Pinned Cérémonie de la Plume d'Or 2014 / Galerie des Textes

    • Cérémonie de la Plume d'Or 2014 / Galerie des Textes

      En cette soirée de Décembre, la nuit est fraîche.
      Néanmoins, la foule s'accumule devant les Odyssées, bravant le froid, pour assister à cet événement.
      Comme chaque année à cette période, a lieu la cérémonie de la Plume d'Or. Et comme chaque année, l'affluence est au rendez-vous.

      Ils sont venus voir ces Héros de la Plume qui les ont émerveillés tout au long de la compétition.
      Ces artistes auront su, à travers de simples mots, toucher le cœur de chacun des lecteur. Offrant ainsi un véritable festival d'émotions à travers leurs histoires. Des rires, des larmes, du suspens, de la surprise, de la douceur, de l'effroi...et bien plus encore.
      La Plume est plus forte que l'Epée dit-on. Alors nos participants ont livrés de véritables batailles pour atteindre leur rêve. Ce mythe tant convoité : le titre de Plume d'Or !

      De nombreuses rumeurs circulent sur ce trophée.
      Certaines disent qu'un Roi, dans un élan de bonté tout aussi généreux que démesuré, aurait fait couler en or massif une Plume d'Or géante...d'autres que ce précieux descendrait directement de l'Olympe, cadeau des dieux eux-mêmes, pour remercier les mortels du spectacle. Une dernière parle d'une plume de Phoenix qui aurait tant brillé jusqu'à l'incandescence qu'elle se serait transformée en or !
      Mais qu'importe la réalité. La Plume d'Or est par essence un hommage aux rêves, mythes et légendes !

      Cette année, la compétition fut des plus rudes.
      Le niveau offert par nos participant étant des plus élevés avec des textes de grande qualité !
      Le suspens aura tenu l'ensemble des lecteurs jusqu'à la fin.
      Et dans cette finale à quatre, aucun n'a démérité. Entre Hari_Seldon, Gabriele Micaelis, -Lylie- et Sire Elroy, tous ont proposé des textes dignes de l'événement !

      Mais à la fin, il ne doit en reste qu'un, telle est la dure règle de la Plume d'Or...et ils le savent.


      Tex, l'organisateur de l’événement et détenteur du titre s'avance pour le discours :
      « Mesdames et messieurs, je vous remercie d'être venu si nombreux cette année encore afin de permettre à ce tournoi de resplendir toujours plus et l’art de l’écriture avec lui !
      Je tiens particulièrement à remercier tous les participants qui se sont présentés pour prendre part à cette aventure formidable. Vos textes ont été d’un niveau exceptionnel ! Pour ces lectures et les moments de plaisir, au nom de tous les lecteurs, merci !
      Malheureusement, même si aucune de vous ne l'a démérité, vous le savez, il ne peut y avoir qu'un gagnant.

      "A la quatrième place, termine Hari_Seldon"
      Des applaudissements accompagnent l'annonce, félicitant l'auteur de sa performance.

      "A la troisième place du podium, nous retrouvons Gabriele Micaelis !"
      De nouveaux des applaudissements accompagnent l'annonce pour remercier le participant.

      "A la seconde place, nous retrouvons le vainqueur du Trophée Pégase et amateur des rimes, Sire Elroy".
      Un tonnerre d'applaudissement se fait entendre pour féliciter l'auteur et montrer à quel point il est apprécié par tous dans cette section !

      "Et enfin, pour terminer...Dame -Lylie- remporte avec son texte le trophée de la Plume d'Or !"
      Sur la place, la foule acclame la gagnante, nouvelle championne de la section, tandis que Tex lui apporte de ses mains le trophée.

      "Pendant une année il sera vôtre. Portez fièrement ce titre, vous le méritez. Faites lui honneur à travers les duels que vous relèverez et les concours auxquels vous participerez...vos textes seront désormais gage de qualité ! Pendant une année, votre nom brillera tel l'or de ce trophée....jusqu'à que ce trophée soit remis en jeu.
      Croyez-moi, savourez chaque moment que vous offre cette Plume. Vous êtes désormais LA Plume d'Or !"

      Suite à ce discours, durant toute la nuit le nom de la championne se répandit à travers les Odyssées, gagnant même les autres sections du forum.
      A l'aube, reprendra le quotidien...mais d'ici là, la fête bat de son plein pour célébrer l'événement.
      La fête annuelle qui fait vibrer les Odyssées !


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      Août 2015 - Jeux de l'été ! Venez Bronzer ! (LIEN )

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    • Pour ceux qui souhaiteraient avoir accès aux Cérémonies des éditions précédentes :
      Cérémonie Plume d'Or 2012
      Cérémonie Plume d'Or 2013


      Et voici donc le classement final de cette édition :

      1. -Lylie-

      2. Sire Elroy

      3. Gabriele Micaelis



      Finalistes :
      -Lylie- => Ses œuvres
      Sire Elroy => Ses œuvres
      Gabriele Micaelis => Ses œuvres
      Hari_Seldon => Ses œuvres

      Demi-Finalistes :
      Laozor => Ses œuvres
      SAXO63 => Ses œuvres
      Kayvaan => Texte 3 Groupe D (pas de rendu en demi)
      V-Max => Texte 2 Groupe B (pas de rendu en demi)

      Quart de Finalistes :
      Rhydysann => Texte 1 Groupe C
      Tempete => Texte 1 Groupe D
      Lapythie => Texte 1 Groupe B
      Berte51 => Texte 4 Groupe D
      Calvin => Texte 2 Groupe A
      NCB => Texte 4 Groupe B
      MssMissy13 => Texte 4 Groupe A


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    • Textes de -Lylie-

      Texte Finale

      Une dernière danse, un soir au clair de lune


      La nuit est douce et bien avancée.
      Marc est assis sur la plage, face à l’océan, pensif.

      Son amie Claire, est couchée sur le sable, les yeux fermées, dans sa belle robe de soirée.
      Mais près de ce feu de camp, perdu dans ses pensées solitaires, une bouteille de vodka bien entamée à ses côtés, il a l’impression d’être seul au monde. D’être le dernier survivant de l’humanité. Ca lui fait du bien. Il se laisse bercer par le son irrégulier des vagues tout en sentant les embruns de l’eau salée sur son visage. Aucun autre bruit ne vient troubler ce tableau.

      Il sort de se veste un paquet de cigarettes, mais en voyant l’indication « Fumer tue », il ne peut s’empêcher de sourire. Il lève les yeux vers le ciel. C’est la pleine lune, les étoiles brillent dans le ciel. Tout est parfait.
      C’est son moment à lui…son instant d’éternité.

      Les yeux sont rouges, il pose un dernier regard sur son amie. Tellement paisible et innocente, endormie ainsi sur la plage dans cette belle robe bleue. Elle est sublime.
      Tandis que des larmes coulent sur ses joues, il prend alors le revolver posé à côté de la bouteille. Et sans hésiter, se tire une balle dans la tête.



      --------------------------------------------------


      Claire pose une main sur l’épaule de Marc, assis à côté d’elle, le tirant ainsi de ses rêveries et le faisant légèrement sursauter.
      « Toi, tu étais encore parti ailleurs » lui dit-elle en riant.
      Il la regarde, ayant pour seule réponse un sourire, en guise d’aveu. Pas comme si c’était la première fois que ça lui arrivait, ni qu’il se faisait attraper.
      « Cette capacité à laisser ton esprit voguer. Je me demande parfois à quoi tu penses quand tu fais ça » continue t’elle légèrement.
      « En fait, pas à grand-chose. Ou justement à rien. Plus une façon de faire le vide…ça me fait du bien, c’est tout »
      « Comme pour te déconnecter de ce qui t’entoure. De t’évader pour ne plus rien ressentir… » conclut Claire d’une voix plus sérieuse tout en fixant l’horizon.

      La soirée est déjà bien entamée. La nuit recouvre le ciel de son sombre manteau parsemé d’étoiles. L’on aperçoit déjà la lune, pleine ce soir, briller au loin.
      Seuls sur cette plage, blottis l’un contre l’autre, les amoureux fixent l’horizon. Ils profitent, immobiles, du moment présent tout faisant face à leur avenir. Un avenir tout tracé.
      Leurs vêtements dénotent tout de même avec le décor. Elle, dans sa belle robe de soirée bleue, et lui dans son costume trois-pièce. Habillés pour cette occasion si spéciale, cette soirée au clair de lune.
      Claire finit par rompre l’instant figé de ce tableau. Elle cherche dans son sac à main une boite de comprimés. Puis, se tournant vers Marc.
      « Passe-moi la bouteille s’il te plaît»
      Marc s’exécute, sans broncher, il lui tend une bouteille de vodka.
      « L’heure est venue. Tu es prêt ? » lui demande t’elle.
      Il prend une grande inspiration.
      « Tu es certaine que tu veux ça ? »
      Elle lui jette un regard sévère.
      « On en a déjà discuté. Il n’y a plus à hésiter…ni à faire demi-tour. »
      Claire vide la boite des comprimés avec une gorgée d’alcool. Et ajoute dans un petit sourire en coin : « Et je veux que ce soit avec toi »
      Il la regarde fixement, et ne sait que penser de ce sourire. Jamais il ne l’avait vu comme ça, aussi sûre d’elle, aussi…vivante. Quelle ironie.

      Sans un mot, il se lève, tendant la main à son amie pour l’aider.
      Une fois face à lui, il la prend dans ses bras et l’embrasse tendrement.
      Et sans un mot, ils se mettent à danser au clair de lune.







      Et tandis qu’ils dansent, les yeux dans les yeux, ils se sentent libres, éternels. Claire sourit, une légère larme coule au coin de son œil. Jamais elle n’a été aussi heureuse. Jamais.
      Marc le ressent, et cela le comble de joie. Cette danse, c’est pour elle. C’est son cadeau d’adieu, sa preuve d’amour.

      La vie n’est pas un long fleuve tranquille, c’est un fait. Mais pour certains, elle ne fait clairement pas de cadeau. Pour Marc, c’est la maladie orpheline dégénérative. Bientôt il ne sera plus lui-même…déjà, certains mouvements deviennent douloureux, même la nuit quand il dort. Petit à petit son corps le trahit et l’abandonne et il ne peut rien y faire. Une bataille perdue d’avance.
      Pour Claire, c’est la vie tout simplement…une enfance volée, marquée par des violences et des horreurs. Ses poignets portent les traces de sa volonté de s’enfuir de cette réalité. Les cauchemars à répétitions le stress, la peur…le simple fait de respirer semble la faire souffrir à l’intérieur.

      Ils ont cherchés par tous les moyens à aller mieux, à consulter divers spécialistes et groupes de soutient, à se promettre que demain sera un jour meilleur. Mais rien n’y fait…
      Ils ont juste alternés les mauvais moments et les très mauvais. L’espoir les a rongés, n’ayant que pour seuls résultats à leurs tentatives la déception.

      En fait, ils sont juste fatigués. Fatigués de vivre cette vie dont il n’ont pas voulu, des ces jours qui se suivent et se ressemblent. Ils veulent juste pouvoir s’endormir un peu, tout oublier, et ne plus ressentir cette douleur qui gronde en eux. A quoi cela sert-il de se battre quand on sait que l’on ne gagnera pas ? Quand on sait que cette défaite sera synonyme de souffrances ?

      Ils ont alors fait un choix. Ils ont décidés de partir ensemble. Pour que ce geste devienne moins égoïste envers l’autre, pour que jusqu’à la fin, ils soient ensemble. Chacun à sa façon profitant ainsi du dernier moment avec l’autre.

      Claire a préféré vaincre le mal par le mal. Tous ses médicaments qu’on lui a prescrit sans résultat, seront sa délivrance. Petit à petit, dans cette danse, ces pas se font maladroits, ses yeux se ferment. Mais, elle décide de se battre encore un peu…pour que la chanson finisse. Et lorsque son corps devient trop lourd, que ses jambes ne la tiennent plus, elle tourne son regard vers le visage de Marc, son ultime et véritable amour.
      Et dans un sourire glisse ce soupir « Je t’aime ».

      Marc, les larmes aux yeux, soutient le corps inerte de son amie. Il la dépose délicatement au sol. Il la fixe, lui passe une dernière fois la main dans les cheveux, relevant ainsi une mèche rebelle. Elle qui était si fragile et fébrile mentalement était devenue si forte et si courageuse ce soir. Pour la première fois depuis longtemps, il le savait, elle avait été heureuse.

      Désormais, c’est à son tour. Lui n’a pas choisi l’option des médicaments. Il veut que le geste soit volontaire, réalisé par ce corps qui se détériore au fil du temps. Il veut se prouver à lui-même que cela, il en est encore capable physiquement, sans trembler. Il sort d’une sacoche un revolver et le pose à côté de lui.

      Il prend une grande inspiration.

      La nuit est douce et bien avancée.
      Marc est assis sur la plage, face à l’océan, pensif.
      Il se remémore cette danse au clair de lune. Cet instant d’éternité où ils étaient tous les deux heureux, libres….et éternels.



      Pour toi…et le plaisir de pouvoir danser juste une fois, une toute dernière fois, un soir au clair de lune





      Texte Demi

      Un Amour Pur et Innocent

      Cela fait plus d’une heure que je suis là, dans cette pièce sombre. L’odeur, le sol crasseux, et les murs vieillis y mettent une atmosphère oppressante. Assis sur cette chaise métallique, froide et inconfortable, je suis face à eux. Mais, apeuré, les larmes aux yeux, je garde la tête baissée. Je n’ose soutenir leurs regards.

      L’un d’eux s’impatiente. « Il faut en finir » dit-il.
      Sans relever la tête, je regarde autour de moi. Comme pour trouver de l’aide. Mais dans cette salle lugubre, il n’y a personne qui peux comprendre ce que je ressens.

      Alors, sous la pression, je finis par craquer. Dans un sanglot je lâche ces terribles mots. :
      « Je l’aime »

      Telle est ma déclaration.
      Je ne l’avais jamais avoué. Et là, je me sens plus léger…Ce poids qui me rongeait a disparu. J’accepte ce que je suis, ce que nous sommes. Mais en voyant le regard de ces hommes, je comprends que toute cette histoire va mal se terminer. Alors, pour me donner du courage, je pense à lui.

      Il a les cheveux châtains et les yeux noisettes. Un sourire étincelant.
      Quand je suis avec lui, j’oublie tous mes soucis.


      Je me souviens de notre première rencontre. Un hasard ? Ou bien était-ce déjà un signe du destin ?
      Une collègue de mon père était passée un après-midi à la maison pour finaliser un dossier urgent pour le boulot. Ne pouvant faire autrement, elle était venue avec son fils, Damien.

      Je n’aurai pas dû être là, mais dehors avec mes amis. Mais finalement, je suis resté…
      Pendant que nos parents travaillaient, nous avons passés l’après-midi ensemble. A sourire, à jouer, à nous amuser… Nous avons eu des regards joyeux, des échanges malicieux. Nous nous sommes embrassés. Il aimait ça…et moi aussi. Je chéri encore ces premiers instants.

      Depuis ce moment, je garde toujours avec moi une photo de lui dans la poche intérieure de ma veste…près de mon cœur.

      Il a les cheveux châtains et les yeux noisettes. Il s’appelle Damien.
      Quand je suis avec lui, je ne sais plus qui je suis.


      « Vous essayez de nous faire croire que c’est de l’amour ? »
      Les larmes coulent toujours sur mes joues. Je serre les dents.
      Oui, ça en est ! De l’Amour pur, innocent et réel ! Depuis que je l’ai enfin avoué, je me sens libéré.
      Libéré des ces moments volés, de cette culpabilité qui me rongeait à chaque foi que je le voyais, que je pensais à lui…Je les regarde, implorant leur pitié :
      « Je ne peux pas m’en empêcher »

      L’un d’eux s’énerve :
      « Mais vous ne comprenez pas que ce genre de chose n’est pas naturelle !!! Vous êtes un homme, et lui… » Il ne finit pas sa phrase. Comme dégouté par cette atroce vérité.

      Il a les cheveux châtains et les yeux noisettes. Une beauté innocente.
      Quand je suis avec lui, j’oublie que c’est interdit.


      Après notre première rencontre, tous les jours je pensais à lui. A ces moments partagés gardés secrets. Au début, je savais que c’était bizarre. Que je devais à tout prix me retirer ces idées de la tête. J’ai passé plusieurs soirées en sueur et tremblotant avec sa photo, la serrant contre moi, et me maudissant de ce que j’étais. Mais je n’y arrivais pas…plus j’essayais, plus j’en souffrais.

      J’avais l’impression de le voir à chaque coin de rue. J’étais devenu un accro totalement en manque. J’espérais tellement ressentir à nouveau la douceur de sa peau, accepter ses gestes, ses sous-entendus…

      J’ai fini alors par me convaincre qu’il n’y avait rien de mal à tout cela. Que ce que je ressentais pour lui était pur. Alors, tous les prétextes devinrent bons pour le retrouver. Ce ne fut pas toujours facile. Il ne fallait pas que nos parents aient des doutes sur notre relation. Ils ne pourraient pas comprendre.

      J’en suis arrivé à le suivre pour me savoir proche de lui. Je finissais par toujours me retrouver, comme par hasard, aux endroits qu’il fréquentait. Je le retrouvais au parc, ou à la sortie de son école…Sa mère nous a même laissé seuls un après-midi chez elle. Elle était heureuse que nous nous entendions bien ensemble.

      Et nous…nous nous sommes aimés.

      Il a les cheveux châtains et les yeux noisettes. Il a la pureté d’un ange.
      Depuis que je suis avec lui, j’ai appris à aimer.


      Aujourd’hui, je sais bien que plus jamais je ne reverrai Damien. Je sors de ma veste cette photo à laquelle je tiens tant. Je la sers entre mes doigts. Je finis par l’embrasser.

      Devant ce geste d’amour, l’un des inspecteurs, plein de colère, me l’arrache des mains.
      « Comment avez-vous pu lui faire ça ? » me lance t’il.

      « Je ne lui ai pas fait de mal. Il est…il a la peau si douce. Il voulait que nous le fassions »
      « Il le voulait ??!! »
      « Oui ! C’est lui qui a commencé…il m’a regardé… il…» dis-je pour essayer de me justifier.
      « Mais bordel c’est un gamin !!!! Un gamin vous comprenez !!!! »

      L’inspecteur de police ne peut contenir sa rage. Il me jette à la figure la photo. Celle avec un petit garçon de 7 ans aux cheveux châtains et aux yeux noisette…la photo de Damien.

      Il a les cheveux châtains et les yeux noisettes. Il ressemble tant à un ange.
      Mais depuis que je suis avec lui, ce n’est plus un enfant innocent.





      Texte Quart


      Souvenirs déchirés

      Je garde en moi tellement de souvenirs.
      Ceux d’une famille heureuse, pleines de sourires. J’étais une petite fille qui ne voulait pas grandir. A cet âge qui le voudrait ? Des beaux jours que je voulais pas voir partir. Des souvenirs heureux….


      Aujourd’hui, bien des années ont passées...
      Ces jours merveilleux sont parti et moi j’ai grandi.
      Je me vois en train de faire ma valise, presque machinalement, perdue dans mes pensées. La gorge sèche, je me demande ce que dois emporter. Est-ce que je dois même vraiment y aller ?
      Et en rangeant mes affaires, je retrouve ce vieux souvenir oublié. Cette photo que j’ai conservée.
      Ce coup de fil était-il vraiment réel ? Ce passé enfoui qui a décidé de m’étouffer.

      Je garde avec moi cette photo pleine de souvenirs.
      Des vacances en famille, un bonheur partagé. J’ai grandi aimée dans des bras enlacés .Le doux rêve d’une cette enfance bénie.

      Aujourd’hui bien des années ont passées…
      La photo a vieillie, le rêve a terni.
      Je regarde cette photo usée par le temps. Reflète t’elle la réalité que j’ai vécu ? Ou est-ce le doux rêve que je veux entretenir ? Mes premières larmes coulent sur mon visage. L’émotion est trop forte.
      Ce passé que j’ai oublié obsède désormais mon présent.

      J’ai avec moi cette photo incomplète
      Figée dans le temps, qui lui ne nous a pas oublié. Ma mère est décédée il y a bien longtemps. Où était cet homme quand cela est arrivé ? A-t-il comme sur cette photo était toujours absent ?

      Aujourd’hui bien des années ont passées….
      J’ai appris à grandir sans cet homme…sans ce père.
      Je me rappelle que n’ai jamais su pourquoi il avait disparu. Mais je sais que je n’ai jamais voulu savoir pourquoi il était parti. Un passé sans question, un présent sans aucune réponse.

      J’ai en moi ce vide que je ne peux combler.
      Je l’ai rempli de rêves et de souvenirs. Masquant la réalité. Des mensonges pour mieux me préserver. Mais tout comme la photo, ces souvenirs sont déchirés.


      Aujourd’hui bien des années ont passés…
      Mais c’est bien moi que l’on a appelé.
      Présente sur ce morceau de papier…sur ce testament. Pourquoi donc ? Assise dans une église, j’assiste à l’enterrement d’un inconnu que je dois appeler papa….c’est trop dur. Pourquoi la réalité n’est-elle pas restée figée ?

      Je n’ai plus avec moi cette vieille photo.
      J’ai préféré la lui confier, pour l’éternité. Moi, je vivrai avec ces souvenirs, ce rêve emprunt d’une réalité effacée…


      Aujourd’hui bien des années ont passées…
      J’ai devant moi un souvenir déchiré…Un cercueil que l’on va enterrer.
      Cette fois c’est la réalité que l’on enfoui, et ce souvenir que je devrai conserver. Et c’est à moi, de tout recoller….


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      Août 2015 - Jeux de l'été ! Venez Bronzer ! (LIEN )

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    • Textes de Sire Elroy

      Texte Finale


      Terreur au Clair de Lune

      Elle court !
      A travers les fourrés, les troncs couchés, les fougères… elle court !
      Sans se retourner, sans regarder derrière elle, elle court !

      Son seul salut ? La fuite sans fin…
      Ses seuls alliés ? Les quelques rais de lumière diffuse qui traversent la frondaison et lui montrent le chemin… toujours un pas plus loin…
      ______________________

      Tout avait commencé, il y avait quelques heures à peine et pourtant cela semblait déjà faire une éternité. L’air était doux alors, le soleil venait de disparaître derrière la forêt alentour et le village était serein. La lune, ronde et bienveillante, veillait sur les hommes et sa lumière douce et apaisante rassurait les femmes et les enfants.

      Des hurlements lointains se firent entendre…


      Et puis, elle est arrivée… Une bête immonde aux yeux de braises injectés de sang. Une terrifiante créature au souffle fétide. Là, l’espace d’un instant, le monde entier s’est arrêté. Et, après le silence, tout s’est accéléré d’un coup ! Les cris des hommes qui s’arment. Ceux des femmes qui courent dans tous les sens à la recherche des enfants et d’un abri. Les atroces grognements du monstre. Les torches enflammées qui découpent des ombres gigantesques sur les murs des maisons. Les lames aux lugubres reflets lunaires. Les premiers coups de feu. Et les cris, toujours ses cris !
      Apeurée, elle est d’abord restée inerte, immobile, paralysée par la peur… quelques secondes qui parurent des heures. Puis elle s’est mis à courir, changeant de sens à chaque obstacle, jusqu’à en perdre le sens de l’orientation… jusqu’à ne plus reconnaître ce village qui était le sien depuis sa naissance… jusqu’à trouver une porte et s’engouffrer dans l’obscurité d’une pièce. Inconsciemment, elle referma la porte sans regarder dehors et s’assit, prostrée, adossée à cette maigre frontière de bois entre elle et l’horreur, protégeant, contre son sein, ce qu’elle devait sauver !

      Alors que ses pupilles s’habituaient peu à peu à l’obscurité, elle comprit vite que son salut ne résiderait que dans son silence… aucune issue, aucune possibilité de se défendre. Elle ferma les yeux, serra un peu plus fort son trésor contre elle et tenta de calmer sa respiration, d’atténuer sa peur… L’image de son père lui revint à l’esprit ainsi que ses paroles : « La bête sent la peur ! C’est elle qui l’attire à sa proie plus que toute autre chose. » Un petit bruit la tira de ses pensées ; dissimulée dans un autre coin de la cahute, une silhouette ! Celle d’un homme de la tribu… un guerrier ! Mais l’homme n’était plus lui-même, recroquevillé, il tremblait, scrutait sans cesse les moindres recoins de la pièce… Étrangement, il semblait pourtant ne pas la voir…

      A l’extérieur, les cris se poursuivaient, ponctués de quelques coups de feu hasardeux et de chocs et craquements difficiles à identifier… Les secondes semblaient des heures… à moins que ce ne soit les heures qui passaient aussi vite que les secondes ? Heureusement, la lueur blanchâtre de la lune semblait peu à peu laisser place à une lumière plus chaude plus rassurante… le jour était-il sur le point de se lever ? Emportant avec lui le fléau ? Mais une odeur âcre s’insinuait pourtant dans la pièce. Son esprit s’affolait et semblait vouloir lui faire comprendre que le danger restait omniprésent… mais elle ne comprenait pas. Tournant la tête, elle s’aperçut que l’homme n’était plus prostré. Il s’était approché de la fenêtre et semblait observer fébrilement dehors par le volet entrebâillé. Un calme précaire semblait s’être installé, les bruits étaient plus diffus, plus éloignés… la fin du cauchemar ?

      Mais soudain le précaire volet de bois vola en éclats ! Une patte énorme ! Des griffes acérées ! Elles happèrent son compagnon d’infortune ! Le bruit des chairs qui se déchiraient ! Des os qui craquaient ! Elle n’oubliera jamais ! Et, l’espace d’une seconde, de nouveau ce silence… Et ce corps démembré qui chutait lentement… trop lentement… Le temps n’avait plus court. Seules deux billes brillantes se détachaient dans l’encadrement de la fenêtre… deux yeux ou se reflétaient les flammes de l’enfer… Sa peur était telle qu’elle ressentait même leur chaleur sur sa peau ! Et le monstre était là devant elle, à quelques pas à peine… lestement, il avait franchi l’ouverture. Mais étrangement, il semblait hésiter ; il tardait à donner ce coup de grâce qu’elle attendait… et cette chaleur qui ne faisait qu’augmenter ! Subitement, son esprit reprit le dessus : cette chaleur ! Le feu ! Tout l’arrière de la cahute était désormais en flammes et quelques branches du toit commençaient même à se détacher et à parsemer le sol à ses pieds. Sans réfléchir, elle en attrapa une et la pointa vers la bête. Celle-ci, esquissa un pas de recul… elle avait peur ! Jouant de son arme improvisée elle tenta de contourner la bête pour la repousser du côté de la porte tandis que le feu mangeait de plus en plus cette cabane où elles se trouvaient. Elle commença à enjamber la fenêtre, sans jamais quitter des yeux la masse imposante qui la fixait en retour. Et soudain, la bête balaya toutes ses craintes devant le danger imminent et se jeta sur la fenêtre pour sortir à son tour ! Basculant en arrière, la jeune femme ressentit une vive douleur à la jambe tandis que le toit ardant s’écroulait sur le corps a demi sorti de son ennemi qui s’ébrouait et s’acharnait à s’extirper de ce brasier.

      Sans demander son reste, elle ramassa alors aussi vite que possible ce paquet auquel elle tenait tant puis elle courut devant elle… droit devant elle… vers la végétation dense de cette forêt qui la dissimulerait peut-être…

      Des hurlements lointains répondirent à ceux de la bête… comme un écho.
      ______________________

      Elle court !
      A travers les fourrés, les troncs couchés, les fougères… elle court !
      Sans se retourner, sans regarder derrière elle, elle court !

      Son seul salut ? La fuite sans fin…
      Ses seuls alliés ? Les quelques rais de lumière diffuse qui traversent la frondaison et lui montrent le chemin… toujours un pas plus loin…
      ______________________


      La voilà donc dans cette forêt si dense qu’elle manque de chuter à chaque enjambée. Elle court droit devant elle… enfin le plus droit possible ! Contournant un tronc ici, passant sous un arbre déraciné par là… disparaissant sous les fougères géantes un instant pour réapparaître au sommet d’une butte… Elle avance, coute que coute. Elle doit mettre le plus de distance possible entre elle et le village.
      Elle espère… elle prie… mais elle sent, elle sait qu’il la poursuit. Elle l’a vu dans son regard juste avant de fuir. Cette ombre noire qui se coule dans les branches au-dessus d’elle ? Ne serait-ce pas lui ? Elle accélère encore davantage malgré la douleur qui irradie dans sa jambe meurtrie. Elle s’arrête à l’orée d’une clairière baignée par la lumière blafarde de cette lune qui pourrait la trahir à chaque instant, elle réajuste son sac en tissus de fortune qu’elle porte en bandoulière sur son ventre puis, prenant une grande inspiration, elle se jette à corps perdu à travers les herbes folles. Deux minutes de course, peut-être trois, qui lui paraissent des heures et voilà enfin à nouveau l’orée de la forêt. Une fois la première rangée d’arbre passée, elle s’arrête quelques secondes pour récupérer ce souffle qui lui manque de plus en plus… L’endroit est calme et rassurant, on croirait presque sentir des effluves de miel parmi les parfums des fleurs. Mais un grognement et un mouvement, non loin sur la droite, la tirent de ses pensées ! Est-ce le même ? Peut-être pas ? Mais pas le temps d’y penser ! Elle reprend donc sa course folle à travers bois. Le terrain se raidit de plus en plus… la course devient difficile… la douleur s’amplifie et résonne dans tout son corps désormais ; chaque pas est une souffrance ! Elle n’en peut plus… mais elle doit avancer. Pour elle… Non ! Pour lui !

      Et ces mêmes hurlements qui raisonnent encore… moins loin semble-t-il.

      La fatigue s’impose désormais. Depuis combien de temps court-elle ainsi à travers bois ? Qu’est devenu le village ? A-t-il brûlé ? Et le monstre ? Il est toujours à sa poursuite… elle le sait… elle le sent. Il s’est échappé du brasier ; il a senti son trésor… il le veut pour lui ! Elle doit courir ! Elle ne peut plus courir…
      Désespérée, elle grimpe un dernier amas de rochers. Les larmes dans les yeux, elle se défait de son baluchon et le dépose avec son trésor au creux d’une roche couverte de mousse. Elle l’embrasse et la voix tremblotante prononce ces dernières paroles, formule magique d’une mère à son enfant : « Vis mon fils… tu es Mowgli le fils d’homme ! Tu seras un grand dans cette jungle et tu vaincras le Shere Khan ! » Puis se relevant, elle se tourne vers cette lune et la conjure de veiller sur son enfant.
      Quelques instants après, dans un dernier accès de courage, elle s’enfuit encore plus vite ! Il n’y a plus de douleur, il n’y a plus de crainte… il n’y a plus que la volonté de protéger cet enfant en s’en éloignant le plus possible !

      ______________________

      Elle court !
      A travers les fourrés, les troncs couchés, les fougères… elle court !
      Sans se retourner, sans regarder derrière elle, elle court !

      Son seul salut ? La fuite sans fin…
      Ses seuls alliés ? Les quelques rais de lumière diffuse qui traversent la frondaison et lui montrent le chemin… toujours un pas plus loin…

      Elle sait qu’elle ne le reverra jamais.
      Une imperceptible ombre la suit de près désormais…
      ______________________

      Juste au-dessus de l’amas de roches… une créature s’approche, suivie d’une seconde… puis d’autres plus petites… toutes s’échangent quelques gestes de tendresse… puis levant la tête vers la lune elles poussent à nouveau de longs hurlements plaintifs…




      Texte Demi


      Nuits de cauchemars


      Couchée dans son lit, elle tourne sur elle-même… elle se tourne et se retourne…
      Terrible nuit !
      Elle est couchée… il n’y a plus de bruit dans la maison…
      Trop de crainte que cela ne recommence ! Trop de souffrance !
      Elle n’arrive pas à dormir…


      Mais quand cela va-t-il finir ?
      Depuis des semaines, toutes les nuits, le même sujet de cauchemar !

      Tout à commencer quelques jours après que j’ai enfin décroché un boulot. Il était temps d’ailleurs ! Seule, au chômage, avec les enfants cela commençait vraiment à devenir difficile…

      La première nuit ? Un rêve ! Bien installée derrière mon comptoir en pimpante réceptionniste trentenaire pleine de bonne volonté ! Des collègues sympas et un patron bienveillant, prévenant même. Mais un je ne sais quoi de perturbant… un peu comme une imperceptible amertume à la fin d’une cuillère de confiture…

      La nuit suivante, le même comptoir, les mêmes collègues, le même patron charmant, souvent présent… peut-être un peu trop d’ailleurs… « Mais non, tu divagues ! », me disais-je !

      Chaque nuit, le tableau s’est peu à peu assombri… les collègues se sont éloignés… et mon patron s’est rapproché. Ce n’était pas clair, pas tangible… un ressenti… une impression que quelque chose clochait. Mais quoi ?

      Et puis le cauchemar, a commencé à prendre corps. Ce chef « amical » est, peu à peu, devenu plus entreprenant… la bise à son arrivée… puis à mon départ… Bien obligée ! Je ne voulais pas le vexer ! Et puis, de plus en plus présent derrière mon comptoir aussi… parfois presque « collant » !
      Je ne voulais… je ne pouvais pas lui dire mon malaise… Trop heureuse qu’il m’ait embauchée ! Et en CDI en plus !

      Les nuits suivantes, le rêve affreux s’est encore assombri. Sa main, sur mon épaule… son souffle, sur ma nuque… tandis qu’il m’expliquait des choses qu’il m’a déjà expliquées… cent fois ! A chaque fois que s’ouvrait sa porte, un frisson de dégout tout le long de mon échine. Et les collègues, de plus en plus distants… juste des chuchotements s’arrêtant à mon arrivée pour mieux reprendre dès mon départ.

      Et il y a quinze jours, le cauchemar s’est définitivement installé ! Une réorganisation des espaces « pour plus de convivialité »… et les cloisons sont tombées ! Le voici désormais tout prêt... installé juste derrière moi dans ce hall d’entrée, désormais bien glauque, où flotte perpétuellement son parfum… son odeur… Chaque objet me renvoie son image… Chaque bruit me fait sursauter… Chaque ombre mouvante déclenche chez moi une vague d’angoisse. Dès que nous sommes seuls, le voilà à mes côtés… il n’a de cesse de me toucher… et il cherche de moins en moins à se justifier. Il me dit que je suis jolie… pourtant, plus les nuits passent et plus je me vois laide. Inconsciemment ou volontairement… je me néglige un peu plus à chaque fois… Je ne veux pas qu’il me trouve jolie !

      Hier, il m’a attrapée par la taille alors que je descendais des étages ! « Pour rire », a t’il dit ! Mais je ne joue pas moi ! Ce n’est pas un jeu ! J’ai voulu le gifler mais, heureusement, je me suis retenue ! J’aurai perdu ce travail qui nous fait vivre… S’il n’y avait que moi ! Mais il y a mes enfants… Je ne peux pas ! Je ne dois pas céder ! Il faut que je travaille !
      Et les regards de biais de mes collègues… leur jalousie déplacée qui me perce le cœur… Les « Put… » ou les « Elle n’a pas honte ! » qui s’échappent à mon passage et me cinglent aussi bien que le ferait le fouet du bourreau ! Ils ne veulent pas voir la réalité ! Ils me blessent ! Ils me tuent !

      Cette nuit, l’HORREUR ! Il a osé !!! Il m’a embrassée, dans le cou, par derrière… Prise de hauts le cœur je me suis levée… faisant tomber ma chaise… et j’ai couru vers les toilettes. A ma sortie, il était encore là ! Je n’ai pas eu le temps de réagir qu’il plaquait ses lèvres sur les miennes ! Tentant désespérément de lui échapper je ne faisais que renforcer son étreinte. Ses mains serrant mes poignets, broyant mes chairs ! Ses lèvres courant sur mon visage… dans mon cou…
      Tout en lui me fait vomir ! Tout en moi me fait horreur !!! Une furieuse envie de hurler !!!
      Perdant peu à peu conscience, je sombrais inexorablement… Soudain, le souvenir de mes enfants me secoua et, dans un effort atroce, je pus lui chuchoter à l’oreille : « Pas ici, pas maintenant… demain… dans une chambre… là-haut ». Folle que je suis !!!
      Mais ces paroles eurent pour effet de relâcher immédiatement son étreinte. Il recula d’un pas, un sourire mielleux écœurant aux lèvres, et, dans un dernier baiser soufflé, il repartit du pas tranquille de celui qui sait qu’il a gagné…

      Une nouvelle nuit de passée… Pourvu que jamais ne vienne la prochaine !

      Couchée dans son lit, elle tourne sur elle-même… elle se tourne et se retourne…
      Effroyable nuit !
      De son travail nocturne, lugubre… elle est enfin rentrée ! Les enfants sont à l’école… le soleil est déjà haut…
      Tellement de craintes que cela ne recommence ! Tellement de souffrances !
      Gavée d’antidépresseurs, elle s’endort d’un sommeil agité…

      Une larme coule sur sa joue.



      Texte Quart

      Dans un souffle…


      Tout avait commencé sur le bateau ce matin… Debout sur le pont, le regard fixé sur l’horizon il avait pris le vent de plein fouet, claque vivifiante parfumée d’embruns ! Avec ses camarades d’un jour, il vivait l’instant présent, navigant à vive allure sur les flots de l’océan. Sourires crispés, regards complices, ils n’échangeaient que très peu de paroles, le vent les engloutissant toutes à peine prononcées…

      Enfin une belle matinée pour ce début juin !

      Puis était venu le temps des bousculades dans l’eau ! Tout habillé, dégoulinant et courant parmi les vagues mourantes. Moments intenses où la joie d’être là se mêlait à l’anxiété d’arriver indemne au bout de cette course éprouvante ; car c’était là leur jeu… une bouteille de champagne à qui arriverait le premier sur le sable ! Et ce vent, plus léger mais toujours frais, presque froid, qui le poussait vers le rivage en le mordant un peu à travers ses vêtements trempés…

      Quel plaisir de profiter enfin du soleil après ces jours de pluie sans fin !

      Et le voilà maintenant, tranquillement allongé sur cette plage… Serein parmi les bruits et les cris de tous ceux qui l’entourent, il se repose un peu. Son ami, Edward est couché là, à côté de lui ; il dort déjà. Franck, qui lui tourne le dos, doit sans doute faire de même… D’autres courent encore un peu plus loin mais il ne les entend presque plus.

      Ce sable sous son dos, ce vent qui caresse ses cheveux… des sensations bien agréables enfin !

      Devant son visage, celui de June sa fiancée… Il la regarde tendrement, elle lui sourit. Ils se sont fiancés, il y a maintenant 2 mois par un doux week-end d’avril… il perçoit d’ailleurs encore les douces effluves printanières des arbres fruitiers portées par un léger courant d’air, déjà presque chaud alors…

      Et dire que le mauvais temps reviendra demain !

      Pas grave ! Il profite de ce moment unique et laisse la caresse du vent les envelopper. Il est plus doux d’ailleurs lui semble-t-il… Il ferme les yeux un instant, le visage de son aimée imprimé sur sa rétine, il sourit… et ressent le contact de sa main frôlant la sienne, frôlant sa joue, et passant dans sa chevelure…

      Pourvu que jamais ne finisse cette belle matinée de juin !

      Emporté par le sommeil, il cède à la tentation de Morphée. Son bras retombe mollement sur le côté sa main nonchalamment posée sur son casque… Ses paupières restent fermées… Le vent mourant vient déposer quelques grains de sable sur cette tâche rouge qui s’élargit sur le côté de sa veste kaki… Et, tel le pétale d’une rose blanche portée par Eole, la photo de June s’envole vers les nuées. Dans un dernier souffle, elle survole cette plage d’Omaha et accompagne l’âme du soldat vers un monde de lumière plus beau, plus doux, plus serein...

      Longtemps encore –et sans doute à jamais– se souviendra-t-on de John, Edward et Franck… et de tous les autres tombés, ce terrible 6 juin 1944 au matin...


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      Août 2015 - Jeux de l'été ! Venez Bronzer ! (LIEN )

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    • Textes de Gabriele Micaelis

      Texte Finale


      Dernier clair de Lune

      Un soir, au clair de lune, je suis sorti de ma masure. J’ai gravi la petite colline et dans une clairière me suis assis. Un soir au clair de lune, j’ai appris le sens de ma vie.

      En contemplant le ciel, je me suis questionné sur le sens de ce monde. A chaque jour qui commence, de nouvelles histoires s’écrivent, de nouveaux futurs apparaissent. Tant de mythes entourent et cautionnent notre univers. Dieux et Déesse, Enfer et Paradis s’entremêlent avec l’eau, le feu, la terre et l’air. Les éléments personnifiés prennent part aux panthéons divins. Malgré tous ces savoirs, l’homme s’est toujours posé des questions. Cherchant le sens de son destin. Cherchant la raison de son existence en ce monde. Sa vaine recherche de l’immortalité est le symbole de sa quête de compréhension du temps. L’homme s’est demandé qui il était et pourquoi il l’était. A chaque siècle d’existence, l’espèce humaine amassait de nouveaux savoirs et de nouvelles connaissances. Jamais il n’a pu, malgré les millénaires qui lui furent alloués, ni comprendre l’existence ni ses mystères. Chaque existence et chaque partie de cette Terre contenait un peu de ce savoir. Aujourd’hui malgré tous les savoirs qui sont les miens, il me manque toujours une parcelle de connaissance. A chaque jour de pleine lune, je me retrouve ici, dans ce lieu qui m’a vu naitre. Mais cette soirée à une saveur particulière à mon esprit.

      La Tisseuse vieillit. Ses ouvrages, peu à peu, se distendent et trop souvent l’aiguille tombe de ses mains. Au fil de son expérience, elle a appris à créer des compositions toujours plus irréprochables. Mais son dernier enfantement est un pur chef-d’œuvre. Pour sa naissance, elle lui a fait présent du meilleur. Rassemblant les mémoires de toutes les créatures, elle le fit connaisseur du passé et de ses trames. Androgyne parfait, de sa peau exhalait un doux parfum ambré. Dans ses yeux, on pouvait voir l’univers se dessiner. L’infiniment grand rejoignant l’infiniment petit. Chacune de ses cellules possédant le pouvoir le plus grand que l’on puisse offrir. Celui du don, celui de l’amour. De la joie et de la tendresse. A ses côtés, une grande paix règne. En son esprit règne encore une dernière parcelle de tourments. S’il connait la Vie dans ses moindres détails, la connaissance de la Mort lui est totalement refusée. Assise sur la face cachée de la Lune la Tisseuse regarde le monde.

      De son piédestal, je sais qu’Elle me regarde, et qu’Elle me sourit. La joie aux lèvres, je regarde enfin le golfe qui s’étend devant mon regard. La Lune, charmante compagne, se reflète sur l’onde. A ce moment, une petite brise soulève ma chevelure. Aucun autre son n’est amené à être entendu. Nul oiseau ne chante, nul esprit n’est présent aux alentours. Seul le vent traversant les souches crée une mélodie aérienne. Au-dessus de la mer, les étoiles se répandent, ceinture cosmique de l’Astre de la nuit. Mais aucune ne rivalise avec la clarté de Séléné. Dans cet océan cosmique, elle s’est mariée à Gaya, notre Terre. Jusqu’à la fin des temps, elle n’aura de cesse de tourner autour de ce grand-maître tout de bleu vêtu. Cette belle danseuse d’argent à la courbe parfaite agrémente mes songes. Porté par la magie de cet instant silencieux, enivré par sa simplicité et sa beauté, je rends grâce à ma mère. Déesse de toute chose. Maitresse de mille et mille générations. Genèse ultime de toutes les passions. Moi son ultime innovation.
      En pensant à Elle, j’ai noyé mon esprit dans le gouffre du ciel. Une infinité de monde se meuvent dans l’univers. En apercevant l’étoile filant dans ce ciel d’été, j’ai compris son auspice. La subtile entrée dans l’atmosphère de ce corps-miracle m’est délectable en bien plus d’un aspect. En suivant les coutumes des anciens peuples, j’use une partie du temps qui m’est imparti pour formuler un souhait. Infime lanterne lancée dans le vent. Tentative suprême pour mon rêve d’être entendu. Comme pour souligner ce présage, une comète passa au lointain. Il fut un temps où les comètes annonçaient de grands évènements. Il fut un temps où chaque étoile était une âme. Il fut un temps où chaque chose avait une signification, où chaque vie avait son importance et le respect qui lui était dû. Il fut un temps où nulle guerre n’existait. Ce temps est révolu, mais l’espoir existera toujours.

      En reprenant le fil de mon existence, j’aperçois les délicates réalisations de mes frères. Je me rappelle encore des temps immémoriaux où homme et femmes vivaient ensemble, les uns avec les autres. Sans heurts ni violences. Mais je me souviens aussi des empereurs, des rois et reines, érigeant des royaumes. Sortant de la Terre la pierre, construisant maisons, châteaux, mais aussi armes, pièges et armures. Mille histoires à peine commencées se sont terminées brutalement dans le sang. La Terre s’en est gorgé mille et mille fois. Tout comme ses habitants, elle fut emplie de violence et de haine. Chaque mortel en détruisant un autre, chaque regard devenant menaçant. Les Hommes grondaient et leur haine sourde détruisait tout sur son passage. La blanche colombe fut retrouvée nombre de fois assassinée. Une balle plantée profondément dans son âme. Ses passeurs de lumière se nommaient Mahatma Gandhi, John Fitzgerald Kennedy, Yitzhak Rabin, Sitting bull, Malcolm X… Tant de noms autrefois célèbres. Aujourd’hui simples traces dans mon cœur. La Terre n’a pas oublié leurs noms, mais les hommes si. Chaque génération a vu nombre d’entre eux vivre et mourir pour tenter de préserver une paix fragile.

      Plongé dans les souvenirs de mes ancêtres, je me dirige vers cette période sombre et douloureuse qui as vu mon arrivée. D’où est venue la destruction, je ne peux le dire avec précision. En quête de pouvoir, nombre furent ceux qui eurent leur part dans cette violence. Certains le firent en quête de gloire, d’autre de vengeance. Encore d’autres voulurent la puissance et la richesse. Il en fut même pour rêver de destruction et de haine. Enfin les plus nombreux furent ceux qui ne firent rien. Considérant leur devoir comme accompli, ou espérant que d’autres agiraient à leur place. Tous eurent leur part à la destruction de la vie. Pas seulement de la vie humaine. Des Hommes et des animaux, seul reste leurs os. Des arbres, il reste encore les souches. Abandonnées, les buildings s’élancent toujours dans le ciel. Farouches représentants du monde laissé derrière. Mais, nul ne les habitent plus. Les quatre éléments sont retournés à leur place. Maîtres de ce monde à nouveau. Reprenant le pouvoir que leur a offert leur mère la Terre. Seul, je me dresse, sans but, sans finalité , à observer l’office de la Mort.

      Pour bien comprendre ce monde, il faut en apprendre l’essence. Jadis, deux êtres sont apparus d’une simple particule qu’elle soit de Dieu ou Boson de Higgs. L’un et l’autre androgyne, revêtant les aspects masculins et féminins indifféremment. Ils furent nommés de nombreuses façons, et je ne pourrais pas les citer toutes. L’un se nommait la Vie et l’autre la Mort. A l’orée du monde, la Vie créa des choses merveilleuses. A chacune des beautés, la Faucheuse resplendissait de bonheur. Mais à chaque merveille d’Osiris, la Mort, sans même le vouloir, la détruisait. La transformait en quelque chose de différent, de froid et dur. A l’origine chaque planète était telle un Soleil. Refroidis par la Dame blanche, ils permirent l’aube de nouvelles vies. Travaillant de concert, la Tisseuse et la Parque faisaient et défaisaient, innovant toujours dans de nouvelles formes d’art. Mais les contraires ne peuvent rester proches très longtemps. La vie aux portes d’Anubis est trop éphémère. Et cela, le Temps l’a bien compris. En s’éloignant de Freyr, Thanatos apprit la souffrance. Il permit au bonheur de s’épanouir au détriment de ses propres désirs. Mais la Créatrice ne l’entendit pas ainsi. Loin de délaisser la Mort, elle fit chaque chose avec le but de l’offrir à celle qu’elle aimait.

      En ce clair de lune, je pars vers la destinée qui m’est promise. Ultime cadeau de la Vie pour la Mort, je m’en vais la rejoindre et enfin la comprendre. Demain, le Soleil ne se lèvera plus. Rien ni personne n’observera plus son ascension. Peut-on réellement dire que le monde continuera de tourner si rien n’y assiste plus ? La clarté des étoiles elle-même ternit. La dernière lueur de vie s’est déjà éteinte, seul reste une partie de mon corps, et ce témoignage, probablement vain. D’un simple regard, je reconstruis tout ce qui fut détruit. Les forêts reprennent vie, la Vie elle-même refleurit. Toutes les beautés sont là, mais il suffit de cligner des yeux et tout disparaît. Toutes ces merveilles ne sont que fumée. Mais bien que provisoires, elles éclairent encore mon cœur. De cette Terre calcinée et froide, seul en restent mes souvenirs.

      M’allongeant enfin, je ferme les yeux. En paix avec mon âme, je lâche enfin prise. Mon esprit s’envole doucement et tout en m’élevant, je détourne mon regard de cette désolation. Je laisse mon vœu se déliter, petit à petit emporté par le vent. La patiente Mort s’est emparée de ce monde.

      Alors que la dernière conscience s’éteignait, que la dernière vie était consumée par l’amour, pendant un bref instant aucun cœur ne battit. Aucun mouvement n’exista. Dans l’absence d’existence, Vie et Mort elles-mêmes s’étaient éteinte.















      « … »

      « … … »

      « J… … …. …. r….Q…. …. »

      « J. …. .e ...u … .a .ie r.p…n. . Q..n …v..u ..c.e …..n.. »

      « J. fa.. le v.eu q.. la .ie r.pre.ne. Qu’.n .uve.u .yc.e co…nce »

      « Je fa.s le vœu q.e la vie reprenne. Qu’un nouve.u cyc.e commence »


      « Je fais le vœu que la vie reprenne. Qu’un nouveau cycle commence.»







      Texte Demi


      Ils se sont rencontrés un vendredi. Tous deux sollicités à participer à une soirée dans les cryptes de Paris. Elle est grande et svelte, ses cheveux lisses couleurs d’ébène lui tombent sur les hanches. Son teint est pâle et ses yeux brillent comme deux saphirs. Ses talons hauts claquent sur le sol tandis qu’elle danse sur la piste. Sa robe noire virevolte au gré de ses mouvements, une jambe se découvre au rythme des pas de la danseuse. La regarder, c’est faire s’arrêter le temps, l’espace d’un instant tout se fige et n’existe plus qu’Elle. Hommes et Femmes se perdent à la contempler.

      C’est ainsi que la voie l’homme qui vient d’entrer. De taille et corpulence moyenne, il a l’élégance des temps anciens. Chemise en popeline blanche, souliers richelieu, pantalon de costume, gilet et queue de pie noirs. La chaîne de sa montre à gousset entoure élégamment la poche du gilet située au niveau de son cœur. Son haut de forme, ses lunettes octogonales dorées et sa canne à tête de loup complètent sa tenue. Comme les autres spectateurs autour de lui, il est hypnotisé par la grâce et la sensualité qu’elle dégage. La musique s’évanouit l’espace d’une seconde, la danse s’arrête et le charme se rompt. Il s’aperçoit soudain qu’il est resté immobile, planté devant la grande porte marquant l’entrée du lieu. Détournant les yeux, il se rapproche d’une petite table. Placée dans un recoin, il pourra à loisir y observer les autres occupants sans pour autant attirer l’attention.

      L’homme se nomme Francesco de Balmont. Entraîné à se fondre dans la masse, il devient rapidement aussi invisible qu’Elle rayonne. Son magnétisme est envoûtant et Francesco manque d’y sombrer une fois de plus. Au prix d’un effort immense il détourne son attention sur le reste de l’assemblée. Son regard retourne incessamment sur la piste où Elle est. Son cœur s’imprègne de sa présence insaisissable, et en l’espace d’un battement le coup de foudre est là. Plus rien ne compte à ses yeux que sa présence. Une nouvelle fois, moyennant une forte violence envers lui-même, Francesco se concentre sur la raison de sa présence. L’esprit plus alerte, il ouvre l’enveloppe cachetée, abritée dans son gilet, et en tire une tourmaline noire. S’y trouve aussi une photographie. Au recto on peut lire : Elizabeth Torque. En la retournant il contemple l’image, perd un instant toute contenance et épie discrètement la scène. La belle danseuse n’y est plus. Saisi d’un frisson aussi involontaire que violent, il range promptement carte et enveloppe, juste à temps pour voir l’artiste s’approcher de lui. Il se lève diligemment pour tirer légèrement la chaise sur laquelle elle souhaite s’asseoir. En lui adressant un sourire, elle prit place.

      Arrivant sur ses entrefaites, un serveur s’approche. « Deux bourbons je vous prie » dit-elle astucieusement. Le serveur partit, les yeux dans les yeux, dans une immobilité quasi-totale, les deux êtres se jaugèrent pris dans une intense concentration, seulement troublée par l’arrivée des deux whiskys. Après un temps qui sembla interminable, elle ouvrit les lèvres doucement et commença à parler.

      «C’est un grand plaisir de vous rencontrer, messire de Belmont, je présume à votre regard que vous êtes aussi averti de mon nom et de mon statut. »

      « En effet, miss Elizabeth, votre réputation vous a précédée en ce lieu. Je dois dire que j’ai été remarquablement impressionné par l’exercice de votre talent. Je n’ai pu détourner les yeux de vous depuis mon arrivée ici. Puis-je savoir d'où vous viens la connaissance de mon nom ? Je pensais vous être totalement inconnu.»

      « Il est certains secrets qu’il vaut mieux garder pour soi. Votre présence céans montre qu’un des miens a été éventé. J’aurais préféré vous rencontrer sous d’autres hospices, dans d’autres circonstances, mais c’est ainsi que le monde est fait. Cette soirée peut se dérouler de deux différentes manières. Quel que soit votre choix, je vais retourner danser et vous emmener avec moi. Nous échangerons quelques passes. Je vous embrasserais et vous me rendrez le baisé. La suite dépendra de vous. Vous pouvez choisir de me traquer ou de partir avec moi. Tout humain que vous êtes, quelque chose en vous me plaît. »

      Elle se tut et se leva le laissant seul l’espace de quelques instants. L’afflux d’informations bouillonnait dans le cerveau de Francesco. Le choix soudain qui s’offrait à lui était au-delà de tout ce qu’il avait pu s'imaginer de la chasse fantastique à laquelle il participait. Cette femme était sa première mission, et il avait non seulement réussi à en tomber amoureux, mais en plus à la charmer.
      Et ce sans rien dire.

      Le reste de la soirée se passa exactement de la manière dont l’avait prédit Elizabeth. Les instants partagés furent aussi courts qu’exquis. Elle partit aussi vite qu’elle était apparue.

      Devant la porte, Francesco sortit l’enveloppe et l’observa. Peu de temps après il ouvrit la porte et sortit. Sur une table repose toujours une enveloppe et un pieu.


      Texte Quart




      Kaze no aibu

      Quel camouflage exquis que celui de la nuit
      Câline, envoutante, soupir soufflant un rire.
      Escarcelle de vif, s’engouffrant dans mes spires ;
      Mystérieuse envolée, frisson d’un corps sailli.

      Scribe, assez souvent tes mystères m’ont pris.
      Soulevé, Sélème, sa mise s’est envolée.
      Sourire épanoui, sa tendresse embrassée
      Sans violence, ces cent violettes ont frémis.

      Sarabande sifflante, raccourci de soie ;
      Surprend l’éloquence sur ses ciels splendides.
      Surgit face au monde, sentence candide
      Aussi souple que sourd, autant loi que roi.

      A ton anse je suis, cristal d’émotions.
      Et sur ta peau de lys, un frisson s’élance
      En pleine cadence, tes cheveux noirs dansent.
      Dans ton corps infini, mil flux de tensions.

      Sainte clé de voute, voltigeur de route,
      Du ciel tu es maître, sur ma peau tu passes
      Et fait jaillir mon âme sans que la joie trépasse.
      Toutes mes peurs, par toi, ont été absoutes.

      Clairvoyance subtile, touché du sable doux.
      Effroyable tempête, zéphyr délicieux,
      Agitation d’autan, courant audacieux.
      Vogueras-tu encor ? Oh toi fier garde-fou !

      A ton accolade, contact de bonté
      Je réponds, joyeux alizé de volupté :

      Princesse printanière / Haru no purinsesu
      Ta force est bonté / Anata no tsuyo-sa wa zendearu
      Mille frissons m’animent / Sen wa watashi ni okan o animēshon


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    • Textes de Hari_Seldon

      Texte Finale


      Un soir au clair de lune...


      Le moteur vrombissait en montant dans les tours tandis que l'aiguille du compteur s'affolait. 130... 140... 150... Arrivé à 180 km/h, le conducteur relâcha légèrement la pression sur la pédale de droite, avant de tendre son portable à son ami.

      "- Mets nous un peu de musique s'il te plait."

      Les phares éclairaient faiblement l'infinie ligne droite menant vers l'inconnu les deux adolescents pendant que dans les hauts-parleurs retentissaient les premières notes de Bullets. Le temps était comme suspendu. Il existe des moments, comme cela, où l'on est juste bien, sans savoir besoin de parler pour exprimer ce que l'on ressent. Entre eux, c'était ça : amis depuis l'enfance, les deux hommes de vingt et un ans en étaient presque à pratiquer la télépathie pour communiquer.
      Alors que la voiture continuait de filer à gauche de l'autoroute presque déserte, Nicolas regardait par sa fenêtre la voûte étoilée.

      "-C'est bizarre.
      - Quoi donc ?
      - Je me dis qu'on voit les étoiles tous les jours, comme n'importe quel élément du paysage. La rue, l'église à côté de mon appart', les vignes à la sortie de la ville. Pourtant, quand on lève les yeux pour prendre le temps de les regarder, on est impressionnés. Ca, on ne s'y habitue pas.
      - Tu sors des trucs vachement philosophiques ce soir dude.
      - Je vieilli, c'est pour ça.
      - Je vais sortir de l'autoroute maintenant.
      - Il ne reste pas genre trente bornes ?
      - Si, mais après la sortie la route se rapproche de la côte et longe la mer de Saint Raphaël jusqu'à Antibes. T'as le paysage qui est putain de beau, les roches, les petits villages et le clair de lune sur la méditerranée.
      - Ça marche. On est pas pressé de toute façon, il est quelle heure ?
      - Dix heures, c'est large. La musique est terminée, tu peux changer s'il te plait ?"

      Caressant le cuir du volant, il actionna le clignotant droit pour se rabattre brutalement vers la sortie. Diminuant à peine sa vitesse, il avançait vers la côte pendant que Lion's Roar résonnait dans les enceintes. Effectivement, la route serpentait le long des plages de sable fin et les falaises qui surplombaient l'étendue d'eau bleue clair.

      Roulant bien plus lentement, Benoît prenait désormais tout son temps, tournant régulièrement la tête pour apercevoir, au loin, un peu d'écume sur une vague naissante, ou les lumières d'un luxueux voilier dont les propriétaires n'étaient pas encore couchés. La musique continuait de bercer les deux jeunes hommes, qui avançaient sans un mot. Sous l'éclat brillant de la lune, les formes agressives des rocs érodés devenaient presque douces, laissant les faibles vague glisser au lieu de se briser.

      "- On en est où niveau timing ?" Demanda Nicolas.
      "- Dix heures quarante, on sera arrivé d'ici un quart d'heure.
      - Bon, c'est l'heure de la pause alors. T'es chaud ?
      - Je le suis toujours.
      - Impeccable alors. Tu me le déduiras du prix de l'essence.
      - Yep."

      La voiture se garait un peu à l'écart de la route sur un parking entièrement désert. La lune perçait à travers les feuilles des arbres qui dissimulait l'emplacement à la route, n'illuminant que légèrement la scène. Le passager descendit, prenant dans sa poche deux feuilles à tabac roulées autour de cristaux de couleur blanche. Il en tendit une à son ami et avala la sienne. Benoît fit de même, et bu une gorgée de la bouteille de Jagermeïster à demi pleine qu'il venait de sortir du coffre. Il s'approcha ensuite doucement de Nicolas, lui posant la main sur le cou, avant de l'embrasser langoureusement.

      "- Je te sens tendu, ça va pas.
      - Non, tu le sais bien. Depuis que je suis plus avec Sarah je suis vachement déprimé, tout le temps.
      - T'as voulu aller trop vite et t'es tombé dans ton propre piège.
      - C'est ça le pire, je sais que si je m'étais pas focalisé uniquement sur moi ça se serait passé autrement.
      - Certes, mais au final, avec le recul, t'en dis quoi ?
      - Que de toute façon j'ai pas de regrets. C'est un choix de vie après tout. Et toi, ça va avec Noémie ? Et en général ?
      - Très bien. Et pour ta seconde question, beaucoup mieux qu'il n'y a pas longtemps.
      - Impeccable, je suis content de te retrouver.
      - Pareil, ça faisait une éternité."

      A ces mots, ils s'embrassèrent de nouveau, leurs corps emmêlés dans la douce pénombre où filtrait à peine la lumière de la lune. Après cette douce étreinte, ils se rassirent dans la voiture et finirent ensemble la bouteille de Jager. Benoît appuya violemment sur l'accélérateur pour amener en quelques secondes son véhicule à sa vitesse de croisière. Saving the world is easy avait remplacé la musique précédente, alors que les personnages retombaient dans le mutisme. Quelques minutes plus tard, ils arrivaient en ville, où la foule dense se pressait pour rejoindre les bars en vogue et les boîtes de nuit les mieux côtées.

      "- Tu sens les effets ?
      - Pas encore, ça devrait pas tarder, genre dix minutes."

      Les deux jeunes hommes rentrèrent dans une des boîtes où la file d'attente était la plus longue. Après avoir patienté un quart d'heure, ils purent enfin passer le seuil. Benoît jeta un oeil aux pupilles de Nicolas : elles étaient extrêmement dilatées. Arrivés sur la piste de danse, ils commencèrent à se mettre à bouger au rythme de Wake Me Up. D'abord timidement, puis avec beaucoup plus d'entrain. Ils se déplaçaient séparément mais sans se perdre de vue, échangeant de temps à autre des regards complices et se retrouvant parfois entre deux musiques pour parler.

      "- Alors, tu kiffes ta soirée ?
      - Clair, objectivement je me rends compte que cette musique est merdique, mais du coup j'aime quand même.
      - Et ouais, c'est génial, hein ? Et les flash lumineux j'en parle même pas.
      - Bon du coup, on s'arrête sur qui ?
      - Regarde à 7 heures."

      Derrière eux se trouvait deux demoiselles qui avaient environ leur âge. La première, une rousse très séduisante, dansait en agitant ses cheveux, pendant que son amie, une petite brune semblant plus réservée, la regardait d'un air dubitatif. Noms de code : "Renard Déjanté" et "Loutre Farouche". D'un coup d’œil sur son ami, Benoît savait que celui-ci allait essayer d'aborder la rousse. Les lumières dansaient dans leurs yeux et leurs sens exacerbés par l'ecstasy leur faisait ressentir au centuple chaque contact, mais ils se sentaient prêt pour leur objectif. Nicolas s'était rapproché de la jeune femme et dansait juste derrière elle, effleurant plusieurs fois son corps avec ses bras, tandis qu'elle tournait légèrement la tête pour apercevoir son nouveau courtisan. Ce qu'elle vit sembla lui plaire, puisqu'elle se colla à lui encore plus qu'elle ne l'était déjà. Pendant ce temps là, Benoît ne quittait pas la brune du regard. Visiblement déçue de la tournure que prenait la soirée, elle attendit la fin de la chanson pour sortir de la piste de danse et se diriger vers la porte de la boite, suivie du jeune homme qui lui emboita le pas. S'arrêtant, elle sortit de sa poche son portable, pour envoyer un texto à son amie, avant de se diriger vers la mer. Toujours en retrait, silencieux sur la promenade, son poursuivant l'observait. Elle marcha le long d'un ponton, jusqu'à son extrémité, avant de s'arrêter, les yeux levés vers le ciel.

      "- Pourquoi vous me suivez ?
      - Je pensais être bien plus discret que ça.
      - Je vous confirme que vous ne l'êtes pas.
      - Vous regardez quoi, là-haut, si ma question n'est pas indiscrète ?
      - Les étoiles.
      - C'est étrange.
      - Quoi ?
      - Je me dis qu'on voit les étoiles tous les jours, comme n'importe quel élément du paysage. La plage juste à côté de nous, le port qu'on a passé pour venir. Seulement, quand on lève les yeux pour prendre le temps de les regarder, on est impressionnés. On ne s'y habitue pas.
      - Vous avez des phrases vachement philosophique vous. Qu'est ce que vous voulez ?
      - Rien de très spécial. Je vous volontiers proposé de regarder les étoiles ensemble, mais je doute que nous nous connaissions assez pour moi.
      - Ça peut être enrichissant de regarder les étoiles avec des inconnus, non ?" Dit la jeune fille avec un sourire mutin.
      "-Peut-être. À vrai dire, je n'ai jamais essayé. Ça vous tente ?
      - Pourquoi pas."

      À ces mots, elle s'assit au bout du ponton, et Benoît vint la rejoindre, s'asseyant à quelques centimètres d'elle. Sans un mot, sans avoir besoin de se parler pour se comprendre, ils se rapprochèrent doucement, et il passa son bras autour de ses épaules avant de l'embrasser. La douce pression de ses lèvres contre les siennes faisait battre son cœur plus fort que jamais. Chaque millimètre carré de la peau qu'il caressait était pour lui un immense présent, et son corps entier était parcouru de spasmes de plaisir.

      Fin de l'histoire, le lecteur repose le livre sur la table. Il chercha des yeux l'enceinte de son iPhone, et sélectionna Radio pour l'ambiance. Il était temps d'analyser un peu ce qu'il venait de lire. Sans le dernier chapitre, il le connaissait déjà : il l'avait déjà lu. Le lendemain, après avoir fait l'amour avec leurs compagnes d'un soir dans la voiture, Benoît et Nicolas allaient reprendre la route, discutant joyeusement de leurs expériences de la veille. Au yeux du lecteur, c'était des connards. Passons le fait qu'ils roulaient trop vite et se droguaient, on est tous d'accord pour dire que c'est des connards, qui partent sans savoir pourquoi, et repartent sans rien avoir accompli, alors que l'auteur aurait juste pu ajouter un dernier chapitre pour les rendre humains et attachants.

      Je sais pas : Benoît il venait de séduire la brune un peu timide juste en parlant des étoiles avec elle. Il aurait pu se rendre compte que la vie qu'il menait était superficielle et conne, et essayer de garder le contact, rester avec elle, développer le côté sentimental. Mais non, il a préféré partir sans se poser la moindre question avec son pote Nicolas. Assez étrange d'ailleurs. Ils s'aiment ? Ils s'aiment pas ? Pourquoi ils se sont embrassés ? Ils sont homos ou hétéros ? Décidément, le lecteur n'aimait pas les histoire dont la fin n'apportait pas vraiment de réponse. Qui sait, peut être pourtant que cette nuit au clair de lune était plus complexe qu'elle n'en a l'air.

      L'auteur enregistra le fichier word sur son ordinateur avant s'adosser à son fauteuil. Il prit son portable, sélectionna "Nicolas" dans la liste des contacts et appuya dessus.

      "- Salut vieux.
      - Salut, j'ai fini le bouquin.
      - Alors, t'en penses quoi ?
      - Que c'est de la merde, comme toujours.
      - Tu dis ça parce que c'est toi qui l'a écrit, et tu le sais très bien. T'as fini par quel passage ?
      - La nuit au clair de lune.
      - Elle était bien celle-là... Très bien, une de nos meilleures. Mais en finissant sur cette note tu sais ce que les gens vont dire.
      - Qu'on est des connards ?
      - Ouais. Au pire, un jour ils comprendront, qu'on a pas besoin de réfléchir pour vivre, d'une morale pour s'amuser, ou d'amour pour aimer. Le monde c'est pas ce que qu'il est réellement autour de nous, c'est ce qu'on perçoit.
      - C'est vachement philosophique comme phrase.
      - Garde-là pour la fin.
      - Okay pour la fin. Et le début ?
      - Je sais pas. Fais une petite intro "Note des auteurs" en disant qu'on avait besoin de mettre des mots sur ce qu'on vivait. Il parait que l'introspection par l'écriture ça fait pas de mal.
      - Je mets ça alors, ciao."

      Benoît raccrocha et regarda une dernière fois le mot "Fin" stylisé écrit sur son ordinateur. C'est vrai que mettre des mots sur ce qu'on ressent, c'est loin d'être simple, et qu'artistiquement ça ne donnait pas toujours du bon. Mais une fois que c'est écrit, ça fait du bien d'avoir réussi à l'écrire.

      Fin





      Texte Demi


      Une porte, tout au fond du couloir.
      Une cave, et la chandelle éteinte.
      La flamme vacillait.
      Une fenêtre, menant vers de sombres abîmes où nul homme n'ose jeter les yeux.
      Nous faisons tous les mêmes, n'est ce pas ?
      Entre deux éclats de joie fantasmé, les ténèbres reviennent toujours.
      Pourquoi ?
      Parce que nous n'oublions pas.
      La mémoire corrompt nos sens.
      La veille ? Toujours présente.
      L'enfance ? Toujours présente.
      Les temps immémoriaux où les hommes combattaient les frères, l'acier à la main, pour forger dans le sang et la folie les premières cathédrales de l'humanité ? Toujours présents.
      Ancrés dans nos souvenirs, ces temps obscurs où nous avons failli.
      Ils sont là, tapis, attendant leur heure.
      Leur heure ? Toujours la même.
      Quand les astres s'éloignent et laissent à la nuit son royaume.

      Une porte, tout au fond du couloir.
      Une cave, et la chandelle éteinte.
      Tout est sombre, je ne distingue rien.
      Sinon ton souffle, à l'unisson du mien.
      La peur nous étreint, elle est déesse en ce lieu.
      Elle commande, nous mourrons, c'est ce qu'il y a de mieux.
      Un premier pas, puis un second.
      Et toujours ta main dans la mienne, serrée à m'en couper le sang.
      Un bruit, un mouvement.
      Tu n'es plus.
      Je sens le souffle sur ma nuque.

      Une porte, tout au fond du couloir.
      Une cave, et la chandelle éteinte.
      Classique, n'est ce pas ? Mais toujours efficace.
      Je m'en réveille en sueur, et sans doute vous aussi.
      D'immondes créatures nous attendent dans la nuit.
      Prêtes à déchirer de leurs griffes, mutiler de leurs crocs.
      Mais l'on se réveille toujours.
      Rien n'est garanti pourtant, les meurs ancestrales de l'humanité sont toujours là.
      Pourquoi conserver ces maux millénaires si leur cause n'est plus ?
      Nous ne sommes rien de plus que ce que nous étions.
      Nous croyons avoir le réponse.
      Nous croyons voir la lumière.
      Nous croyons mais ne pensons pas.
      Le jour viendra où les ténèbres retrouveront leur voir et reviendront s'emparer de nos vies qui leur reviennent de droit.
      Elles les feront enfin valser dans de sombres cauchemars.

      Une porte, tout au fond du couloir.
      Une cave, et la chandelle éteinte.
      On ne veut pas rentrer, mais l'on n'a pas le choix.
      Et la mort, patiente, est là.



      Texte Quart

      L'amertume d'un chagrin d'été

      Pas toujours simple de se mettre à écrire. Mais bon, il y a paraît-il des vertus thérapeutiques, alors autant se risquer à l'exercice. Personne ne me lira, et je pourrai de toute façon tout brûler quand j'aurai terminé. Enfin brûler. J'oserai jamais, je voudrai sans doute avoir l'occasion de regarder d'un œil amusé d'ici quelques décennies les conneries que j'écrivais quand j'avais dix-neuf ans et que je n'arrivais pas à me remettre d'un chagrin d'amour de gamin.

      Je ne sais pas si c'est une bonne chose de mettre ces enfantillages sur papier après tout... Qu'est ce que c'est par rapport à tout ce qu'il me reste à vivre ? Mais bon, la douleur laisse dans ma bouche un goût que seule l'encre saurait encore estomper. Comment pourrais-je garder pour moi à la fois la culpabilité et le désespoir qu'il me reste, la sensation de trahison qui n'a pas lieu d'être ressentie ou encore l'attirance que j'ai toujours pour elle ? Trop de sentiments se mélangent en un tourbillon de sensation, et quand ma plume gratte mon cœur s'emballe au lieu de soigner mes maux.

      Reprenons au début... Si je veux guérir, je dois trouver la cause du mal. Déjà, je suis une ordure, doublée d'un crétin trop crédule. J'ai jamais cru en ces "coups de foudre" que nous vend le cinéma mais je vois mal comment expliquer autrement ce que j'ai ressenti en la voyant pour la première fois. À peine nos yeux se rencontraient que nous passions des heures à discuter de tout et de rien. Bien sûr, elle avait un copain, je vois de toute façon mal comment il aurait pu en être autrement. J'ai donc décidé de taire mes sentiments...

      Pour un été, que valait ce coup de foudre face à des années d'amour ? Je n'en savais trop rien, mais un seul rêve m'obsédait, celui du goût sucré de ses lèvres contre les miennes, unies pour l'éternité. Au creux de l'oreille je lui chuchotais mes rêves. Lors d'une chaude nuit d'été, elle braverait l'interdit. Elle m'appellerait, la voix tremblante, le cœur en feu. "Viens m'embrasser." Sont les trois seuls mots que je lui demandais pour me précipiter vers elle, et elle les prononcerait. Quelques minutes plus tard, la portière de ma voiture claquerait : je serais en bas de chez elle. Sous la lune illuminant la nuit, nous nous enlacerions pour un baiser d'amour passionné, seuls sous la voûte étoilée.

      Mais même les plus beaux rêves ont une fin : celui là n'était pas partagé. On raconte qu'un cœur prit n'est pas à prendre, et en s'y risquant j'ai brisé le mien. Les mois passent et effacent les blessures, mais certaines sont lentes à cicatriser. Malgré le temps qui s'écoule lentement, le goût sucré est devenu amer.


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      Août 2015 - Jeux de l'été ! Venez Bronzer ! (LIEN )

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    • Textes de Laozor

      Texte Demi


      Et voilà qu’il se retrouvait à arpenter cet infernal dédale de couloirs. Tous se ressemblaient, ils étaient tous froids, sombres et humides, jonchés de débris, vestiges des siècles passés.

      Il ne savait pas pourquoi il se trouvait ici, ni même comment il était arrivé là. Il était comme guidé par force indescriptible, plus forte que son libre arbitre, plus forte même que sa propre volonté, l’incitant à continuer son périple, à continuer de s’enfoncer encore et toujours plus dans les entrailles de la terre.

      Au fur et à mesure qu’il avançait, les galeries devenaient de plus en plus exigües, et bientôt il se senti oppressé. Autour de lui, il lui semblait que les murs bougeaient, se rapprochaient, lentement, mais sûrement. La faible lueur que répandait autour de lui la flamme vacillante de sa torche dessinait sur les murs de grandes ombres menaçantes, qui couraient, sautaient de parois en parois, comme soudainement animées.
      Il fut pris d’un vent de panique, le battement de son cœur se fit plus fort, plus rythmé. Il se sentait à l’étroit, mal à l’aise.

      Loin dans l’ombre, quelque chose l’épiait, il en avait la certitude. Une voix sombre, grave et puissante s’éleva. Elle semblait émaner des murs, comme si le labyrinthe de couloirs s’était mis à parler. Elle retentissait partout, si bien qu’il eu l’impression qu’elle émanait de dans son dos.
      Pourtant, il ne parvint pas à comprendre la moindre bribe de ce qu’elle disait, il ne discernait qu’un mélange de grognement et de rugissements qui lui firent froid dans le dos. Il sentait le long de son échine la lente descente d’une goute de sueur.

      La force se fit de plus en plus pressante, et il se mit à courir, aussi vite que ses jambes, qu’il ne contrôlait plus, le lui permettait, sans pour autant savoir où il allait, sautant de-ci de-là entre les poutres et les morceaux de roche qui s’étaient écroulés du plafond. Il entendit derrière lui quelque chose se mettre à sa poursuite. Plus précisément, il en entendait les griffes qui tapaient sur le sol.

      Au loin devant lui, il vit deux points d’un bleu topaze perçant, et au fur et à mesure qu’il s’en rapprochait, il lui semblait discerner entre le bruit des battements de son cœur et sa respiration un grognement.

      Alors la panique laissa place à la terreur et, trébuchant, il profita d’un carrefour pour changer de direction. Il continuait de courir, à en perdre haleine, de toutes ses forces, négligeant le point de côté qui le martyrisait. Mais, alors qu’il tombait pour la seconde fois, il ne pu pas se relever. Une masse impressionnante avait puis appuis sur son torse, et il sentait sur son visage le souffle chaud et putride de la bête.

      Elle était sombre comme la nuit, couverte de poils, à la manière d’un gros loup. Seuls se distinguaient les deux petites billes bleus, si lumineux, si intrigants, qu’étaient ses yeux. La bête montrait les crocs, aboyant à quelques centimètres de son visage. Il était tétanisé, tremblait de peur, suait à grosse goute.
      Comme pour goutter sa peur, la bête lui lécha le visage au moyen de sa longue lange râpeuse, puis elle montra les crocs de plus belle. L’oppression sur sa cage thoracique était telle qu’il ne parvenait presque plus à respirer, et lorsqu’une petite bouffée d’air lui parvenait, l'haleine fétide de la bête lui était insupportable.

      Et finalement il se senti tomber. Toute la scène devint floue, il ne discerna plus ni la bête, ni le couloir, ni même la douce lueur de sa torche, tout était ténèbres, et dans les ténèbres il tombait, rapidement.

      Prit d’un sursaut, il se redressa subitement et le poids qui s’écrasait sur son torse le quitta. Assis dans son lit, les draps autour de lui en pagaille et humides, il haletait, son cœur battant encore la chamade.

      « Mrrrrrrrrroooooûûû ? »

      Deux yeux bleus bleu le fixaient dans la nuit sombre.

      « Eclipse ! Tu m’as fait peur ! »

      Et Eclipse de se mettre à ronronner.




      Texte Quart

      Le couloir est vide, calme, silencieux, comme endormi.
      D’ici trois minutes, le son strident de la cloche retentira et une marée d’étudiants beuglants se déversera dans ce lieu paisible, courant et aboyant ; déferlante de primitivité soudaine.

      Pourtant je reste là, les yeux fermés, et j’attends.

      D’ici deux minutes sortiront de cette salle là, à droite, les élèves de la filière scientifique. Parmi eux se trouvera Justine.

      Je vous entends venir d’ici : « On ne touche pas aux filles ! »

      Je suis quelqu’un de relativement gentil, agréable à vivre pour le peu que l’on ne m’embête pas trop. Après, je me connais, je sais pertinemment que je peux parfois être hautin, avoir une haute estime de moi-même, mais je ne supporte pas que l’on se moque de moi.

      Il n’y a pas si longtemps de ça… ça fait très comptine pour enfant de commencer ainsi, pas vrai ?
      Donc je disais : Il n’y a pas si longtemps que ça, je coulais des jours heureux en compagnie d’une fille particulièrement mignonne, très sympathique, souriante, pétillante. Enfin, qui avait tout pour elle. Julie, c’est ainsi qu’elle se prénommait. Dans un élan de jalousie soudaine, alors qu’elle venait de se faire larguer par son copain, Justine s’est attelée à la tâche de nous séparer. Ce le plus facilement du monde, en incluant dans l’équation le doute. Elle était allée colporter auprès de Julie des histoires de dérives qui ne pouvaient en aucun cas m’incomber, étant donner que je n’étais pas présent à ces soirées, mais cela avait suffit à faire se poser certaines questions à Julie. Etais-je sincère ? Fidèle ?

      Une minute…

      Je me trouvais juste devant son casier, elle aurait une petite surprise de goût.

      Trente secondes…

      Avant même la sonnerie, la porte s’ouvrit, et les élèves en sortirent, elle était là, dans la masse, je le savais.

      Justine est une fille que je qualifierai de superficielle. Ce genre de fille se maquillant déjà beaucoup trop pour son âge, portant des fringues qui n’avaient même plus la vocation d’avoir un tel nom. Du haut de leurs talons d’une quinzaine de centimètres, elles se prenaient pour les reines de l’univers, pauvres filles que celles-ci. Toujours à glousser en meute, à juger les gens, à se complaire dans leur confort.

      Un cri…

      Je sorti de mes pensées, comme quelqu’un qui se réveille brusquement après avoir eu un cauchemar. Devant moi, les mains écartées comme si elle allait se mettre à prier, la bouche béante, Justine se retournait. Il n’était plus possible de distinguer la couleur de son visage (ou du moins de son fond de teint), ni même celle de ses vêtements, aussi cours soient-ils. Sur elle coulait un épais liquide bleu.

      Un sourire me vint aux lèvres, et dans un signe de tête, je lui lançais :
      « J’ai pris l’encre de la couleur de ton maquillage ! »


      Enfin, sortant de la salle, Julie me rejoignait et nous nous dirigions conjointement vers la sortie de l’établissement dans des éclats de rires…
      (...) Eh ! Il fallait bien une fin heureuse, non ?


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    • Textes de SAXO63

      Texte Demi


      En ce temps là


      Marie

      Il venait de défiler sur l’avenue des Champs-Élysées.
      La pluie tombée la veille faisait ressortir la chaleur du sol, l’air était poisseux.
      Pour se rafraichir, ses camarades et lui avaient envahi la terrasse d’un des nombreux cafés de la plus belle avenue du monde.
      J’étais attablé avec une amie lorsque je l’avais aperçu pour la première fois.
      Ses yeux bleus m’avaient pris au dépourvu, j’étais fascinée, hypnotisée.
      Était-ce cela un coup de foudre?
      Mon allure de Parisienne lui plaisait beaucoup, lui qui jusqu’à peu ne connaissait que les limites de sa région et ne côtoyait que de jeunes paysannes attifées de leurs vêtements traditionnels.
      Il leva son verre dans notre direction, je me fendis d’un sourire, horrifiant par là même mon amie.
      Mon histoire avec Franz commença ainsi, autour d’un verre de limonade.

      Pour le voir, je dus inventer mille prétextes auprès de mes parents.
      À dix-neuf ans, enfant unique je demeurais chez eux.
      Je savais que me montrer en sa compagnie était tout sauf raisonnable.
      Mais quand on est amoureuse comme je l’étais de lui, l’opinion des autres vous importe peu.


      Mathias

      Ce jour-là j’étais sur le quai de la gare.
      Lorsque les portes du wagon se sont ouvertes, j’aidai une vieille femme à descendre.
      À ses côtés, j’appris plus tard que c’était sa petite-fille et qu’elle se prénommait Tanis, une jeune femme aux longs cheveux bruns attrapait leur valise, et la déposait à leurs pieds.
      J’étais chargé de les diriger vers les bâtiments réservés à la gent féminine.
      Je prenais mon rôle très au sérieux, trop parfois.
      Mais en cheminant à ses côtés, le temps s’était arrêté, suspendu un bref instant.
      Mon Dieu quelle est belle, furent mes premières pensées.
      Je devais la revoir, coûte que coûte.
      Je m’arrangeai pour la faire admettre dans ma file.
      Avait elle remarqué mon manège? On dit que les femmes sentent lorsqu’un regard s’attarde sur elle, qu’elles savent avant l’homme ce que vous ressentez, et que quoi que l’on puisse faire pour les séduire, leur jugement sur nous est irrévocable.
      Ce n’était pas l’endroit, ni le moment pour une histoire d’amour, mais je m’en foutais.
      À partir de ce jour, en prenant mille précautions je fis tout ce que je pouvais pour elle.


      Andrzej

      La frontière, enfin.
      Voilà deux jours que je roulais vers l’est, je touchais au but.
      Le douanier me demanda mes papiers, si j’avais de la famille ici, ma tante habitait à quelques kilomètres de là.
      J’avais perdu mon travail, professeur d’économie à l’université. Les temps étaient durs.
      Mes parents m’avaient encouragé à venir ici.
      Je ne m’attendais pas à retrouver un poste semblable, mais dans le bourg où résidait ma tante on cherchait un instituteur.
      Parlant couramment la langue, avec mes références mon affectation ne posa guère de soucis.
      Nous étions quatre pour une centaine d’élèves.
      Parmi mes collègues, je liais vite amitié avec Dimitri.
      Nous avions à peu de chose près le même âge, les mêmes passions, une complicité totale.
      Mes sentiments à son égard furent de plus en plus fort.
      Il me fallait crever l’abcès, oser lui dire les mots.
      Il ne parut pas surpris, au contraire il en fut libéré.
      Nous nous devions de cacher notre bonheur, la société n’était pas prête pour cela.


      Six personnes, six vies, un même lien qui les unissait, l’amour.
      C’était sans compter la folie des hommes, la volonté d’un seul, artiste sans réel talent, mais orateur hypnotique de tout un peuple, visionnaire fou d’une société qu’il souhaitait parfaite.


      Franz mourut dans le bocage normand, un mois après le débarquement allié.
      Pour connivence avec l’ennemi, Marie fut tondue après la libération de Paris.
      Sa fille apprendra toute la vérité sur son père cinquante ans plus tard.

      Mathias fut dénoncé par un Kapo.
      Transféré sur le front de l’Est il sera fait prisonnier par les troupes russes, connaîtra les goulags pendant quinze ans avant d’être libéré.
      Il n’aura pas revu Tanis, gazée peu de temps avant la libération du camp dans lequel elle se trouvait.

      Andrzej retourna dans son pays, en Pologne, après avoir été fait prisonnier lors de l’opération Barbarossa.
      Condamner pour activité criminelle indécente entre hommes, il réussit à s’évader, rejoignit la résistance.
      La guerre finie, il s’exila aux États-Unis.
      Dimitri n’était pas présent le jour où son compagnon fut arrêté.
      Mobilisé, il participa à la bataille de Stalingrad où il fut grièvement blessé.
      Héros de l’Union Soviétique, la guerre terminée il ne trouva pas de poste pour travailler.
      On le retrouva gisant mort dans une rue, une photo d’Andrzej et lui dans la main.



      Texte Quart

      les remous de la vie

      L’un s’appelle Victor, l’autre Valentin.
      Ils sont jumeaux, dizygotes.
      Victor est brun, son frère est blond.
      Physiquement, ils sont identiques.
      La ressemblance s’arrête la.

      Ils viennent de fêter leur cinquante ans.
      Victor a dépensé sans compter, il aime montrer sa réussite sociale.
      C’est à lui qu’est revenu de succéder à son père, à la tête de la petite entreprise familiale, qu’il a su faire grandir, patiemment, résolument, n’hésitant pas à écraser la concurrence lorsque le besoin s’en faisait sentir.
      Son frère dit de lui, il a une belle maison, une belle femme, de beaux enfants, une belle voiture, des vêtements de bonne coupe, le parfait arriviste. Chez lui tout doit être beau et coûteux.
      Tout son contraire.
      Valentin se contente de ce que la vie lui donne, son bonheur réside dans tout ce qui touche l’art.
      C’est le bohème de la famille, l’éternel insouciant, le rêveur, le préféré de sa mère.
      Elle lui manque, son père aussi, moins.
      Ils ont péri dans un stupide accident de la route, une bête surgi devant le capot de la voiture, le coup de volant pour l’éviter et le véhicule plongeant dans le ravin.

      Victor voit son jumeau comme un bon à rien, un parasite de la société, presque un marginal.
      Il ne comprend pas comment celui ci peut claquer son fric dans l’achat d’une "œuvre d’art" d’un parfait inconnu, qui le restera, pourquoi il préfère utiliser l’argent alloué à son loyer dans le prix d’un billet d’avion pour se rendre à une quelconque exposition artistique ?

      Au fond de lui, il en veut à son frère pour le surcroit d’amour que sa mère lui avait accordé.
      Valentin en veut à son jumeau pour les sermons, leçons de moral, et autres remontrances perpétuelles sur son mode de vie.

      Malgré tout, ces deux là s’aiment.
      Ils ne sont pas sans se donner de nouvelles, se téléphonent pour un oui, pour un non.

      Et puis, un soir, la tragédie, Victor s’était écroulé, incapable de bouger, à peine de respirer.
      Les secours , alertés par sa femme étaient intervenus rapidement.
      Le verdict était tombé dans les heures qui ont suivi, A.V.C.
      Hémiplégique du côté droit, les médecins avaient donné un peu d’espoir à ses proches. A son âge les chances de récupérer étaient bonnes.
      Ils se trompaient.
      Malgré des mois et des mois douloureux d’ergothérapie son apraxie ne s’était guère améliorée, tout juste tenait il debout, pour quelques pas.
      La parole n’était pas revenue.
      Il était devenu dépressif malgré le soutien de sa femme et ses enfants.
      Sa société tenait encore grâce aux contrats engrangés avant mais, sans sa présence elle risquait de devenir la proie de spéculateurs, de la concurrence…


      Valentin fit alors une chose improbable.
      Il sacrifia ce qui faisait sa vie.
      Parce que c’était aussi l’héritage légué par ses parents, il racheta une partie des parts de son frère, devint associé majoritaire, repris brillamment en main l’entreprise, aidé des conseils de Victor.

      Revanche de la vie, du destin, ces deux là s’étaient retrouvés, plus fort qu’avant, plus fort que tout.


      Modérateur - Responsable Animateur - Plume d'Or


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