abri.

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    • * Son hôte muré dans un long silence, elle resta immobile face à la fenêtre. Le crâne contre la vitre, regardant le volatile, ne prêtant aucune attention aux déchaînements des éléments de la nature qui avaient lieu. Le visage fermé, Suldrun ne pût se résoudre à tracer sur ses lèvres un mince sourire pour paraître plus sereine. Des images d'Aillas, de Madouc mêlées à celle d'une troisième personne, Shrimod la troublèrent encore un peu plus. Elle secoua la tête comme pour les chasser, bredouillant*

      Quelle idiote fais-je à croire qu'ils pourraient être en route pour rejoindre cette ville. Elles ne sont que le fruit de mon imagination, encore une nuit où je me laisse piéger par l'espoir et la mélancolie.

      *Elle se rappela d'une phrase que lui avait dit Aillas pendant qu'il lui proposait une évasion du jardin.*

      Le destin ne peut pas être aussi cruel.

      *Pourtant il l'avait été depuis le moment où ils furent découverts par le Roi Casmir, qu'il l’avait fait jeter dans ce puits. Le croyant mort, Suldrun avait pris la décision d'être maîtresse de sa vie en fuyant et non une marionnette à qui l'on ferait jouer des scènes.

      Un petit éclat brillant au bord du bec de la corneille fît revenir la jeune femme à la réalité. Elle ouvrit la fenêtre délicatement pour ne pas effrayer l'animal, elle tendit sa main doucement et lentement afin de récupérer l'objet détenu. Elle le saisit et tira d'un petit coup sec dessus pour faire céder l'oiseau à le lui lâcher sa prise. Le corvidé la piqua au doigt, sous l'effet de surprise, elle siffla. L'oiseau ne bougea pas d'une plume. Voyant une goutte de sang perler, elle esquissa un léger sourire la portant à ses lèvres. Elle se fit la réflexion :*

      Tout est fait pour que ce passé remonte. Cette perle rouge est identique à celle de ce soir, où ma vie a basculé en quelques heures.

      *Elle se revit dans la Chapelle en contre-bas du Haidion joignant leurs annulaires légèrement entaillés pour que leurs sangs se mélangent. Ils avaient ainsi scellé par cet acte leur union sous les yeux de leur témoin, qui avait calligraphié et apposé son nom en bas d'un parchemin comme cela était transmis par les rites païens. C'était succédé la dénonciation par ce prête dont le titre n'était que pur mensonge par ses parjures. Il s'en était suivi la capture d'Aillas avec l'emprisonnement de celui-ci dans la fosse.

      Sous les effets du vent et de la pluie qui continuèrent à s'abattre sur la ville, la fenêtre claqua sortant Suldrun de ses pensées. Son regard se posa sur le butin pris, elle eut un mouvement de recul. Un frisson de stupeur la parcourut. Elle tenait entre ses doigts une chevalière gravée des armoiries du Troicinet. Elle la manipula durant plusieurs secondes comme pour se rassurer qu'elle existait bien. Son esprit n'était pas assez torturé pour lui faire avoir des hallucinations.

      Elle dénoua son tour de cou, qu’elle avait mis en place en dessous de ses marques, d’une main. Elle la fit glisser le long du ruban avant de le remettre en place. Elle s'adressa à Armaggedon sans prendre le temps de se retourner : *

      Veuillez m'excuser quelques instants, les fantômes ... de mes tourments ... je dois en avoir le cœur net ...

      *En prononçant le mot fantôme, elle espéra qu'il n'en serait rien et qu'ils seraient bien plus vivants qu'elle. Elle poussa un des battants sauta sur le garde-corps de l'ouverture pour bondir dans la ruelle. Elle se précipita à son sanctuaire où des dépouilles jonchèrent le sol. Elle se concentra sur sa haine et sa colère qui l'habitaient envers son père, qui s'étaient ravivées depuis qu'elle s'était un peu dévoilée. Ses sentiments étaient tels qu’elle ressentit ses stigmates apparaitre avec une rare violence. Sous le joug de celle-ci, Suldrun hurla pour exorciser la douleur.

      La géhenne évincée, elle se servit de ses ressentis redonnant une existence à des cadavres, sans qu'elle eût à utiliser trop de force. Les squelettes se dressèrent face à elle s'inclinant. Elle en prit possession, par son esprit, pour les diriger. Elle leur intima de se déployer sur les côtes et de lui ramener toutes personnes étrangères sans qu'ils fassent usage de leur épées ou autres armes, qu'ils les contraignent à les suivre sans que la moindre goutte de sang ne soit versé.

      Les gardes en marche, elle suivit son instinct, courut sur la plage la plus proche. Avec horreur, elle vit un bateau sous le déluge sombré. Elle se laissa choir à genoux sur la plage, elle se mit à hurler : *

      Non l'histoire peut se répéter.

      *Suldrun leva au ciel les yeux emplis de larmes qui vinrent se mêler à la pluie sur ses joues.*


      Tu m'avais dit que le destin ne pouvait être aussi atroce ...


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    • Madouc

      *Elle se réveilla avec l’impression que son corps avait été piétiné par une armée en marche. Elle était allongée sur un lit de paille, dans une petite alcôve fermée par un épais rideau. Elle pouvait entendre le vent battre les murs à l’extérieur.
      Où était-elle ? Comment était arrivé là ? Elle se passa une main sur le visage. Tout était flou, comme si on avait tiré un voile sur ses souvenirs.

      Elle se rappelait… ils étaient sur le bateau, tous les trois. Le temps était long et le bateau trop petit. Shimrod en avait profité pour lui apprendre un nouveau sort. Pour qu’elle puisse se protéger, avait-il dit, on ne sait jamais.
      Tendre les mains, paumes en avant. Dire : Douce brise. Vent d’été. Déferlante. Il fallait prononcer les trois à la suite, un souffle de plus en plus fort était invoqué à chaque mot, pour finalement être assez puissant pour renverser quiconque se trouvait devant elle. Et il y avait une quatrième invocation, qu’elle ne devait utiliser qu’en dernier recours.
      Elle s’était exercée. Le vent d’été pour les faire avancer plus vite. La déferlante pour s’amuser. Mais elle avait failli projeter Aillas par-dessus bord et, de colère, il avait failli la jeter à la mer.

      Oui, elle se rappelait.
      Ils avaient traversés des mers étranges, où les eaux coulaient dans le mauvais sens, ou les directions se mélangeaient, ou même, une fois, l’océan s’était retrouvé au-dessus d’eux. Puis ils étaient arrivés.

      Elle se rappelait.
      La tempête s’était alors levée, avec une force incroyable, et elle avait vu la tranquillité perpétuelle de Shimrod être mise à mal. Alors même qu’il assurait que tout allait bien, elle pouvait sentir son inquiétude. Il l’avait envoyée dans sa cabine, mais avant de partir elle l’avait entendu marmotter. La tempête n’était pas naturelle.

      Elle se rappelait, même si la suite n’était qu’un chaos indistinct de bruits, de chocs, d’eau et de souffrance.
      Elle se rappelait.*


      - Comment va-t-elle ?

      *La voix la fit sursauter. Elle venait de l’autre côté du rideau, en plissant les yeux, elle distingua plusieurs silhouette. Ce n’était pas une voix connue. Elle se força au silence, immobile, les sens aux aguets.*

      - Rien de grave, juste des contusions. C’est un miracle qu’elle s’en soit sorti indemne.
      - La maîtresse a été prévenue.
      - La maîtresse ?
      - Oui. Elle s’intéresse à l’épave. Elle est descendue en personne sur la plage.
      - En personne ? Est-ce pour ça que la tempête s’est calmée ?
      - La tempête ? Elle n’a pas ce pouvoir. Je ne crois pas. Ou peut-être que si...
      - Elle sera bientôt là.
      - Ici ? Mais…
      - Elle veut la voir. Tu as vu tous ses squelettes qui fouillent la plage ? Je ne sais pas ce qui se passe, mais je n’aimerais pas être à la place de ces étrangers.
      - je ne l’avais pas vu comme ça depuis…

      *Madouc se déplaça sur sa couche. Elle pouvait le sentir. Au-delà de la maison, qui se rapprochait. Quelque chose. Prudemment, sans faire de bruit, elle écarta légèrement le rideau et jeta un coup d’œil au-delà. C’était la pièce unique d’une petite masure dont les murs étaient couverts de filets. Quatre personnes étaient accroupies près d’un feu : un vieil homme aux vêtements déguenillés et trois autres qui ressemblaient à des gardes.
      Puis, sans prévenir, la porte d’entrée s’ouvrit, laissant passer une rafale de vent chargée d’embruns. Une silhouette indistincte s’avança vivement à l’intérieur et referma derrière elle. A sa vue, Madouc eut l’impression que son sang gelait dans ses veines. Elle était trop fée pour ne pas le sentir. C’était une créature de la nuit, du pire genre qui soit. Pour la première fois de sa vie, une peur panique l’envahit, avant de se rendre compte de ce qu’elle faisait, elle se recroquevilla contre le mur.*


      - Où est-il ?
      - heu... la fille?
      - Une fille ?
      - Une jeune fille.
      - Comment est-ce possible ? C’est bien le naufragé ?
      - Oui mais…

      *Des bruits de pas. Ça approchait. Madouc se serra contre le mur, l’envie de hurler la traversa, mais la fit réagir et elle s’injuria elle-même.

      Je suis Madouc. Je suis la fille de Shimrod le magicien et de Twisk la fée. Je deviendrais la plus grande magicienne de tous les temps. Je suis Madouc. Madouc ! Je n’ai peur de personne !

      Prenant l’initiative, elle bondit en avant, écartant le rideau, et se retrouva face… A une femme. Pas un monstre au visage inhumain. Juste une femme, qui avait l'air aussi surprise qu'elle. Un instant, elles restèrent figées, se dévisageant l’une l’autre. Mais, en elle, Madouc sentait son sang de fée se révolter, alors elle tendit les mains, paume en avant.*


      Brise légère. Vent d’été. Déferlante.

      *Et le souffle s’abattit dans la pièce, jetant à terre les gardes et le pêcheur. Mais la femme, ou la créature, ne fit qu’un pas en arrière.
      Madouc serra les dents.
      Je dois le faire..*


      Ouragan.

      *Le souffle décupla, arrachant la porte de la masure à ses gonds, emportant une partie du mur avec elle. Laa femme, elle, vacilla juste et recula de quelques pas.
      C’est suffisant.

      Madouc sauta sur ses pieds, prête à s’enfuir, mais au premier pas, ses jambes la trahirent.

      C’est une magie encore trop puissante pour toi, avait-dit Shimrod.

      Elle se sentit basculer en avant.

      Père. A l’aide.


      Elle perdit conscience avant même d’avoir atteint le sol.*




      Shimrod.

      *Le magicien lâcha un juron. Comment avait-il pu en arriver là ? Face à lui, une sardine égarée le toisait dédaigneusement.
      En-dessous, du sable et du corail, au-dessus, l’épave démantelée du bateau, qui lui laissait un maigre espace, mais aucun chemin par lequel il aurait pu sortir de ce piège. Grâce à la magie, il avait pu se ménager cette espace sans se faire écraser, et invoquer une bulle d’air autour de lui. Extraire l’oxygène de l'eau de mer ne lui posait pas de problème.
      Jamais il n’aurait cru que le navire aurait pu sombrer aussi facilement. Mais jamais il n’avait pensé devoir affronter une tempête aussi violente. Une tempête dont la violence ruisselait de magie incontrôlée. Est-ce que quelqu’un en était à l’origine ? Ou n’était qu’une conséquence imprévue de leur voyage entre les mondes ? Dans le pire des scénarios, il avait ouvert une faille vers un univers de magie primordiale qui pourrait amener la destruction de ce monde.
      Il la sentait encore, bien qu’il fût sous l’eau, cette magie primitive qui brouillait ses sens. Mais il était incapable d’identifier son origine.
      Il devait sortir de là.
      Lors du naufrage, il avait pu invoquer deux sandestins et leur intimer de mettre Aillas et Madouc en sécurité. Si lunatique étaient les sandestins, Shimrod ne s’inquiétait pas vraiment : ils devaient aller bien.
      Deux, mais pas trois. Lui-même avait été jeté à la mer et n’avait dû qu’à ses réflexes et à la chance de ne pas se noyer.
      Mais à présent… A quelle profondeur était-il ?
      S’il utilisait la magie pour sortir de ce piège, il perdrait la bulle qui lui permettait de respirer.
      S’il devait utiliser la magie, il ne pourrait pas retenir sa respiration.
      Et si par miracle il atteignait la surface, il serait impuissant à affronter la tourmente.

      Il se força au calme.

      Réfléchi.

      Il y a toujours une solution.

      Il faut juste y réfléchir.
      *



      Aillas.

      *Il était couché sur le côté et il avait mal à la tête. Ce fut la première pensée qui marqua son réveil. Puis il réalisa qu’il n’y voyait pas et qu’il avait un bandeau sur les yeux. Et, quand il voulut bouger, il se rendit compte qu’il avait les mains attachées dans le dos. Il pouvait entendre le vent souffler à ses oreilles.
      Sous lui, il sentait le sol bouger, le faisant rebondir.
      Une charrette. Il devait être dans une charrette. Alors peut-être…
      Il essaya de remuer, mais une main se posa sur son épaule.*


      - Il est réveillé.
      - Rendors-le
      - Mais...
      - Rendors-le. Il y a déjà bien assez de ces squelettes qui nous suivent depuis qu'on l'a ramassé. Pas besoin en plus qu'un espion se mette à faire des siennes. De toute façon tu sais comment il finira, alors mieux pour lui qu'il reste endormi.

      *La douleur irradia dans sa nuque et il se sentit sombrer dans l'inconscience sans pouvoir résister.*
    • *La pluie cessa brutalement, laissant place au soleil, comme pour présager que ce qu'il allait arriver, ne pouvait qu'être meilleur. Autant parfois la mélancolie pouvait guider Suldrun, autant d'autres fois, la curiosité, l'envie de comprendre et d'apprendre motivaient ses actes.

      Le regard fixé sur le bateau sombrant, elle ôta ses bottes prenant la précaution de retirer avant la dague qu'elle y dissimulait. Elle se leva, délia la jupe de sa robe dont l’arrière formait une traine, le devant lui arrivait juste au dessus des genoux pour lui permettre de mieux se déplacer. Celle-ci en tombant recouvra l'arme. Vêtue d'un bloomer et d'un bustier, elle se dirigea de suite dans la mer. Elle voulait avoir le cœur net des couleurs du navire. Sans avoir aucune sensation de froid, elle nagea jusqu'à celui-ci. Ne percevant qu'une ombre sous les eaux, elle plongea afin de percevoir mieux l'épave. Une étrange lueur semblait s'échapper, la chevalière autour de son cou émit faiblement un mystérieux rayonnement. A court d'air, elle remonta à la surface se questionnant sur la source de cette si cela était un effet optique du à des rais perçant les eaux ou une magie autre. Elle inspira une grande quantité d'air, prête à retourner explorer les profondeurs, son esprit fut détourné par les gardes auxquels elle était liée qu’ils avaient retrouvé un individu.

      La jeune femme regagna le rivage, la découverte du bateau lui permit de prendre conscience que les visions n'étaient pas que pure folie de sa part mais bien réelles. Ils étaient présents sur l'archipel ou du moins une des personnes, non des chimères. La plage atteinte, elle se revêtit précipitamment sans même prendre le temps de se sécher, malgré une certaine appréhension, une certaine peur.

      Son odorat la mena jusqu’à l’entrée d’une cabane de pêcheur où des mignons l’attendait. Elle leur fit signe de rester derrière elle. L’heure d’affronter ses pires cauchemars et ses plus beaux rêves venait de sonner. Suldrun poussa la porte avec aplomb, suivi des squelettes, celle-ci revint claquer derrière eux sous l’emprise d’une rafale. Elle s’avança lentement. Elle vit les regards des occupants se porter sur un filet cachant une entrée. Muette, elle fit quelques pas jusqu’au centre de la pièce, puis s’arrêta essayant de reconnaître les différentes senteurs qui pouvaient lui indiquer qui était l’étranger derrière le mur. Les fragrances qui lui parvenaient ne lui permirent que de deviner qu’il s’agissait d’une personne féminine qui manipulait la magie. Sans avoir pu mettre de nom sur la personne, Suldrun se trouva pétrifiée face à Madouc sortie comme un diable de sa boîte. Le vent mit à tournoyer autour d’elle projetant le vieillard et les écorchés au sol, la force de celui-ci la fit s’éloigner légèrement de la magicienne tout en continuant de la fixer, elle ne pouvait lire dans ses yeux que de la peur. Suldrun se renferma sur elle-même, pour ne pas riposter. Quand soudain une tempête fit rage, emportant l’entrée de la maison comme la feuille arrachée à une branche qui s’envole. Suldrun vacilla sifflant pour l’interrompre dans son élan de destruction. En une seconde tout redevint calme, le visage de Madouc devint blême et ses jambes manquées de force pour la soutenir. Avant qu’elle n’atteigne la terre, Suldrun se jeta pour la rattraper. Un genou à terre, la tête de Madouc sur sa cuisse, elle lui effleura le front pour remettre ses cheveux en place et pouvoir admirer ce minois qui avait hanté ses nuits. Elle se mit à marmotter*

      Madouc me pardonneras-tu ? Suis-je si différente pour provoquer ta colère à ce point ?


      *Elle se retourna vers un des mignons et lui insuffla de sa force. Elle lui intima de porter la jeune fille à ses appartements. Suldrun prit une précaution pour qu’elle ne puisse faire appel à la magie en lui ligotant les mains. Dans son ordre, il était clair que rien ne devait lui arriver et qu’elle ne devait pas s’enfuir.
      Elle posa ses lèvres sur la joue, lui chuchota : *


      Là où je te fais mener, tu ne crains rien … Mais je dois partir … Je serais bientôt de retour auprès de toi …

      * Sûre de sa créature, elle lui confia Madouc. Le sifflement émis lors de l’ouragan avait réveillé en Suldrun une soif qu’elle devait assouvir. Sa gorge la brûlant atrocement qu’elle n’eut pas d’autre choix que de se mettre à chasser. Ce feu en elle avait une telle puissance que le sang d’un animal aurait été comme donner de l’eau à un nourrisson qui a faim, cela l’apaiserait sans le rassasier. Il lui fallait un liquide plus consistant, en quantité plus importante.

      Se déplaçant à une vitesse que les humains ne pouvaient atteindre que dans leurs élucubrations, ses sens éveillés à la moindre proie, elle se trouva dans la forêt voisine. Une odeur d’équidé domestiqué fit ralentir sa course jusqu’à ce qu’elle s’arrêta. Elle huma l’air pour déterminer d’où elle provenait et prédire la direction qu’elle prenait. Elle la pista jusqu’à un chemin, elle regarda au dessus d’elle et bondit dans un cyprès, telle une prédatrice aux aguets. Le bruit des sabots des chevaux se rapprocha. Dés qu’ils furent au dessous d’elle, Suldrun tomba entre les deux cochers. Les lèvres retroussées, dans un geste d’une rare violence, elle attrapa d’une main la tête d’un d’entre eux, qu’elle tourna d’un coup sec pour avoir accès à sa jugulaire, y planta ses crocs en extrayant l’essence de vie. Le deuxième ne put échapper au même sort. Une ivresse sombre se substitua à la brûlure. Entendant un souffle, elle se retourna brusquement, sauta à l’arrière de la charrette, les dents sorties, elle les approcha de l’homme qu’ils avaient fait prisonnier. Les effluves qui s’en dégageaient, la firent lâcher prise. Suldrun ne put réprimer un cri d’effroi qu’elle essaya d’étouffer. Elle lui enleva le bandeau qu’il avait sur yeux, mordit dans les liens qui lui entravaient les bras. Elle le tira hors, pour le transporter dans un abri de fortune construit entre deux arbres. Elle bredouilla :*

      Je ne peux me montrer ainsi face à toi … couverte de sang … Madouc est dans mes appartements.

      *Ne sachant, ni si il avait senti sa présence, ni si il avait entendu ses paroles. Elle se mit en chemin pour retourner auprès de Madouc, ne souhaitant qu’une seule chose.*


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    • Aillas se réveilla, nauséeux, appuyé à un arbre. Un moment, il resta perplexe, ne comprenant pas où il était, comment il avait pu en arriver là.

      J'étais prisonnier.


      Il se releva, fit quelques pas, tomba presque aussitôt sur la charrette et les cadavres de ses geôliers. Il frissonna.


      Que c'est-il passé ? Quelqu'un m'a libéré. Ou quelque chose ? Pourquoi suis-je indemne ? Est-ce la magie de Shimrod qui m'a protégé ?
      Non. Il y avait quelqu'un d'autre.
      Une présence qui était familière. Mais... qui ?


      Il fit le tour de la charrette, sans trouver de traces, hésita à inspecter les morts, puis renonça, se contentant de récupérer son épée et ses affaires.


      Quelque chose ne va pas.
      Depuis que nous sommes arrivés sur ce monde, quelque chose ne va pas.
      Est-ce que Madouc va bien ? Je dois la retrouver, pour le moment c'est le plus important.
      Des gens. Pour commencer il me faut savoir où je suis. Et manger.


      Il hésita sur la direction à prendre, puis, se fiant à son intuition, s'engagea sur le chemin. Il n'eut pas long pour arriver à une ville, sise derrière un mur, dont les portes étaient ouvertes. Il les franchit sans que personnes ne l'arrête, même s'il sentit le regard des gardes qui ne le lâchait pas.
      A l'intérieur régnait une animation tranquille, sereine, nombre de de citadins s'affairant à réparer les menus dégâts causés par la tempête. Mais, dès qu'il approchait, l'atmosphère changeait, un silence lourd s'installait, les gens s'écartaient sur son passage en détournant ostensiblement leur attention.


      Est-ce parce que je suis un étranger ? Mais les gardes ne se sont pas intéressés à moi.


      Il croisa une étale de petits pains et ne put résister à la faim. Mais, quand il s'approcha, le vendeur commença par l'ignorer, jusqu'à ce qu'Aillas tape du poing sur le comptoir. L'homme frémit, chercha du secours des yeux, mais tout le monde s'était soigneusement écarté. Il bredouilla.

      - Ecoutez... je ne veux pas de problèmes, d'accord ?

      - Je ne veux pas vous en causer. Je veux juste manger.

      Aillas sortit une pièce d'or de sa bourse – il se doutait que sa monnaie devait être inconnu en ce lieu, mais l'or avait de la valeur, où qu'on aille. Il demanda :


      - Où sommes-nous ?

      - A la ville du Haidion.

      De surprise, Aillas faillit faire tomber le pain qu'il venait de récupérer.

      C'est impossible.
      Puis l'homme se dépêcha d'ajouter :


      - Vous feriez mieux d'aller au château, d'accord ? Je ne veux pas être mêlé à tous ça.

      - Au château ?

      L'homme pointa une direction. Après un rapide merci, Aillas se remit en marche et aperçut bientôt l'édifice qui dominait la ville. Le soulagement l'envahit aussitôt, cela n'avait pas grand chose à voir avec ses souvenirs du Lyonnesse. En fait de château, l'édifice n'en avait que le nom, c'était une bâtisse qui dominait la ville, simple, fonctionnelle, qui tenait plus du manoir. En s'approchant, il commença à remarquer certains détails. Il n'y avait de fenêtres qu'aux étages supérieurs, aucune au rez-de-chaussée, ici et là, quelques guérites discrètes laissaient voir leurs meurtrières, et les murs étaient constitués d'énormes blocs de pierre qui laissaient présager de leur résistance.


      Un château ? Je n'aimerais pas devoir le prendre de force, quelques soient les armées qui m'accompagnent.


      Il continua à s'avancer, comme le passage lui était laissé ; au bas de l'édifice, il trouva l'entrée ouvertes et les gardes, s'ils le fixèrent, le laissèrent entrer. Dedans, il vit une première créature – Brièvement, elle disparut presque aussitôt au coin du couloir – mais elle lui laissa une impression inhumaine. Il hésita, craignant de foncer dans un piège.

      Est-ce que j'ai le choix ?


      Il se contenta de poser la main sur son épée et continua à avancer, ne trouvant que des porte fermées, jusqu'à ce qu'enfin une poignée cède sous sa main. Il inspira profondément, se demandant ce qu'il allait trouver au-delà, puis franchit le seuil.
      Il se retrouva dans une chambre, et son regard s'arrêta immédiatement sur le lit qui s'y trouvait.

      Madouc.
      Il se précipita à son chevet, la trouva inconsciente mais, autant qu'il puisse en juger, en bonne santé.


      - Elle va bien.

      La voix venait de son dos et le fit sursauter. Il se retourna, pour se trouver face à elle.
      Telle qu'elle était, non pas dans ses souvenirs du Lyonnesse, mais dans ses rêves plus récents.
      Et pourtant, la fille qu'il avait connu alors était encore là. Mais elle était devenus beaucoup plus.
      Son visage avait pris une pâleur surprenante. Des reflets rouges couraient dans ses yeux.
      Quelque chose n'était pas normal, il le sentait bien.
      Mais le passé le submergea. Avant d'avoir réalisé ce qu'il faisait, il se rapprocha d'elle, lui saisit les épaules et la serra contre lui.


      Tu es en vie. Je t'ai retrouvée.

      Suldrun.

      Il sentit son souffle froid sur son cou, mais n'y fit pas attention.

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    • *Suldrun s'arrêta quelques minutes perchée dans un cyprès. Elle hésita entre faire demi-tour pour le rejoindre, rester à ses côtés le temps qu'il reprenne conscience, comme ce matin-là où elle l'avait découvert laissé pour mort sur sa plage, et poursuivre son chemin par les arbres jusqu'à la lisière du bois. Les choses étaient bien différentes à présent, elle bredouilla*

      Prisonnière de mes peurs ... je ne peux ... ni me résoudre à me montrer ainsi ... ni à te guider pour venir jusqu'à moi

      *Sa raison lui murmurait d'avancer sans se retourner, ses sentiments lui susurraient de revenir en arrière. En proie à ces pensées, à plusieurs reprises, elle perdit l'équilibre en se réceptionnant échappant de justesse à une chute. Ses gestes étaient, comme son esprit, plus que jamais instables.

      Des images du visage d'Aillas ainsi que le minois de Madouc lui revinrent, comme si elle était face à un miroir qui se fissurait sous le poids de la culpabilité. Elles la hantaient, de la même façon qu'elles le faisaient durant son sommeil. Elle sentit la branche visée ripée sous sa botte. Sans avoir eu le temps de se rattraper, son dos et sa tête heurtèrent le sol, elle grommela*


      La première règle rester concentrer, ne pas se laisser envahir. Même un novice ne l'aurait pas loupé.

      *Elle se releva un peu étourdie par le choc. Elle esquissa un léger rictus, ce vertige lui rappelant qu'elle était encore capable de percevoir des sensations humaines. Malgré qu'elles étaient altérées par son état. Elle continua son chemin par les sentes effaçant ses moindres traces.

      Par principe, Suldrun ne traversait jamais le Haidion couverte de sang, ses insignes perceptibles. Elle attendait que la nuit soit tombée pour regagner ses appartements après avoir chassé. Lorsqu'il lui arrivait de revenir en pleine journée, elle le faisait discrètement après avoir pris soin d'effacer les tâches sur elle de ses actes. Plus préoccupée, plus troublée par les événements qui venaient de se dérouler que par son aspect, elle ne fit pas de halte au bord du lac qui lui servait de lieu pour estomper les souillures sur ses mains, sa figure, ainsi que sur sa tenue. A l'entrée de la ville, elle salua les gardes, les somma d'une voix monotone*


      N'empêcher aucun étranger de pénétrer ici.

      *Ils la dévisagèrent stupéfaits par l'ordre, surtout de la voir ainsi inexpressive, le visage fermé, des marques violettes sur la peau auxquelles étaient superposées des éclaboussures rouges. Les habitants cessèrent leurs activités, baissèrent le regard de crainte de représailles. Des mères apeurées appelèrent leurs chérubins, pour les protéger de cette vision mettant leur tête dans contre elles dans leurs girons. La vie sembla s'arrêter à son passage, un silence de mort planant sur la cité.

      Elle entra dans sa demeure. Se fiant à son odorat, d'un pas lent et peu assuré, elle se rendit dans la pièce où Madouc avait été allongée dans un lit à baldaquin, des voilages tombant de chaque côtés. Après s'être assurée que la jeune fille allait bien, Suldrun ordonna à une servante d'apporter une corbeille de fruits, du pain et des fleurs dans la chambre, d'en faire un lieu moins austère où Madouc, à son réveil, serait plus à son aise.*

      Le retour à la réalité, je crains, ne soit un choc pour elle ...

      Elle congédia le mignon de son poste l'envoyant faire une ronde sans se faire remarquer et de la prévenir si quelqu'un s'aventurait dans les couloirs. Elle gravit les marches qui la menaient à sa chambre. Le seuil franchit, elle referma la porte derrière elle, Suldrun s'y adossa. Respirant profondément, les premiers picotements se firent vite ressentir, elle chuchota*

      Le moment est venu d'ôter ce masque de sang, d'être ... de baisser les armes ...

      *Elle se dirigea face à son miroir. Le reflet qu'il lui renvoya, la fit réagir par un sourire. Ses stigmates disparus, elle arriva même à voir une lueur, une petite étincelle dans ses yeux qu'elle pensait éteinte. Celle-ci ralluma en elle des promesses passées.

      Elle se précipita à son armoire et y fouilla pour en sortir une cassette soigneusement enveloppée d'une étoffe dans laquelle il y avait mis deux objets symboles de son passé . Elle ne l'avait jamais ouverte qui elle avait gardé depuis son départ du Royaume de Lyonnesse.
      Elle jeta un coup d’œil par la fenêtre à l'extérieur la vie semblait avoir repris son cours.Elle la déposa sur son écritoire. Elle s'asseya en face, d'une main tremblante, elle souleva le couvercle, en retira une petite bourse solidement nouée contenant une poignée de sable de sa plage, le plus important un parchemin dérobé la veille de sa fuite . Suldrun le déplia et se mit à réciter les mots inscrits dessus à demi-voix, comme si elle avait prononcer ces vœux quelques instants auparavant, les yeux rivés sur les paraphes. Une larme coula le long de sa joue*


      Comment ai-je pu croire en leur mort ...


      *Elle posa sur le secrétaire le manuscrit replié. Elle se leva pour se déshabiller, se lava gommant les macules laissées par sa soif. Elle revêtit une robe plus saillante, remit son tour de cou avec la chevalière, de sorte que ses cicatrices soient dissimulées. Finissant d'attacher sa ferronnière , elle huma l'air, son coeur s’accéléra un tant soit peu. Le squelette était dans le couloir prêt à s'annoncer alors qu'elle sortit de son appartement. Il n'eut juste le temps de lui dire *

      Un individu vient de franchir ...

      *Sans écouter le reste de ses paroles, elle descendit les rejoindre à pas feutrés. Dans l’entrebâillement de l'ouverture, elle perçut sa silhouette. Ces retrouvailles les avaient tellement rêvées même si elles l'épouvantaient plus que sa propre mort. Ne sachant quoi dire, elle s'avança percevant l'inquiétude de l'homme envers Madouc, les seuls mots qu'y s’échappèrent de la bouche Suldrun furent*

      Elle va bien.

      *Lorsqu'il se retourna, elle ne put soutenir son regard, elle pencha la tête vers le sol. Le temps se figea, quand il l'attira contre lui, elle frissonna. Elle releva la tête, la posa contre la sienne. Elle marmotta à son oreille.*

      Je ... me ... Aillas ...

      *Suldrun ne put retenir plus longtemps ses larmes qui vinrent s'échouer sur la tempe d'Aillas . Elle osa bouger la tête, son visage se trouva face à celui d'Aillas. Sans réfléchir, elle posa ses lèvres sur les siennes. A leur contact, elle se recula légèrement se rendant compte de sa différence, un instant, oubliée. Elle le regarda gênée cherchant à percevoir le ressenti d'Aillas.*

      Je suis plus vivante que je le croyais jusqu'à présent. Je suppose que tu as milles questions. Mais avant cela ...

      *Elle sortit d'une poche de sa tenue une clé, la lui tendit*

      Une chambre est prête juste à côté, si tu désires te restaurer ou te reposer. Une personne, ou moi-même, peut veiller au chevet de Madouc en attendant que tu ais repris des forces.

      ...

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    • *Ses lèvres étaient froides.
      Pourtant, cela ne le frappa pas sur le moment.
      Elle se recula et il croisa son regard – un mélange perturbant de peur, de soulagement, d'inquiétude, de joie. Et, cette lueur rouge, dansante, sauvage.*


      - Suldrun, que...


      - Une chambre est prête juste à côté, si tu désires te restaurer ou te reposer. Une personne, ou moi-même, peut veiller au chevet de Madouc en attendant que tu ais repris des forces.


      *Il hésita, reporta son attention sur Madouc, prit conscience de son propre état. Il était sale, contusionné, sa tête le lançait et il avait encore faim. Il eut un petit rire.*

      - Oui, ça vaut mieux.

      *Pourtant, avant de quitter la pièce, il hésita. *


      Et si elle venait encore à disparaître ?


      *Il se força à se rassurer, et gagna la pièce voisine.
      Alors qu'il se rinçait le visage dans un baquet d'eau, il croisa son propre regard dans le miroir, ses yeux fatigués, les cernes qui les marquaient, les ridules naissantes.*


      Suldrun aussi a changé.
      Ses lèvres étaient si froides.


      *Il repensa à leurs retrouvailles, à tous ses détails qui s'accumulaient, la blancheur de sa peau, la couleur de ses yeux.*


      Que lui est-il arrivé ?
      Je dois lui demander.


      *Il rajusta sa veste, sortit dans le couloir pour se figer aussitôt. Il fit un pas en arrière, dégaina son épée, mais le squelette passa devant lui comme s'il n'existait pas. Un moment, Aillas hésita à profiter de la situation pour s'en débarrasser, mais prit le parti d'être prudent. Dès que la créature se fut éloignée de quelques pas, il se précipita dans la chambre de Madouc, épée au poing, pour apercevoir Suldrun tranquillement assise à son chevet, la contemplant avec une réelle tendresse.*

      Sudrun, il y a des squelettes dans le château !


      *Un moment, il resta confus, brandissant son épée comme s'il ne savait quoi en faire. Puis il la rengaina avec un sourire d'excuse.*


      Suldrun, je... je te croyais morte. Je... J'aurais dû te chercher depuis bien longtemps. Je... Je suis désolé.


      *Il inspira profondément. *


      Suldrun, qu'est-ce qu'il se passe ici ? Que t'ait-il arrivé ?


      *Il regarda Madouc, posa une main sur son front.*


      On peut parler ailleurs ? Si... elle ne risque rien, ici ?