La compil' d'Hari

    • La compil' d'Hari

      Plop. Histoire de faire vivre un peu la section je vais poster mes textes ici. Ceux de la Plume d'Or tout d'abord, histoire de les regrouper, mais je vais rajouter au fur et à mesure ce qui me passe par la tête.

      Textes de la Plume d'Or :

      Texte 1 : Thème : "L'amertume d'un chagrin d'été"

      L'amertume d'un chagrin d'été

      Pas toujours simple de se mettre à écrire. Mais bon, il y a paraît-il des vertus thérapeutiques, alors autant se risquer à l'exercice. Personne ne me lira, et je pourrai de toute façon tout brûler quand j'aurai terminé. Enfin brûler. J'oserai jamais, je voudrai sans doute avoir l'occasion de regarder d'un œil amusé d'ici quelques décennies les conneries que j'écrivais quand j'avais dix-neuf ans et que je n'arrivais pas à me remettre d'un chagrin d'amour de gamin.

      Je ne sais pas si c'est une bonne chose de mettre ces enfantillages sur papier après tout... Qu'est ce que c'est par rapport à tout ce qu'il me reste à vivre ? Mais bon, la douleur laisse dans ma bouche un goût que seule l'encre saurait encore estomper. Comment pourrais-je garder pour moi à la fois la culpabilité et le désespoir qu'il me reste, la sensation de trahison qui n'a pas lieu d'être ressentie ou encore l'attirance que j'ai toujours pour elle ? Trop de sentiments se mélangent en un tourbillon de sensation, et quand ma plume gratte mon cœur s'emballe au lieu de soigner mes maux.

      Reprenons au début... Si je veux guérir, je dois trouver la cause du mal. Déjà, je suis une ordure, doublée d'un crétin trop crédule. J'ai jamais cru en ces "coups de foudre" que nous vend le cinéma mais je vois mal comment expliquer autrement ce que j'ai ressenti en la voyant pour la première fois. À peine nos yeux se rencontraient que nous passions des heures à discuter de tout et de rien. Bien sûr, elle avait un copain, je vois de toute façon mal comment il aurait pu en être autrement. J'ai donc décidé de taire mes sentiments...

      Pour un été, que valait ce coup de foudre face à des années d'amour ? Je n'en savais trop rien, mais un seul rêve m'obsédait, celui du goût sucré de ses lèvres contre les miennes, unies pour l'éternité. Au creux de l'oreille je lui chuchotais mes rêves. Lors d'une chaude nuit d'été, elle braverait l'interdit. Elle m'appellerait, la voix tremblante, le cœur en feu. "Viens m'embrasser." Sont les trois seuls mots que je lui demandais pour me précipiter vers elle, et elle les prononcerait. Quelques minutes plus tard, la portière de ma voiture claquerait : je serais en bas de chez elle. Sous la lune illuminant la nuit, nous nous enlacerions pour un baiser d'amour passionné, seuls sous la voûte étoilée.

      Mais même les plus beaux rêves ont une fin : celui là n'était pas partagé. On raconte qu'un cœur prit n'est pas à prendre, et en s'y risquant j'ai brisé le mien. Les mois passent et effacent les blessures, mais certaines sont lentes à cicatriser. Malgré le temps qui s'écoule lentement, le goût sucré est devenu amer.


      Texte 2 : Thème : Sombres Cauchemars


      Une porte, tout au fond du couloir.
      Une cave, et la chandelle éteinte.
      La flamme vacillait.
      Une fenêtre, menant vers de sombres abîmes où nul homme n'ose jeter les yeux.
      Nous faisons tous les mêmes, n'est ce pas ?
      Entre deux éclats de joie fantasmés, les ténèbres reviennent toujours.
      Pourquoi ?
      Parce que nous n'oublions pas.
      La mémoire corrompt nos sens.
      La veille ? Toujours présente.
      L'enfance ? Toujours présente.
      Les temps immémoriaux où les hommes combattaient leurs frères, l'acier à la main, pour forger dans le sang et la folie les premières cathédrales de l'humanité ? Toujours présents.
      Ancrés dans nos souvenirs, ces temps obscurs où nous avons failli.
      Ils sont là, tapis, attendant leur heure.
      Leur heure ? Toujours la même.
      Quand les astres s'éloignent et laissent à la nuit son royaume.

      Une porte, tout au fond du couloir.
      Une cave, et la chandelle éteinte.
      Tout est sombre, je ne distingue rien.
      Sinon ton souffle, à l'unisson du mien.
      La peur nous étreint, elle est déesse en ce lieu.
      Elle commande, nous mourrons, c'est ce qu'il y a de mieux.
      Un premier pas, puis un second.
      Et toujours ta main dans la mienne, serrée à m'en couper le sang.
      Un bruit, un mouvement.
      Tu n'es plus.
      Je sens le souffle sur ma nuque.

      Une porte, tout au fond du couloir.
      Une cave, et la chandelle éteinte.
      Classique, n'est ce pas ? Mais toujours efficace.
      Je m'en réveille en sueur, et sans doute vous aussi.
      D'immondes créatures nous attendent dans la nuit.
      Prêtes à déchirer de leurs griffes, mutiler de leurs crocs.
      Mais l'on se réveille toujours.
      Rien n'est garanti pourtant, les peurs ancestrales de l'humanité sont toujours là.
      Pourquoi conserver ces maux millénaires si leur cause n'est plus ?
      Nous ne sommes rien de plus que ce que nous étions.
      Nous croyons avoir le réponse.
      Nous croyons voir la lumière.
      Nous croyons mais ne pensons pas.
      Le jour viendra où les ténèbres retrouveront leur voie et reviendront s'emparer de nos vies qui leur reviennent de droit.
      Elles les feront enfin valser dans de sombres cauchemars.

      Une porte, tout au fond du couloir.
      Une cave, et la chandelle éteinte.
      On ne veut pas rentrer, mais l'on n'a pas le choix.
      Et la mort, patiente, est là.


      Le Texte 3, celui de la finale, arrive mais comme je l'ai dis avec une fin totalement modifiée, ainsi qu'avec quelques retouches dans le récit.

      Merci à Kassydy

      Fear sucks the senses like a leak, feast upon the emptiness that is increased
      All you need is time, but time recedes behind

      Doomsday Afternoon - Phideaux
    • Comme vous l'avez sans doute remarqué depuis le temps où j'ai promis sa parution, je n'ai pas encore réussi à écrire de fin qui me convienne pour ce fameux texte. Cela dit, je ne désespère pas vous en proposer une un de ces quatre. Voila cependant tout autre chose.

      *****

      Les lumières dansaient devant ses yeux, sans qu'il puisse les voir. Des milliers de couleurs éclatantes revisitaient l'arc en ciel, mais la brume couvrait son regard, et face à cette débauche de splendeur il demeurait aveugle. Non qu'il le fut vraiment, il était en pleine possession de ses capacités physiques. Mais à quoi servent les sens sinon transmettre des informations dont la pertinence ne sera discutée qu'à posteriori ? Or, pour lui, la beauté n'était pas pertinente. Les mélodies enchanteresses qui résonnaient à ses oreilles n'étaient pas pertinentes. Le contact doux et emplit de bienveillance d'une main sur son épaule n'était pas pertinent.

      Pourquoi ne le voyaient-ils pas ? Pourquoi le harceler sans cesse quand tout lui était indifférent ? Qu'importe les paroles de réconfort, qu'importe les étreintes fraternelles, quand nul autre ne sait pourquoi. Oh, ils sont gentils, certes, à vouloir l'aider, le pousser, le faire remonter, mais il préférait rester au fond du trou. Par éternellement hein... Nul désespoir ne peut être éternel tant que brûle encore la flamme de la vie. Mais le calme... ce paradis inaccessible où se réfugier devient un rêve obsessionnel... Pouvoir rester seul, sans contraintes, caché au regard des autres et dissimulé aux obligations aliénantes du quotidien. Est-ce impossible que d'espérer être en paix ? De vouloir se retirer quelques temps jusqu'au fond de soi-même, sans voir débarquer les hordes compatissantes mais qui ne savent rien ? J'ai bien peur que oui.

      L'Homme ne peut si facilement s'abandonner. Un jour, on ne peut plus se dérober, on est resté trop seul, on a trop repoussé l'échéance. Par hasard, sans même le vouloir, on saisit une main, une des nombreuses mains tendues, alors qu'on en a déjà repoussé des centaines. Sans trop qu'on sache pourquoi, on essaye de résister, mais cette main nous tire et nous la rejoignons là où elle est : dans le bruit, la lumière, le mouvement. Là où nous devons nous battre pour survivre. Alors on se rend compte que le combat nous plait, et qu'on préfère vivre les armes à la main. Seulement, on ne peut qu'être parfois nostalgiques de l'endroit solitaire où nous nous laissions, jadis, porter inerte par les vents imprévisibles.


      Pour la centième fois je serais devant toi
      Pour la centième fois tu me terrasseras
      Mais bientôt tu me verras à nouveau debout
      Mort, toujours à terre, mais jamais à genoux
      Lorsqu'un coup m'est porté je ferme les yeux
      Et songe simplement à quelque endroit merveilleux

      Merci à Kassydy

      Fear sucks the senses like a leak, feast upon the emptiness that is increased
      All you need is time, but time recedes behind

      Doomsday Afternoon - Phideaux
    • Bon tu sais déjà ce que je pense de tes textes mais ça ne fait pas mal de le redire ^^
      Le 1er est très bon, tu arrives à faire une sorte d'introspection sans être ridicule et en étant même touchant. Nan mais sérieux j'arrive à comprendre les sentiments de ton personnage et ça ne m'arrive pas si souvent.

      Le 2ème fait partie des meilleurs textes que j'ai lu, et dieu sait que je passe mon temps à lire. A niveau du fond je me laisse emporter par ta vision des cauchemards, même si je trouve quelques "vers" assez faible. Et "les hommes combattaient leurs frères" sonne étrangement, à mon sens tu devrais choisir entre "les hommes combattaient les hommes" ou "les frères combattaient les frères". Puis y a les fautes d'orthographes :D

      Le 3ème est une douce mélodie à mes oreilles pour la bonne raison que je pense plus ou moins exactement la même chose. Et comme ta plume est toujours aussi bonne...

      Bref continue :love:
      Tous ceux qui prient pour qu'il existe encore
      Une vie avant la mort
    • Merci mon Kay, ça fait chaud au cœur de lire ça. ^^
      J'ai eu pas mal de discussions pseudo-philosophiques avec des potes qui m'ont conduit à écrire ce dernier texte en effet, et notre opinion est visiblement partagé par pas mal de monde. Après ce que j'en ai fais est plutôt optimiste, et c'est là que tout le monde n'est pas toujours d'accord.

      Aller, un autre.


      Je viens de tout raturer
      J'ai pris une nouvelle feuille
      Je vais donc recommencer
      Jusqu'à ce que de mes mots tu veuilles

      Pourquoi ainsi s'acharner
      Dans l'ignorance la plus totale
      À encore et encore composer
      Alors que ça t'es égal ?

      On me l'avait certes dit
      J'aurai pu écouter les conseils
      Désormais on séduit sans poésie
      Ça ne marche plus qu'avec les vieilles

      Peut-être était-ce donc vrai
      J'avoue que ça m'emmerderait
      Je ne peux être un autre que moi
      Et pour parler je n'ai que ça

      On va oublier tout ça alors
      On dira que les vers sont morts
      Au placard, les romantiques !
      Pourvu qu'on les enterre, et vite !

      Je suis caché, je ne suis plus rien,
      Invisible dans la nuit, éteint.
      Je ne bougerai sans mon idéal
      Écrire à la lueur des étoiles

      Mais les étoiles ont disparu
      Cachée par la fumée des rues
      Avec elles mes convictions
      Et celle qui inspire ma passion

      Plus rien à faire, plus rien à dire
      Droit devant moi je vais courir
      Encore, toujours, jusqu'à l'infini
      Et me voilà... Tiens... Où je suis ?

      Un espace sombre, inquiétant
      Où ne semble s'écouler le temps
      Apeuré je lève la tête
      Et la vue des étoiles m'arrête

      Tout n'est pas mort, je suis sauvé
      Quelque part sur terre je suis aimé
      Je prends ma plume, mon encrier
      Sous les étoiles je me mets à composer

      Toi, au loin, qui ne me connaît pas
      Je t'aime, mais tu ne le sais pas
      Qui tu es, je ne peux le savoir
      Par delà les ténèbres je peux t'apercevoir

      Existes-tu, au fait ?
      Vraiment, je n'en sais rien
      Peut être es-tu dans ma tête
      Juste pour guider ma main

      Merci à Kassydy

      Fear sucks the senses like a leak, feast upon the emptiness that is increased
      All you need is time, but time recedes behind

      Doomsday Afternoon - Phideaux
    • J'avançais le long d'un couloir fraîchement repeint. En blanc, partout. Étrange décor, pensais-je, mais sans doute adapté. Je continuais d'avancer sans trop me questionner sur le pourquoi de ma présence en ce lieu. Après tout, chercher l'explication d'un rêve avant le réveil est voué à l'échec. Après le réveil aussi, souvent, mais il s'agit là d'une autre histoire. Arrêtons de digresser et poursuivons le fil de nos pensées. J'avançais donc le long de ce blanc couloir, impassible, attendant de voir ce qu'il m'arrivait. Une porte. Original ? Pas vraiment. Déjà un couloir avec une porte au bout, c'est on ne peut plus classique. Ensuite, une longue marche suivie d'un obstacle à franchir, au niveau symbolique, j'ai déjà vu plus recherché. Décidément, mon subconscient me décevait ce soir là. J'appuie sur la poignée, la porte s'ouvre, et le couloir continue. Une feinte ? Je me serais attendu à une pièce avec quelques éléments de réponse... Même pas. Finalement mon subconscient devait être moins flemmard que je l'aurai cru, quand il s'agit de me surprendre.

      J'avançais le long d'un couloir fraîchement repeint. En blanc, partout. Une pied devant l'autre, encore et encore, jusqu'à tomber sur une seconde porte. Je refais le coup de la poignée, mais cette fois, elle est fermée à clef. Pressé de connaître le fin mot de l'histoire, je défonçais la porte d'un puissant coup d'épaule, remerciant silencieusement mon imagination d'avoir modifié la physique d'un acte dont le résultat logique eut été un aller retour à l'hôpital et une porte intacte. Bref, une nouvelle fois, je digresse. Derrière la porte, il y a une pièce. Blanche aussi. C'est pas vraiment étonnant. Très grande la pièce, si j'avais pu rester j'aurai bien ramené les meubles de mon appart dedans. Mais le scénario élaboré par mon imagination veut que j'avance jusqu'au mur du fond, où se dessine trois ouvertures, trois couloirs partant chacun dans une direction différente. Là où ça devient intéressant, c'est que devant l'ouverture menant sur le couloir de droite, il y a une fille que je connais. Que je connais très bien même. Devant le couloir du milieu, il y a aussi une fille. Je ne la connais pas elle par contre. Enfin elle me dit quelque chose, mais impossible de mettre un nom ou une situation sur ce visage. Le couloir de gauche, il n'y a personne devant. C'est bizarre.

      Les deux filles étaient habillées de la même manière, avec des robes blanches plutôt courtes qui mettaient leur physique en valeur. Elles ne me parlaient pas mais souriaient, et je savais que leurs sourires signifiaient "suit moi". C'est là, on s'en doute, qu'intervient le dilemme. La fille de droite, je la connaissais assez pour savoir que si je la suivais, j'allais m'amuser, ça il n'y avait pas de risque. Cela dit, à la longue, je risquais d'avoir un peu de mal à la supporter, et je ne savais pas combien de temps durerai encore les couloirs, du coup c'était quitte ou double. Cela dit, la fille du milieu, celle qui me disait vaguement quelque chose, était plutôt mignonne, j'avais un bon pressentiment à son propos. Mais bon, les pressentiments... J'aurai bien aimé éviter de prendre des risques. À gauche, il restait le couloir vide, sans demoiselle au regard aguicheur mais étrange pour me guider. J'ai alors pris un pari un peu fou... De toute façon, ça n'était pas la réalité... Donc si je me trompais, ça n'était pas vraiment grave, j'aurai droit à d'autres choix.

      Je me dirigeais en direction de la fille de droite. Elle me prend par la main et m'emmène dans le couloir. Blanc et rectiligne, rien de bien surprenant. On marche, longtemps. On parle, on plaisante, on s'amuse. On avance. Mais, rapidement, au bout de ce qui me semblait être une heure, elle ne tourna vers moi. "Tu veux aller plus loin ?" Me demanda-t-elle. J'acquiesçais, rester immobile au milieu d'un couloir ne faisant pas partie de mes plans pour la nuit. "Il faudra me tuer, alors." Me dit-elle. Froidement, je posais mes mains sur son cou nu et serrait jusqu'à ce qu'elle tombe inerte à mes pieds. Dommage d'en arriver à cette extrémité tout de même... L'heure passée ensemble avait été fort sympathique. Je continuais toutefois ma marche le long du couloir rectiligne.

      J'arrivais alors dans la pièce que j'avais visité auparavant. Dans le même état. La fille de droite était là, de nouveau en vie, me souriant. Je reportais immédiatement mon attention sur la fille du milieu : pas la peine de rééditer l'expérience du couloir de droite. Je m'approchais donc de la seconde demoiselle. Nous nous dirigeâmes dans son couloir, celui du milieu. Il n'était pas identique à ceux que j'avais déjà parcouru : parfois il faisait des virages, abritais des coins et des recoins, on ne voyait pas tout le temps devant nous. Pendant deux heures, nous discutâmes, nous fîmes connaissance. Le moins qu'on puisse dire, c'est que là on s'est amusé... Elle me plaisait vraiment cette fille. Mais quand elle se mît devant moi pour me barrer la route, me sommant de la tuer pour continuer mon chemin, je glissais ma main dans ma poche, sortant une lame, et lui tranchais doucement la gorge avant de la laisser tomber, inerte, à mes pieds. Des larmes coulaient sur mes joues, mais j'avais autre chose à faire que de passer ma nuit dans ce couloir. Je poursuivais donc, prenant les derniers virages, pour atteindre enfin la pièce.

      Les deux filles étaient là, exactement comme avant. Peut être avec une lueur de regard accusateur en plus, mais je ne l'aurai pas parié : mon imagination me jouait sûrement un tour. Forcément, je me dirigeais vers le couloir de gauche voulant essayer la dernière solution à cet étrange songe. Le couloir était encore différent, ce qui n'était pas inintéressant : cette fois-ci il s'agissait d'un véritable labyrinthe. J'avançais donc à tâtons, rebroussant régulièrement chemin pour rejoindre le bon trajet, mais j'avançais tout de même, à force d'essais, de maladresses et d'erreurs. Mais c'était long, beaucoup trop long ce temps passé dans le labyrinthe. Je repensais à la fille que j'avais égorgé quelques heures plus tôt. J'aurai pu rester avec elle en fait. Elle était plutôt cool, et carrément mignonne. Je ne la connaissais pas super bien, on avait encore plein de chose à découvrir ensemble... Si seulement elle ne m'avait pas barré le passage aussi tôt... J'hésitais à rebrousser chemin, retourner à la salle et repartir avec elle. Cette fois je ne l'aurai pas tué, je serais resté à ses côtés. Je ne serais pas perdu dans ce putain de dédale où chaque mur me narguait et où chaque intersection était comme une insulte. Mais je ne faisais qu'hésiter... En mon for intérieur je me disais que les fausses pistes n'étaient pas des insultes mais des défis à relever, et j'avançais tout de même, jusqu'à parvenir à une petite pièce au milieu du labyrinthe.

      "Patio" est le premier mot qui me vient à l'esprit pour le décrire. C'était blanc, toujours, mais avec des plantes un peu partout, qui poussait du sol en terre battue et tapissait les murs. Au milieu de la pièce, assise sur une souche, à moitié dissimulée par la verdure, se tenait une jeune fille. "Putain encore" me dis-je. Toujours habillée de la même manière, toujours aussi mignonne que les deux autres, j'étais sûr, celle-là, que je ne l'avais strictement jamais croisé. Une totale inconnue.

      "- Salut, qui es-tu ?
      - Hari. Et toi ?
      - Tu n'as pas besoin de connaître mon prénom. Que fais tu là ?
      - Je cherche la sortie. Ça me semble d'ailleurs un peu con que tu poses cette question au milieu d'un labyrinthe, la réponse est plutôt évidente.
      - Doucement sur le sarcasme, j'suis sensible moi.
      - Si tu le dis.
      - Dis, tu voudrais rester avec moi ?
      - Comment ça ?
      - Ben j'aimerai bien que tu restes avec moi. Je suis seule ici.
      - T'es comme les autres en fait.
      - Troisième à droite et quatrième à gauche. La sortie est là-bas. Vas-y, je t'empêcherai pas d'y aller.
      - Merci."

      Je m'approchais de la sortie de la pièce tout en gardant un œil sur la jeune fille, des fois qu'elle trahisse sa promesse et devienne agressive. Ça ne fut pas le cas. Je suivais la direction qu'elle m'avait indiqué, tout en étant un peu trop anxieux à mon goût. Qu'allait-je trouver à la sortie ? J'avais essayé les trois couloirs, qu'allait-il arriver maintenant qu'à chaque fois j'avais poursuivi mon chemin ? La même pièce, les mêmes couloirs, à l'infini ? Un trophée "vous n'avez pas cédé à la tentation", avec une photo du christ dessus. Soudain je repensais à la première fille, que j'avais étranglé, et à son regard suppliant quand elle m'a sommé de rester. Soudain je repensais à la seconde fille, que j'avais égorgé, et à son regard suppliant quand elle m'a sommé de rester. Soudain je repensais à la troisième fille, et à son regard suppliant quand elle m'a demandé de rester. Si je continuais au bout de ce couloir, ça serait la fin du rêve. Je ne la reverrai plus jamais. Dans savoir pourquoi, je fis demi tour dans le labyrinthe, voulant revenir à la petite pièce remplir de verdure où je l'avais laissé seule. Malheureusement, j'ai du me tromper d'une intersection, car je ne retrouvais pas le chemin. Pendant des heures j'ai tourné en rond, frappé les murs, insulté les obstacles, mais j'ai continué d'avancer, de revenir sur mes pas, de dresser des cartes imaginaires, pour enfin revenir à l'endroit d'où j'étais parti. Et je l'ai retrouvé.

      Elle était étendue, inerte, là où je l'avais laissé. Je me précipitais vers elle, prenais son pouls. Elle n'était qu'évanouie. Je lui passais la main sur la joue et vis ses yeux s'ouvrir, et un sourire illuminer son visage. Nous nous embrassions, et je me réveillais. À côté de la fille une. Je me disais effectivement que je la connaissais plutôt bien. Je me levais, et la dégageais de l'appart. Ça lui a pas vraiment plu, mais j'étais pas d'humeur à faire des compromis, ni à essayer de froisser sa susceptibilité. J'avais besoin de réfléchir à tout ça, et d'y réfléchir correctement. Je me rendais donc chez mon meilleur ami, habitué à m'accueillir lors des mes journées à tendance introspective, qui avait toujours une place pour moi sur son canapé. Pendant mon trajet, je croisais une connaissance de la fac, plutôt mignonne, qui m'avait un peu collé lors de la soirée de jeudi. Elle me lança un regard en coin. C'est vrai qu'elle était plutôt cool et... Oh la fille deux. Je vois. Effectivement, c'est pour ça qu'elle me disait quelque chose. J'arrivais chez mon ami, le saluait cordialement, et acceptait la cigarette roulée qu'il me tendait. Quelques bouffées plus tard j'étais assis sur le canapé et j'avais bien compris que la cigarette ne contenait pas que du tabac. Soit. Il allait falloir continuer l'introspection, et on avait au moins besoin de ça. J'avais bien croisé les filles des premiers couloirs, il ne me restait plus qu'à trouver qui représentait la troisième... Et surtout pourquoi j'avais choisi de rester avec elle. Je la connaissais même pas, on n'avait même pas parlé, et pourtant j'avais refait tout ce labyrinthe pour la retrouver, revenir vers elle, faire en sorte qu'elle ne reste pas seule. Pourquoi être revenu ? Pourquoi m'être attendri ? Pourquoi lui avoir donné "Hari", mon pseudo, au lieu d'utiliser mon vrai prénom ?

      Pourquoi ? Aujourd'hui encore, je ne le sais pas. Mais son visage m'est familier désormais, et m'accompagne dès que je ferme les yeux. Un jour je saurais qui elle est.



      Édit : j'ai posté sans relire, demain je corrige les fautes d'orthographe et fautes de frappes, et je reconjugue les verbes aux temps qu'il faut, parce que là j'ai un peu foiré xD

      Merci à Kassydy

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      Doomsday Afternoon - Phideaux
    • "- Qu'est ce qu'il te manque ?
      - J'en sais rien.
      - C'est pas une réponse.
      - Je me doute, mais j'en ai pas d'autre.
      - Ça ne peut pas continuer comme ça.
      - A qui le dis-tu ?
      - Tu fais rien. Tu bouges pas. Tu n'écris rien.
      - Je sais que je n'écris rien. C'est bien ça qui me chagrine.
      - Bah essayes au moins, fais quelque chose !
      - Tu me prends pour qui ? Forcément que j'ai essayé ! Je me suis collé le cul sur une chaise devant mon PC, j'ai pianoté deux trois, trucs, je les ai effacés. J'ai pris un stylo, j'ai griffonné un peu, puis j'ai mis ce que j'avais écris à la poubelle.
      - Pourquoi ?
      - Parce que c'était de la merde.
      - Je te crois pas. Tu te débrouilles pas mal d'habitude.
      - Oui, et je suis assez imbu de moi-même pour tenir en bonne estime mes propres écrits. Donc si je te dis que c'est de la merde, tu peux me croire sur parole, c'est que ça en était. Je suis le plus à même d'en juger.
      - Je te crois, je te crois. Mais ça ne règle pas le problème.
      - Certes. Cela dit je ne vois guère comment le régler.
      - L'inspiration ?
      - Anouilh disait que l'inspiration est une farce inventée par les poètes pour se donner de l'importance. Et il a raison. On ne peut pas se cacher derrière un quelconque manque d'inspiration quand on n'arrive pas à écrire. On a de l'imagination ou on n'en a pas.
      - Alors ?
      - Alors quoi ?
      - Ben si c'est pas par manque d'inspiration, pourquoi est-ce que tu ne peux pas écrire ? De l'imagination tu en as, tu l'as déjà montré plein de fois.
      - J'en sais rien de pourquoi je n'y arrive pas. Je suis pas psy.
      - Parce que tu penses qu'un psy ça pourrait t'aider ?
      - J'en sais rien. Pourquoi tu veux que ça m'aide ? J'ai l'air si dérangé que ça ? On peut très bien avancer dans la vie sans essayer de comprendre ce qu'il se passe dans notre tête.
      - J'en suis pas aussi sûr que toi. C'est dangereux de pas savoir de quoi nous sommes fait. De ne pas avoir conscience du parcours qui nous a amené à être ceux que nous sommes.
      - Ouais. Mais d'un certain côté, je sais parfaitement bien ce qui se balade dans ma tête, et j'ai absolument pas envie de l'analyser.
      - Pourquoi ?
      - Tu le sais très bien. Si je vais voir un psy je vais avoir droit à "gniagnia difficultés cumulées", "gniagnia mauvaise influence du père", "gniagnia mauvaise influence de la mère", "gniagnia complexe d'infériorité". Et ça va m'apprendre quoi ? Ce que je sais déjà, mais avec des termes un poil plus savants.
      - Et ça te permettra de travailler dessus.
      - Je travaille dessus chaque jour. J'en suis conscient de mes défauts, c'est bien à ça que ça m'a servi de travailler dessus. Mais jusqu'à présent ça m'avait jamais posé de problème.
      - Oui. Mais là, tu n'arrives plus à écrire.
      - Et je n'ai pas la moindre idée de pourquoi. C'est là le drame. Écrire, c'est mon seul moyen d'avancer, de mettre de l'ordre dans mes pensées, de faire parvenir mes méditations à un niveau conscient. Si j'écris plus, je reste dans le brouillard par rapport à tout ce que je ressens, et je déprime.
      - Ouais je me souviens... L'année que t'as passé comme ça c'était pas vraiment la joie.
      - A qui le dis-tu ? Heureusement que ça va mieux maintenant. Mais justement, j'aimerai autant éviter que ça recommence. La solitude et les idées noires, c'est sympa deux minutes, et tu sais à quel point j'adorai envoyer chier tout le monde pour pouvoir méditer dans mon coin. Seulement voilà, j'ai appris à être plus mesuré, et je m'en porte certainement pas plus mal.
      - Je te crois sur parole. Mais tout ça, ça implique quand même qu'il se soit passé quelque chose pour que tu te retrouves une nouvelle fois dans cette état.
      - Sincèrement je ne vois pas.
      - Il y a forcément un truc, ça peut pas venir de nulle part comme ça. Un élément déclencheur se cache quelque part. Depuis combien de temps ça te fait ça ?
      - Environ une semaine je dirai. Oui, une semaine que j'arrive plus à aligner le moindre mot.
      - Bah la voilà ton explication.
      - Non.
      - Si. C'est elle.
      - Non. On en a déjà parlé, et je t'ai dis que cette thèse était ridicule.
      - Certes. Mais les dates coïncident, tu ne peux pas prétendre le contraire. Tu me diras ce que tu veux mais tu ne m'ôteras pas de la tête qu'il y a un lien.
      - Bien sûr. Après tout ce que j'ai vécu c'est pas une fille qui va me faire perdre les pédales. J'ai connu pire, bien pire que ça, et j'ai passé assez de temps chez toi à en discuter pour que tu le saches. Je ne dis pas que ça n'a aucune influence. Je dis juste qu'elle ne peut pas être l'unique cause du fait que je ne puisse plus écrire.
      - Pourtant, tu vois quoi que ce soit d'autre ? Depuis que t'es rentré je t'ai juste vu tourner en rond comme un lion en cage, et changer le CD dans ta voiture. T'es passé de Sonic Firestorm à 01011001, niveau motivation et psychologie ça veut tout dire.
      - T'en es arrivé à analyser les musiques que j'écoute ?
      - On passe le temps comme on peut.
      - C'est pas faux. Et alors, ta conclusion, Holmes ?
      - Tu l'aimes.
      - Non.
      - Dis, t'as pas l'impression qu'on est revenu en maternelle avec ce genre de dialogue ?
      - Pas vraiment. Au moins là t'es pas en train d'essayer de m'arnaquer pour des cartes pokémon.
      - En effet. Mais le "Tu l'aimes." c'était pas une question, il n’y avait pas à répondre "non".
      - C'est pourtant ce que j'ai fais. C'est pas possible. Même moi je trouve ça ridicule de devoir encore m'en justifier.
      - Pourtant, c'est la seule solution que j'entrevois. Non seulement tu refuses d'admettre ce que tu penses au fond de toi, mais en plus, après toutes les épreuves par lesquelles tu es passé, après toutes ces épreuves par lesquelles tu passes encore mais que tu arrives à gérer, une simple petite surcharge sentimentale suffit à te faire perdre l'équilibre.
      - C'est ridicule.
      - Tu l'as déjà dis. Ridicule mais néanmoins vrai. Et vu que tu n’arrives pas à écrire t'avais besoin d'en discuter avec moi pour en prendre conscience. Tu ne peux rien faire en cogitant tout seul, la solitude est, paradoxalement, le meilleur moyen de louper une introspection. Maintenant, tu vas me regarder, réfléchir, et peser chacun de tes mots. Est-ce que tu l'aimes ?
      - Peut-être. Je n'en suis pas sûr, mais c'est possible.
      - Tu vois. C'était pas si compliqué à admettre.
      - Faut croire que si. Tu t'en vas du coup ?
      - Oui, tu n'as plus besoin de moi. Mon boulot, c'est de t'aider à te comprendre, non ? Le reste, je peux pas grand chose.
      - Merci pour tout. Tu repasseras ?
      - Tant que tu m'auras pas remplacé par une quelconque thérapie."

      Hari se réveilla sur son fauteuil de bureau. La page word qu'il avait laissé blanche, faute d'inspiration, était désormais recouverte d'un dialogue qu'il était certain d'avoir eu pendant son sommeil. Il se souvenait des moindres détails, mais impossible de mettre un visage ou un nom sur son interlocuteur. Pas besoin de visage, de toute façon. On peut très bien faire sans.

      Merci à Kassydy

      Fear sucks the senses like a leak, feast upon the emptiness that is increased
      All you need is time, but time recedes behind

      Doomsday Afternoon - Phideaux

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    • Bon premier constat tu fais vraiment une fixette sur l'amour :D

      Je trouve la 1ère partie du poème largement inférieure à la 2nde, tu passes d'un truc mi-rap mi-philosophique assez maladroit à quelque chose de plus romantique et c'est pas plus mal. Mais en fait y a juste la dernière strophe que je trouve vraiment bien.

      Le 2ème texte correspond parfaitement à l'idée que je me fait de toi :love:
      Par contre t'as pas l'air doué pour faire des dialogues, ça ressemble beaucoup à "-Ah, tu est là ? -Oui je suis là"

      Le 3ème me confirme cette impression :P
      On a limite l'impression que c'est la suite du 2ème tellement les idées sont identiques ^^
      Mais je suis toujours fan de ton exploration de la (ta ?) psyché.
      Tous ceux qui prient pour qu'il existe encore
      Une vie avant la mort
    • Ce que j'adore avec toi Kay, c'est que tu lis en moi comme dans un livre ouvert.
      Effectivement pour le thème de l'amour je suis pas mal là dessus ces derniers temps... Surtout dans ce que je publie ici, la majorité de mes écrits du moment étant surtout composée de daube introspective, je me vois mal vous infliger cela. ^^

      Les dialogues je suis d'accord avec toi, j'avais essayé de bosser ça pour le dernier texte, mais visiblement c'est pas au point... Je vais retravailler ça à l'avenir alors, j'ai rarement eu l'occasion de m'y frotter donc je manque d'expérience dans ce domaine.

      Pour ce qui est de l'exploration, c'est bien ma psyché... J'ai déjà suffisamment de mal à comprendre ce qui s'y passe pour prétendre m'attaquer à celle des autres. :D

      Un petit poème pour la route du coup, qui est plus ou moins la suite des deux derniers postés, qui comme tu l'as remarqué sont liés par le thème.

      Ton visage dans la pénombre
      Laisse présager un avenir sombre
      Je ne puis distinguer tes traits
      Pour mériter ça qu'ai-je donc fais ?

      J'ai peur d'avoir tout oublié
      Le son de ta voix, la douceur de ta peau
      Je ne l'ai jamais su, je ne puis l'oublier
      Ma mémoire ne me fait pas défaut

      Nuits après nuits mes rêves me tourmentent
      Je ne sais plus quoi penser
      Mes songes s'effondrent dans une tempête violente
      Mais tu es à mes côtés

      Je ne te vois pas, mais sens ta présence
      Un seul regard serait une joie immense
      Rien ne compte plus, tout est pour le mieux
      Le matin arrive, et j'ouvre les yeux

      Cruels démons qui veillent sur notre sommeil
      Pour torturer vous n'avez pas votre pareil
      Chaque rêve nous rapproche du bonheur
      Chaque réveil nous plante un pieu dans le cœur

      Peut-être un jour, qui sait, je conjurerai le sort
      Un pas vers l'aventure, plutôt que vers la mort
      Je ne veux pas souffrir, mais ai-je au moins le choix ?
      Je me dis qu'après tout, je souffre bien déjà...

      Merci à Kassydy

      Fear sucks the senses like a leak, feast upon the emptiness that is increased
      All you need is time, but time recedes behind

      Doomsday Afternoon - Phideaux
    • Les poèmes, j'aime pas. Même si on suppose le vécu derrière qui donne la sincérité, c'est beaucoup trop cliché, que ce soit dans le fond ou la forme.
      Les dialogues sont intéressants, mais tu te perds, comme si tu savais pas où tu voulais en venir, ou que tu sais pas comment y venir.
    • Elista wrote:

      C'est tellement beau (tout comme toi).

      J'allais dire tout le contraire. C'est bizarre..

      Pour pas être HS : Ton poème on dirait une répétition de façon différente du premier/second paragraphe dans tous les autres. J'accroche pas, tu me séduiras pas comme ça malandrin !

      /me viole Hari.



      Hold fast to dreams
      For if dreams die
      Life is a broken-winged bird
      That cannot fly.