Sinistre Prince

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      Sinistre Prince.

      Tant de soucis occupaient l'esprit de Saturne, fraîchement nommé gouverneur de Tyr. Il avait pourtant tout pour réussir ; jeune, beau, talentueux et ce zeste d'ambition qui le poussait à donner le meilleur de soi. Il incarnait la nouvelle garde dans laquelle l'Empereur d'Asie plaçait toute sa confiance. Pourtant Saturne n'était pas serein.
      Il semblait troublé. Idéaliste au possible comme l'étaient tout les jeunes parvenus de son époque, il avait maintenant le poids d'une mission importante sur ses épaules, trop lourd même pour lui qui avait vécu déjà tant de choses.

      Il n'avait pas été nommé gouverneur de Tyr au hasard. Tyr la grande, la Porte Sublime de l'Asie. Du haut de sa place privilégié il dirigeait l'un des carrefours stratégiques les plus importants du royaume et disposait par conséquent d'un pouvoir exceptionnel. Une puissante milice, de l'or en grande quantité. Sans compter les passes droits octroyés en tant que favori de l'empereur. Et en échange de cet honneur, il lui était revenu la charge de mater une révolution qui s'apprêtait à faire flancher le pouvoir central lui même. Qui de mieux pour cette mission qu'un jeune politique pour défendre l'empire qui lui a tout offert?

      La révolution n'était qu'une rumeur, une clameur populaire qui avait toutefois atteint l'oreille des dirigeants. C'est donc que cette menace devait être prise au sérieuse. Et c'était suffisant pour mettre en doute l'implacable volonté de Saturne. Se retourner contre ses origines. Il avait mis de côté ces tracas et gérait la Cité comme si de rien n'était.
      Toutefois, des murmures, des grèves, des boycott agitaient la ville. Jusqu'aux premiers actes terroristes. La menace était devenue réelle mais Saturne se voilait la face. Il procédait aux arrestations et proclama des exécutions sur la place publique pour l'exemple. Il préférait voir dans ces agressions des actes isolés d'individus agissant dans leur intérêt propre. Il refusait de croire à un premice de révolte.
      La tension était palpable et croissante de jour en jour. La fracture entre la garde et le peuple se faisait de plus en plus franche. Plus rien ne les rassemblait comme des Tyriens ordinaires. Ils étaient deux camps. Le peuple se sentait opprimé, la milice était devenu paranoïaque depuis la mort de certains de ses membres.
      Chaque jour des incendies, des enlèvements, des actes de vandalisme étaient recensés. On relevait des actes similaires à travers tout l'Empire, d'Arwad jusqu'à Sukas.


      Saturne attendait avec impatience le 22 novembre. 63ans plus tôt à cette date l'empire s'était unifié. Dès lors, chaque 22 novembre les Gouverneurs circulaient en triomphe entouré de leur famille et escortés de leurs troupes pour rappeler ce jour de gloire. Il pourrait faire un tour de force ; il affirmerait mieux son pouvoir avec une démonstration impressionnante de tout son pouvoir. Ainsi calmerait il peut être les ardeurs d'une vendetta qui gangrènait la Ville. Et le grand jour arriva. Les préparatifs s'étaient déroulés à merveille et le spectacle était au rendez vous. Une parade militaire que l'Empereur lui même aurait pu jalouser. Il tronait sur son char accompagné de sa femme et sa fille.
      Le soleil était à son zénith. La foule adoptait une réaction ambiguë ; ils hurlaient tous. Scandaient ils le nom du gouverneur qui avait enrichit comme jamais Tyr? Ou huaient ils le bourreau qui semblait écraser sans procès ceux qui menaçaient l'harmonie de la ville au nom d'une noble cause que lui même ignorait ?

      Saturne était fier. Il rayonnait d'orgueil. Ils arrivaient dans la rue principale, celle du final, la rue Dravyel-Owehsael. S'enflammant de la réussite du Triomphe; profitant de ce moment de gloire et d'exposition, il prit sa fille dans ses bras et la présenta au peuple tout entier. Elle, si jeune, qui représentait le futur innocent de cette cité. Son geste était calculé. Il s'en servait comme un outil. Après tout, exposer sa fille ne le rendrait que plus humain auprès du public Tyrien. Certains se rappeleront que même si c'est un homme de pouvoir c'est avant tout un des leurs. Les bras en l'air et la future princesse dans les bras, c'était l'apogée; une foule en délire qui le faisait rire de joie, basculant la tete en arriere, et sentant son coeur emplit de bonheur, en extase.

      Un sifflement se fit entendre. Une tâche devant le soleil, puis une vibration qui se répercutà dans tout son corps, et le silence. Ce silence assourdissant d'une masse populaire devenue muette. Le sang se mit à couler sur son visage et le petit corps qu'il tenait dans ses mains était à présent inerte. Le hurlement de sa femme qui brisait l'odieux vide. Tout cela en une demi seconde. Une flèche avait été tiré et sa fille en avait été victime. D'autres allaient traverser le ciel car c'était lui qu'on cherchait à abattre. Les gardes entourerent leur seigneur, qui semblait perdu dans un autre monde les yeux vides sur son enfant. Il n'entendait plus rien. Tout se déroulait au ralenti au tour de lui. Son général prit les commandes ; les miliciens se diviserent et coururent encercler le bâtiment d'où semblait provenir le tir fatal, déclenchant un mouvement de foule. Le gouverneur était eu milieu du vacarme, absorbe par la mort de l'être cher. Plus rien n'existait. Il était seul au monde.

      Cette nuit la, Saturne ne dormit pas. Il s'était enfermé. Il préférait rester seul et ne voir personne pas même l'élue de son coeur. Il était plus violent que jamais. Sa chambre était devenu un amas de vases brisés. Jusqu'à atteindre le point culminant de sa colère ; un calme noir et haineux. Il sortir en claquant les grandes portes de sa chambre. Suivit des gardes qui siégeaient devant, il traversa les couloirs et fit demander ses généraux dans une pièce ou ils pourraient discuter d'une vengeance qui lui brûlait la peau et lui brouillait la vue, ses sens trompés et son esprit enfumé. Il ordonna une exécution sommaire de touts les suspects potentiels appartenant au groupuscule révolutionnaire. Le meurtrier avait été trouvé et suite à des tortures insoutenables il avait donné des noms des lieux qui pourraient mettre en péril cette vendetta terroriste.

      En une nuit, Tyr la Sublime était devenue Tyr la Sanglante. La guerre dans toutes sa splendeur brisait une ville qui avait été le symbole de la réminiscence d'un empire. Des scènes de guérillas marquaient la ville et laisseraient à jamais les stigmates d'un conflit sanglant qui durerait jusqu'au lever du soleil. Les révolutionnaires avaient anticipé et s'étaient préparés à répondre. Il y eut de nombreux dégâts des deux côtés mais la garde semblait avoir vaincu après une soirée de ravages. Le lendemain, la ville ne fut pas nettoyé, les incendies continuèrent de fzire fumer les bâtiments. Saturne souhaitait que la plèbe pleure et regrette ce qu'elle avait provoqué.

      La nouvelle avait atteint l'Empereur par dépêche, qui rejoignit Tyr accompagné de ses conseillers et de son escorte armée. Lorsqu'il entra dans la résidence du Gouverneur il ne masqua pas sa surprise. Ce qui était il y a quelques mois un jeune homme dynamique, entreprenant et plein d'arrogance propre à ces nouveaux hommes de pouvoir, s'était mué en un monstre au teint livide, les yeux injectés de sang et aux gestes tremblants. Son regard était sombre et plein d'une folie qui aurait perturbé les plus vaillants. Le Magnifique Gouverneur était devenu le Sinistre Prince.
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